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Interview/ Cissé Bacongo, candidat à l’élection municipale à Koumassi : «Nous avons tiré les leçons des dernières élections de 2013. Des milliers de jeunes se sont déployés sur l’ensemble du territoire communal pour expliquer notre projet »

Publié le jeudi 11 octobre 2018  |  Abidjan.net
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© Ministères par Guy lasme
Fonction publique:500 agents et fonctionnaires honorés
La cérémonie de décoration s`est déroulée dans les locaux dudit Ministère sis au Plateau ce samedi 18 octobre 2014 en présence du Ministre de tutelle Cissé Bacongo et du président de la Cour Suprême Mamadou Koné.


Le ministre Cissé Ibrahim Bacongo se livre à cœur ouvert à la presse après les récents événements survenus dans la commune de Koumassi. Il fait des éclairages sur ces événements, ses rapports avec le maire sortant. Candidat du Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix aux élections municipales, tête de la liste « Rassemblement & Paix » de la circonscription électorale de Koumassi, CIB dénonce un grossier montage contre sa personne.

Depuis hier (ndlr : jeudi) , il y a des évènements qui ont entaché le bon déroulement de la campagne à Koumassi. L’on ne comprend pas la situation confuse qu’il y a. Qu’en est-il exactement ?

Cissé Ibrahim Bacongo : Je me pose la même question. Qu’est-ce-qui se passe à Koumassi ? Pourquoi à Koumassi pendant la campagne tout se passait bien ? Pourquoi entre les acteurs, il y a un climat de fraternité et d’amitié voir de connivence de complicité avant les élections et puis en période électorale, on assiste à une montée d’adrénaline. Je me pose la même question comme vous. Hier (ndrl : mardi) nous étions au grand marché de Koumassi lorsqu’en consultant mon téléphone, le préfet d’Abidjan m’avait appelé et je lui ai donc rendu son appel. C’est lui qui m’a fait savoir que des évènements s’étaient produits à Koumassi précisément au Quartier Général du candidat du PDCI et à la mairie. Il m’a informé qu’il avait convoqué une réunion à la préfecture d’Abidjan. A laquelle réunion, il convoquait les différents candidats de l’élection municipale et à laquelle devrait prendre part le vice-président de la CEI chargé de la zone d’Abidjan Sud, Coulibaly Gervais.

Nous y étions le maire sortant et moi avec nos directeurs de campagne et les différents commissaires de police de Koumassi avec à leur tête, le commissaire du district Mme Akaffou.

Le Préfet a situé le cadre de la rencontre à savoir que des éléments se sont produits à Koumassi dont il a été témoin lui-même de la partie qui s’est déroulée à la mairie puisqu’il y était dans le cadre d’une réunion de sensibilisation et formation des chefs religieux et coutumiers.

Après ce compte rendu, le préfet a demandé à un commissaire du district de faire le point de la situation. Ce qui a été fait. Ce que nous avons pu noter c’est que ce sont les syndicats ceux que vous appelez communément les « Gnambros » qui sont au grand carrefour de Koumassi et qui encaissent les véhiculent verts ; ce sont eux qui auraient fait éruption dans le QG du maire Yapi N’dohi Raymond sans toutefois réussir à franchir les portes des différents bureaux. Ont-ils pu avoir accès à la cour ? Je n’en sais rien. En tout cas le compte rendu ne l’a pas dit. En désespoir de cause, ils se sont rabattus sur un bar qui était aux alentours qu’ils ont dévalisé. selon le compte-rendu du Commissaire Akaffou, les manifestants auraient fait quelques rodéos, ils se sont déportés par la suite à la mairie. A la mairie, ils se seraient contentés de fermer le portail et c’est dans la rue qu’ils auraient arraché des téléphones portables aux passants.

A la suite du commissaire Akaffou, ce sont les commissaires du 6e, 20e et 36e qui ont donné plus de précisions. Selon eux, les manifestants réclamaient la somme de 500 millions que leur devrait quelqu’un qui est sur la liste du maire sortant au titre des prélèvements qui sont faits à la gare. Le nom de la personne n’a pas été mentionné. Les prélèvements n’ayant pas été reversés, c’est pourquoi ils manifesteraient pour le paiement de cette somme. Il estime que c’est avec ces 500 millions que le maire Yapi N’Dohi Raymond ferait sa campagne. En partant, ils auraient emporté une fourgonnette et du matériel de sonorisation.

Et après plusieurs questions posées par le préfet sur les dégâts qui ont été constatés, les conséquences, les commissaires ont rassurés qu’ils n’y avaient pas eu de dégâts, qu’il n’y a pas eu de perte en vie humaine, qu’il n’y a pas eu de blessés. C’est ce qu’ont dit les commissaires.

Après ce point de la situation, il nous est revenu à chacun de s’expliquer. Pour ma part, j’ai tenu à dire une chose, je ne souhaiterais pas que mon nom apparaisse de quelque manière que ce soit dans cette affaire. Car cette affaire me paraissait couse de fil blanc parce que nous avons encore en mémoire cette cabale menée contre nous depuis 2012 faisant de moi un dangereux violent, un dangereux pistolero moi qui n’ai jamais mis un pistolet dans ma main. Je ne sais pas ce que pèse un pistolet, je n’ai jamais eu de permis de port d’arme. Je ne sais même pas m’en servir à plus fort raison dire en posséder. Ils ont fait de moi un dangereux pistolero et jamais je n’accepterais qu’une telle cabale reprenne. Si cela reprend, je me ferai fort de porter plainte contre les auteurs et commanditaires de ces accusations.

Ce matin donc, j’ai demandé à mon avocat de porter formellement plainte contre un individu qui a fait un post sur facebook. Cette plainte suit son cours et s’il le faut, nous allons le faire arrêter parce que je ne peux pas accepter qu’il dise de façon directe que je serais à la tête de cette opération.

Après cette mise en garde, je leur ai dit être surpris de la reprise de la violence. Sinon à titre personnel, j’ai mis un point d’honneur pour que le maire et moi ayant les meilleurs rapports possibles de 2014 jusqu’à la semaine dernière, je l’appelais au moins une fois par semaine. Et je me suis chaque fois déplacé à la mairie quand j’avais besoin de lui ou lui de moi. C’était pour moi une manière de domestiquer nos rapports pour qu’à la veille des élections nos oppositions ne soient purement que politiques et que ces oppositions s’inscrivent dans le cadre d’une compétition d’idées et non de muscle.

La semaine dernière j’ai voulu lui rendre visite dans son QG avec mon équipe de campagne mais il n’a pas décroché mon appel.

Je considère que tout ce qui s’est passé hier est du pur montage. Est-ce que c’est le chant du cygne ? Je n’en sais rien ! Des chants qui annoncent des lendemains mauvais ? Peut-être, pourquoi Pas ?

Mais en tout cas nous ici restons concentrés, sereins et nous battons campagne. Après, cet interview, j’ai diverses rencontres avec les populations.

Pour la petite histoire, chaque fois que je passe devant le QG du maire, je baisse la vitre de ma voiture , je salue les jeunes qui sont là puis je leur fais un signe du pouce en signe d’amitié et de fraternité.

Pour tout vous dire, ce qui s’est passé hier me paraît comme un grossier montage parce que je ne m’explique pas pour quelles raisons, on irait s’attaquer au QG du maire sortant alors que nous revendiquons la majorité ici?



A moins de 48 h de la fin de la campagne quel bilan à mi-parcours faites-vous ?

Le bilan n’est pas élogieux mais satisfaisant. Nous avons tiré les leçons des dernières élections de 2013 où nous avons mis l’accent sur les grands rassemblements avec des parades contrairement à ces élections actuelles où nous avons opté pour des campagnes de proximité.

Des milliers de jeunes gens et femmes par petits groupes se sont déployés sur l’ensemble du territoire communal pour faire du porte à porte pour expliquer notre projet. J’ai donné comme instruction de ne jamais faire le bilan de nos adversaires sur le terrain. Ce dont les populations ont besoin c’est ce que nous leur proposons. Et ce que nous leur proposons c’est l’emploi des jeunes, l’autonomisation de la femme, l’environnement, l’éducation, la santé, la sécurité et même pour les personnes du 3e âge.

Ce qui fait que nous avons de très bons retours par rapport aux zones qui nous étaient très hostiles. Par exemple hier mardi, nous nous sommes permis d’arriver au 05 vers 1h du matin pour battre campagne. Sans parler des 3 Sicogi, il fallait y être pour voir. Nous ne voulons pas baigner dans l’autosatisfaction mais nous sommes satisfaits du travail. C’est pourquoi, nous invitons les uns et autres à beaucoup faire attention aux rumeurs. C’est l’arme de nos adversaires qui au lieu d’expliquer leur programme passe la claire partie de leur temps à dire que « si le candidat Cissé Ibrahim Bacongo est élu, il va casser le campement, le 05, Zohé Bruno, Bia sud, 32, le grand marché, Sowéto. Je ne sais pas ce que va gérer le candidat quand il aura fini de casser tout cela. Ce sont certainement les gravats et les deux cimetières qu’il va gérer. Ce genre de discours montre bien que nos adversaires n’ont rien à proposer aux populations.

La campagne se passe bien et nous comptons la boucler demain (ndlr : jeudi) comme tout le monde. Nous aurons une caravane dans les artères de la commune et un meeting qui va sanctionner cette caravane.


En 2013, il y a eu des évènements. En 2018 également, on vous attribue la paternité des violences qui seraient à l’origine de certains éléments incontrôlés. Est-ce qu’elles ne pourraient pas entacher la belle campagne que vous avez entamée ?

A qui profiterait ce crime ? Depuis le début, nous faisons une campagne apaisée et basée sur l’argumentation, sur la défense de nos projets. C’est ainsi que nous faisons notre campagne. Donc à qui profiterait ce crime ? Certainement pas à nous ! Parce que nous n’avons aucune raison à venir enrayer la dynamique que nous avons développée. Ce serait totalement illogique.

Je refuse catégoriquement cette idée qui m’a l’aire pernicieuse qui consiste à dire qu’il se pourrait que ce sont des éléments incontrôlés de notre équipe.


En Afrique, les grandes crises arrivent après les résultats. Vous et le maire sortant êtes les têtes d’affiche de l’élection municipale ici à Koumassi, avez-vous un message à lancer à vos partisans ?

Je ne veux pas aller plus vite que la musique. Nous sommes en campagne, ce que je m’impose de faire à cette période c’est qu’elle soit apaisée depuis le début et bien avant la campagne. Toute mon équipe suit cette ligne pour qu’au soir des élections, le vainqueur soit heureux d’avoir remporté et que le vaincu reconnaisse sa défaite et félicite le vainqueur.

J’ai un minimum de culture qui ne m’autorise à considérer la défaite d’une élection comme une fin en soi comme un jeu de massacre. Non ! Les élections sont comme un match de football.


Nous avons vu de récentes photos de vous avec le maire sortant. Vous étiez bien souriants apparemment dans de bons termes. Qu’est-ce que vous vous êtes dits en présence du Préfet ?

Ce que le maire a dit et qu’il va certainement répéter c’est qu’il reconnait que je l’appelle et non lui, que je passe régulièrement à son bureau.

Il reconnait que depuis plus de cinq ans nous avons des relations fraternelles et amicales. On s’est simplement dit qu’on regrette tous que Koumassi soit classée zone rouge sans que quoique ce soit le justifie. Il n’y a absolument rien qui justifie que Koumassi soit classée zone rouge. Ce sont des tensions artificielles, il n’y a rien d’autres.

Un parti politique vient de faire une déclaration afin de se retirer du processus électorale et dit ne reconnaitra pas les résultats qui seront publiés. Quel regard portez-vous sur cette position du FPI ?

Le samedi, il s’agit des élections régionales et municipales qui auront lieu et non la guerre. La campagne a eu lieu, il n’y a pas eu de dommage à Koumassi ici à part ce qui s’est passé hier (ndlr : mardi) que je considère comme un grossier montage.

Des partis politiques qui initialement avaient positionné des candidats, appellent à ne pas aller aux élections comme s’il y aurait un coup de feu. Bien sûr si des partis politiques ont décidé depuis le début de ne pas aller aux élections, c’est aussi leur droit de ne pas aller aux municipales.

Nous le RDR aussi, en 2000, avions décidé de ne pas aller aux élections législatives. Donc c’est chaque parti politique qui apprécie la situation sociopolitique du pays et qui prend les décisions qu’il croit devoir prendre. Nous ne pouvons pas le leur reprocher cela. C’est leur droit.


Quel message pourriez-vous adresser aux populations à la veille de cette élection?

Le dernier message que je voudrais lancer est à l’endroit des ivoiriens et ivoiriennes mais plus particulièrement aux électeurs de la circonscription électorale de Koumassi, je voudrais leur dire de ne pas se laisser prendre à un « piège à nigo » à savoir se laisser tétaniser par des rumeurs fantaisistes, par des montages grossiers.

Nous avons fait une belle campagne (nous RHDP et PDCI) sans heurt. Ce que j’ai pu noter avec satisfaction et ce pour quoi je voudrais remercier par avance les populations, c’est le besoin de changer qu’elles ont exprimé. Et je leur ai fait savoir que ce changement est possible grâce à la prise de conscience et aux projets que nous leur proposons. Leur destin se trouve entre leur main et pour matérialiser ce changement, il faudrait qu’elles sortent massivement ce samedi 13 octobre pour exprimer leur droit de vote afin de décider ce que serait Koumassi dans les cinq ans à venir.


Réalisée par R. K.



Collectif des syndicats de transporteurs et chauffeurs de Koumassi/ « nous demandons un bilan… notre argent ne doit pas servir à faire des campagnes… »
Publié le: 11/10/2018  |  Abidjan.net TV

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