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« Le SYNACASS-CI est un syndicat majeur qui prend ses responsabilités et ce, en temps opportun », selon Dr Akpesse (Interview)

Publié le lundi 14 janvier 2019  |  AIP


Songon- Elu nouveau secrétaire général du Syndicat national des Cadres Supérieurs de la Santé de Côte d’Ivoire (SYNACASS-CI) à l’issue du 11è congrès ordinaire tenu en fin octobre, Dr Guillaume Esso Akpesse, directeur de l’hôpital général de Tiassalé, a décidé de mettre en ordre de bataille son syndicat pour préparer les combats à venir. Dans un entretien avec l’AIP, il expose les chantiers auxquels il compte s’attaquer depuis sa prise en fin en novembre tout en annonçant ses priorités pour sa première année de mandature.

AIP : En tant que nouveau secrétaire général du SYNACASS-Ci, pouvez-vous nous raconter votre parcours syndical ?

Dr G.A : Mon parcours syndical a commencé par la section de Bouaké Sakassou en 2000 comme militant de base. Ensuite en 2002, après le redéploiement des fonctionnaires de la zone CNO, j’ai participé à la rédaction du livre blanc des Cadres supérieurs de la Santé. En 2007, militant de base à l’hôpital général de Marcory puis secrétaire de la section de Marcory. La même année 2007, je rentre au Bureau Exécutif National sous la mandature du camarade Amichia Magloire comme Délégué aux Relations intérieurs. Je demeure à ce poste sous la mandature du Camarade Atté Boka jusqu’en 2015. Après la réélection du camarade Atté Boka en 2015, il me propulse au poste de 1er Secrétaire général adjoint. Depuis le 26 octobre 2018, je suis élu Secrétaire général national.

AIP : Vous avez été élu à l’issue du 11è congrès ordinaire tenu en fin octobre, peut-on savoir les grandes lignes qui ont marqué ledit congrès ?

Dr G.A : Le congrès avait en toile de mire le renouvellement des organes dirigeants principalement l’élection du Secrétaire général. Nous avons pu aussi débattre du thème « Amélioration de la santé de la population en Côte d’Ivoire : place du cadre supérieur de la santé » dont les sous-thèmes à développer portaient sur trois sujets. A savoir le point des infrastructures sanitaires en Côte d’Ivoire, la cartographie du personnel sur tout le territoire national et la qualité des soins en Côte d’Ivoire. Malheureusement, les grands enjeux de l’élection du Secrétaire général ont fait que nous n’avons pas pu produire des motions et des résolutions. Nous n’avons pas pu réviser nos textes ce qui doit nous conduire à un congrès extraordinaire avec pour point principal la révision de notre statuts et règlement Intérieur et secondairement les résolutions relatives au thème du congrès ordinaire ainsi que diverses motions.

AIP : Vous héritez du plus vieux syndicat de Côte d’Ivoire qui s’est toujours battu pour l’amélioration des conditions de vies et de travail des cadres supérieurs de la santé de Côte d’Ivoire, quels seront les chantiers auxquels vous allez vous attaquer ?

Dr G.A : Notre mandat comme nous l’avons dit à notre investiture est placé sous le signe de la réunification, de l’union. Cette année 2019, le SYNACASS-CI a 50 ans d’existence. Nous voulons célébrer cet événement en réunissant tous les anciens membres, les anciens BEN, les anciens Secrétaires généraux et nous, la nouvelle génération. Il s’agira pour nous de recréer cette unité syndicale qui a toujours été la force du SYNACASS-CI. L’animation, la vie des sections (la base syndicale) est une de nos priorités. Il faudra aussi que nous puissions mettre en œuvre une de nos promesses de campagne à savoir former nos camarades sur l’activité syndicale mais aussi améliorer l’organisation de nos formations continues.

AIP : D’ailleurs quelles seront pour votre première année de mandature vos priorités ?

Dr G.A : A peine arrivé, il me faut organiser le cinquantenaire du SYNACASS-CI. Il nous faut pour cela résoudre (réunifier) le syndicat. Beaucoup de nos anciens sont en dehors du syndicat, il faut les faire revenir. Il faut aussi réorganiser les sections et les faire vivre. Il faut aussi que les nouveaux cadres supérieurs nouvellement recrutés à la Fonction publique adhèrent au SYNACASS-CI. Il faut former nos militants pour les prochaines luttes et continuer les formations continues.

AIP : Comment appréhendez-vous le contexte dans lequel vous venez de prendre les rênes du plus vieux syndicat ivoirien ?

Dr G.A : Aujourd’hui en Côte d’Ivoire, faire du syndicalisme, équivaut à être radical comme on le dit couramment être « un dur ». Pour nous le syndicalisme, c’est la sérénité, la connaissance des textes, la force de l’argumentaire face à notre employeur qu’est l’Etat. Malheureusement pour de nombreux travailleurs, l’activité syndicale se confond à la grève. Cette mentalité doit changer. Nous ne revendiquons pas pour gêner le gouvernement, ni pour faire souffrir le peuple. Quand nous revendiquons c’est parce que nous nous souffrons et ce que nous demandons est un droit pour nous. La population doit savoir que la grève est l’ultime étape d’une longue série de négociations. Un syndicat ne déclenche la grève que quand il n’a pas d’autre alternative. Le SYNACASS-CI est un syndicat majeur qui prend ses responsabilités et ce, en temps opportun.

AIP : Pourquoi n’avez-vous pas pris part à la récente grève menée par Cordi-santé ?

Dr G.A : Nous n’étions pas signataire de ce mouvement de grève et quand on n’est pas signataire d’un document, on ne s’engage pas. Les raisons qui nous ont amenés à adresser cette note à nos camarades est la suivante. Au sortir de notre congrès qui s’est tenu les 25 et 26 octobre 2018, aucune discussion n’avait eu lieu concernant cette question. Le congrès étant au-dessus de l’Assemblée générale aurait pu se prononcer. C’est pendant notre congrès que nous avons appris que la Cordi-santé avait déposé un préavis de grève. Pis, la Cordi-santé n’a avait jamais approché l’ancien bureau auquel j’appartenais pour une quelconque discussion. Bien au contraire, la Cordi-santé avait déclaré le SYNACASS-CI comme infréquentable. Il ne fallait pas laisser nos camarades dans le doute. Nous ne sommes pas des casseurs de grève, nous ne sommes jamais passés à la télévision pour faire une quelconque déclaration, ni adresser de courrier aux autorités demandant de sanctionner qui que ce soit.

AIP : Quel regard faites-vous de la situation notamment sur les revendications portées par les autres syndicats de la santé ?

Dr G.A : Nous n’avons pas pu avoir accès au document de Cordi-santé, mais étant des syndicats responsables, je suppose qu’ils doivent avoir les argumentaires pour justifier leurs revendications.

AIP : Vous êtes signataire de la trêve sociale ? Est-ce pour autant que cette signature met fin à la grève dans votre secteur d’activité ?

Dr G.A : Lisez bien le document de la trêve sociale. La trêve sociale demande de favoriser le dialogue avant d’aller à la grève. Par ailleurs, la trêve sociale concerne les points de revendication qui ont fait l’objet d’un accord. La procédure normale demande qu’on épuise toutes les voies de recours avant de déclencher une grève. On va à la grève quand le gouvernement nous s’y oblige.

AIP : Peut-on par ailleurs avoir votre regard sur le système sanitaire notamment sur le plateau technique défaillant et autres outils ?

Dr G.A : Le système sanitaire a connu ses limites. C’est pour cela que nous encourageons fortement le ministre de la santé à faire aboutir rapidement les ces deux gros chantiers de son département que sont la réforme hospitalière et le code de santé publique. Et là le système de santé connaîtra une grande avancée.

AIP : Pour une meilleure application de la CMU, peut-on savoir quelle est votre plateforme revendicative ?

Dr G.A : Dans son discours à la nation, le Chef de l’Etat a annoncé le début de la CMU pour le premier trimestre 2019. Nous professionnels de la santé, nous nous en réjouissons parce que cela suppose que nos conditionnalités auraient été prises en compte avant le début de la CMU à savoir la reconnaissance effective de la spécialité, l’amélioration du plateau technique des hôpitaux. Nous ne voulons pas revivre ce que nous avons vécu au début de la mise en œuvre de la gratuité quand nos camarades ont été agressés et traités de tous les noms. Je profite pour dire aussi qu’il faut que le problème des primes d’intéressements lorsque la CMU débutera soit discuté en profondeur.


tg/cmas
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