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Ces femmes handicapées qui s’autonomisent par la fabrication de toiture en paille à Aboisso (Reportage)

Publié le mardi 13 novembre 2018  |  AIP


Deux dames, Ouattara Na Fatoumata et Ouattara Salimata, la quarantaine révolue, handicapées moteurs se servant de vélos pour leur déplacement, fabriquent une sorte de toiture en paille servant à monter des toitures en zone rurale, communément appelée "papots", afin d’assurer leur autonomisation. Elles exercent leur activité à Soumié dans la sous-préfecture d’Adaou, à quelque 15 kilomètres d’Aboisso, sur le tronçon Aboisso-Bonoua .

« On n’a pas pu aller à l’école à cause de notre handicap, explique Fatoumata, la plus jeune, donc on a appris ce métier auprès de nos deux parents qui le faisaient depuis belle lurette. »

Le toiture en paille est obtenue par tissage des feuilles de raphia. Elles dressent d’abord un support constitué de deux bambous (120 cm de long et 2 cm de large environ) attachés à leurs extrémités par deux ficelles solides, avec un écart d’environ 20 cm. Ces ficelles, accrochées à un bois supporté par deux poutres, portent à leurs bouts des masses pour les maintenir constamment tendues. Ensuite les feuilles, pliées en deux sont posées en paquets sur le premier des deux bambous. Vient enfin l’étape du tissage. Les feuilles sont disposées les unes sur les autres et fixées par de petits morceaux de fins bambous d’environs 5 cm, jusqu’à couvrir les 120 cm. Une unité de couverture en paille est ainsi obtenue et il faut en fabriquer plusieurs de sorte à couvrir toute une maison.

Faite à base de feuilles de raphia qu’elles achètent à 1000F le tas à des jeunes gens qui les leur livrent, la toiture en paille est très prisée, les commandes sont abondantes expliquent les dames montrant entreposées, 6000 couvertures en paille à livrer à un client, un fermier résidant à Azaguié dans le département d’Agboville .

Certains clients viennent même de Tiassalé, d’Abengourou etc révèle Salimata.

Après les fermiers viennent les tenanciers de maquis et les planteurs qui s’en servent pour les toitures de leurs maisons dans les campements et même dans des villages.

Avec une capacité de production de 100 à 120 toitures en paille par jour, ces femmes disent gagner environ 150 mille francs chaque mois, une somme pas suffisante tant les besoins sont nombreux avec la famille entière qu’il faut prendre en charge. Leur génitrice, dame Koné Minata, 90 ans, environ les aident dans la fabrication de ce type de toiture.

Célibataires et respectivement mère de deux enfants et un enfant, Fatoumata et Salimata disent exercer ce métier pour leur autonomisation. « On n’a pas de mari et en plus on est handicapé. Qui va nous aider si on ne fait pas ce métier pour subvenir à nos besoins au lieu d’aller mendier comme d’autres le font », explique encore Fatoumata, ajoutant que les revenus des "papots" vendus l’unité à 50F FCFA leur permettent de scolariser leurs enfants et de subvenir aux besoins de la famille.

Fatoumata et Salimata Ouattara sollicitent ardemment de l’aide ou un financement auprès d’ONG ou de bonnes volontés afin d’accroître leurs capacités de production car la fabrication des couvertures en paille peut nourrir son homme et créer des emplois pour les jeunes en zone rurale.

« Plusieurs personnes sont passées ici, elles nous ont fait des photos en nous posant des questions mais jusque-là personne ne nous a aidées », regrettent Fatoumata qui ne perd cependant pas espoir. On veut par exemple construire un grand magasin pour pouvoir y travailler et entreposer notre production? ajoute-t-elle.

"Si on a les moyens financiers, on peut aussi investir dans d'autres domaines et laisser la fabrication à nos enfants comme nos parents l'on fait pour nous", propose Fatoumata.

La fabrication de "papot" qui permet à ces jeunes dames handicapées de subvenir à leurs besoins devrait servir d’exemples à bon nombre de personnes en situation de handicap qui en font un prétexte pour ne rien entreprendre afin de subvenir à leurs besoins.

Reportage réalisé par Ahoulou K. Noël sous la supervision et validation de Kouassi Assouman
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