Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Annonces    Femmes    Nécrologie    Publicité
NEWS
Comment

Accueil
News
Société
Article
Société

Koffi Ahou Madeleine ou le parcours d’une femme battante dans le secteur de la restauration à Yamoussoukro

Publié le jeudi 11 octobre 2018  |  AIP


Entreprenante, Koffi Ahou Madeleine dite « Tantie Mado » est tenancière du « Maquis 106 », à Yamoussoukro, le plus fréquenté de la ville. Cet espace gastronomique est la référence en matière de restauration africaine car le « 106 », et reçoit même des personnalités en mission dans la capitale politique ivoirienne.

Situé au cœur du quartier Assabou de Yamoussoukro, en bordure du goudron et à proximité du lac, le « Maquis 106 » ouvre ses portes chaque jour dès 5h, est spécialisé dans les mets africains et réputé pour ses plats matinaux bien faits.

Construit sur une superficie d’environ 1000 m2, le « Maquis 106» est une somme de deux bâtisses en dur dont une servant de cuisine, mais c’est aussi et surtout de nombreux appâtâmes couverts de pailles au milieu des plantes de caféier, de cacaoyers de bananiers et d’autres plantes ordinaires.

A l’intérieur, sont installés des points d’eau et un dispositif pour le lavage des mains. Le Maquis 106, c’est aussi un beau cadre salubre aéré avec des toilettes propres.

Il était 5h16, lorsque nous arrivions au « 106 ». Le maquis est déjà pris d’assaut par les premiers clients. La plupart, sortant des bars et boîtes de nuit, étaient déjà à table. Dame Madeleine présente depuis 2h du matin, comme à son habitude, nous accueille sortant de sa cuisine.

Les différents mets africains le foutou, le placali, le Kédjénou de poulet, et d’agouti, cuits au feu de bois aux arômes irrésistibles, sont déjà prêts et sont proposés aux clients. Le personnel, une quarantaine de jeunes gens et de jeunes filles, s’attellent pour satisfaire la clientèle.

La nouvelle vision de la restauration pour faire la différence

Combative dans le travail, dame Koffi Ahou a su se démarquer dans le secteur de la restauration grâce à son dynamisme, et à son ingéniosité, convaincue qu’un regard nouveau dans la satisfaction de la clientèle est à expérimenter. « Ce qui a propulsé mon maquis, ce sont nos plats disponibles déjà dès 5h à la différence des autres maquis existants qui proposent la nourriture, seulement qu’à partir de midi », a expliqué la tenancière. « Et c’est ainsi que nous travaillons depuis 35 ans », précise-t-elle.

Le succès du Maquis 106 est même connu de l’extérieur de la frontière régionale grâce au savoir-faire de sa fondatrice qui continue d’afficher son leadership sur le plan entrepreneurial. Elle demeure une référence au niveau de la gente féminine à Yamoussoukro pour son ardeur au travail. Les voyageurs des pays de l’hinterland, de passage dans la capitale politique, y ont toujours marqué une escale.

Pour les clients, la disponibilité très tôt des mets reste l’atout majeur qui motive leurs choix porté sur ledit restaurant. « Prendre très tôt des forces, c’est indispensable pour la suite de la journée et Le 106 nous le rend bien ici à Yamoussoukro », a témoigné Kouassi Paul, un habitué des lieux devant un plat fumant.

« Tout Yamoussoukro reconnaît l’efficacité de ce maquis. Ici, vous pouvez à tout instant trouver de la nourriture bien faite et l’accueil est aussi spontané et jovial », confirme un autre client Pacôme Kouakou, qui dit être parmi les premiers à se rendre chaque jour au « 106 » pour prendre des « solidités » avant d’entamer le travail.

Des débuts difficiles

La renommée du Maquis n’a toutefois pas été du tout facile à forger. « J’ai connu un début difficile, j’avais 10 ans, quand je venais de perdre ma mère, mon père étant décédé un peu plus tôt, je décide alors d’apprendre le métier de cuisine auprès d’une connaissance de ma mère, maman Kouakou Aya », raconte la tenancière de maquis sous l’un des appâtâmes bien aménagés.

N’ayant jamais fréquenté l’école, Koffi Ahou est plutôt passionnée de l’art culinaire. Elle décide quelques années plus tard de s’installer à son compte. « C’était à l’époque du président Houphouët, et j’ai débuté avec seulement 50 000 francs CFA, tirés de mon champ d’ignames, deux petites marmites, quatre chaises, deux tables et un congélateur en bois contenant du plastique à l’intérieur duquel, je déverse de la glace pour conserver la boisson » , a expliqué Tantie Mado avant de poursuivre.

« Le menuisier qui a confectionné mon congélateur a même refusé de me prendre de l’argent parce qu'il avait pitié pour moi », a confié la tenancière, faisant savoir qu’à l’époque, elle vendant le plat à 200 francs CFA.
« Je prenais un casier de vin, un pour la bière, et un autre pour la sucrerie, et parfois, j’avais comme recette 1000 francs CFA ou moins que ça, mais je ne me décourageais pas parce que j’aimais mon travail », souligne-t-elle, marque une pause avant d'ajouter, « un peu, un peu les choses ont commencé à bouger et quand tout a commencé à bien marcher, j’ai été chassée de mon ancien emplacement ».

« Mon site actuel est un cadeau de l’ancien chef canton Akouè de Yamoussoukro, feu Nanan Yablé Kouadio. C’est grâce à lui, que j’ai pu reprendre mes activités et aujourd’hui je ne regrette pas, le maquis bouche les gens arrivent de partout et je rends gloire à Dieu, lui notre guide et qui est au-devant de tout », rappelle-t-elle.
« Je continue toujours de servir des plats de 200 francs CFA pour rester collée au passé et aider les plus démunis », a fait la femme de foi qui reste reconnaissante à Dieu pour tous ses bienfaits.

Restauratrice, Tantie Mado est aussi très active dans le domaine de l’agriculture et de la pêche.
Convaincue que pour être autonome, la femme a besoin d’avoir plusieurs cordes à son arc, Dame Madeleine n’a pas cessé son activité agricole. « Avant la restauration, j’ai été vendeuse de viande brousse pendant longtemps avant de réaliser mon rêve de tenancière de maquis ».

Aujourd’hui, en plus de son restaurant, elle dispose de 3 ha d’ignames, 3 ha de manioc et 3,5 ha de banane, « L’argent gagné grâce à la vente des produits des trois champs me permet de soutenir mon maquis. D’ailleurs, l’igname, la banane, et les fagots à la cuisine que vous voyez (en les montrant du doigt) proviennent de mon champ », a fait savoir fièrement Koffi Ahou.
Commentaires


Comment