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Déjeuner annuel de la BAD en l’honneur des ambassadeurs/ Akinwumi Adésina:" L’Afrique ne se développera pas grâce à l’aide. Le développement du continent passera par les investissements"

Publié le mercredi 6 fevrier 2019  |  BAD/FAD
Déjeuner
© Abidjan.net par Cyprien Kouassi
Déjeuner annuel du Groupe de la Banque Africaine de Développement
Mardi 05 février 2019. Abidjan. La Banque Africaine de Développement (BAD) son traditionnel déjeuner annuel en l`honneur des ambassadeurs des États membres de l`institution accrédités en République de Côte d`Ivoire.


Akinwumi Adesina, président de la Banque Africaine de Développement a convié les ambassadeurs en poste en Côte d’Ivoire à son traditionnel déjeuner annuel de la BAD en leur l’honneur. La rencontre s’est déroulé à Abidjan ce mardi 5 février. Nous vous proposons l’intégralité de son allocution à cette occasion.



Bonjour à tous. Excellences, Mesdames et Messieurs les ambassadeurs, chefs de mission diplomatique, chefs d’institution internationale. Mesdames et Messieurs les administrateurs, les membres de la Haute direction et les membres du personnel de la Banque africaine de développement. Mesdames et Messieurs les amis de l’Afrique, Distingués invités.


Au nom du Conseil d’administration, de la direction et du personnel du Groupe de la Banque africaine de développement, je voudrais vous souhaiter la bienvenue à ce Déjeuner des ambassadeurs pour la nouvelle année 2019. Comme nous le disons en Côte d’Ivoire : Akwaba !


Je me réjouis de constater que vous nous avez tous honorés de votre présence. Cette rencontre annuelle est un signal fort, qui témoigne de l’importance que nous accordons à nos relations stratégiques avec le corps diplomatique.


J’espère que vous avez apprécié la bonne cuisine ivoirienne authentique de notre menu d’aujourd’hui. Pour nourrir l’Afrique, nous ferions mieux de commencer par nous-mêmes et de nourrir nos actionnaires !


Cette rencontre annuelle offre toujours une occasion privilégiée de partager avec vous les perspectives de l’économie africaine, de vous informer des activités de la Banque et d’avoir des échanges sur les questions émergentes qui contribueront à orienter l’avenir du continent.


Permettez-moi de vous dire que l’avenir du continent s’annonce de plus en plus prometteur. Les Perspectives économiques en Afrique 2019 de la Banque africaine de développement, dont vous avez tous reçu un exemplaire, est un rapport à lire absolument. Il montre que la performance économique générale a continué de progresser en 2018, avec une croissance du PIB réel estimée à 4,1 %. Le taux de croissance devrait s’établir à 4 % en 2019 et 4,1 % en 2020. Cette progression est forte, surtout lorsqu’on la compare au taux de 2,1 % enregistré récemment, en 2016.


Il convient également de souligner que 40 % des pays africains devraient enregistrer une croissance d’au moins 5 % cette année, à la faveur de la reprise des cours des produits de base et de la stimulation de la croissance intérieure par la demande nationale et les investissements dans l’infrastructure.


Excellences, Mesdames et Messieurs,


Les opportunités économiques en Afrique suscitent beaucoup d’enthousiasme et d’espoir. Et croyez-moi, elles sont énormes. L’Accord portant création de la Zone de libre-échange continentale africaine, que les Chefs d’État ont signé et qu’un grand nombre de leurs homologues ont ratifié, fera de l’Afrique le plus grand espace de libre-échange au monde, avec un PIB combiné de plus de 3 300 milliards de dollars. La simple élimination des barrières tarifaires permettra l’expansion des échanges d’au moins 53 %, et avec la levée des barrières non tarifaires, le volume de ces échanges devrait doubler.


La Banque africaine de développement est au centre des actions menées pour la réussite de cette zone de libre-échange continentale. Le financement du commerce jouera un rôle essentiel dans cette réussite. La Banque a investi plus d’un milliard de dollars pour appuyer le financement du commerce en Afrique, ce qui a permis de soutenir 111 transactions dans 43 pays, et de susciter des échanges intrarégionaux d’une valeur de 7 milliards de dollars.


Par ailleurs, nous avons investi 1 milliard de dollars dans AfreximBank, dont 650 millions de dollars de lignes de crédit pour le financement du commerce, et 350 millions de dollars pour l’assurance du commerce. Nous avons également investi 630 millions de dollars dans la First Rand Bank et AbSA en Afrique du Sud, pour appuyer l’élargissement de l’accès au financement du commerce pour 20 pays.


Au titre de l’indice d’ouverture sur les visas en Afrique, une question qui vous concerne également, nous continuons de suivre les avancées du continent en matière de libre circulation des personnes. Certes, des progrès ont été enregistrés, mais beaucoup reste à faire. Cet indice montre, pour 2018, que les Africains n’ont pas besoin de visas pour entrer dans 25 % des pays ; qu’ils peuvent obtenir des visas à l’arrivée dans 24 % des pays seulement ; mais qu’ils ont toujours besoin de visas pour entrer dans 51 % des pays.


Nous devrions faire tomber tous les murs à travers le continent. La libre circulation des personnes, en particulier celle de la main-d’œuvre, est vitale pour la promotion des investissements.


Les investissements transfrontaliers augmentent, comme le montre le Rapport sur les investissements intra-africains récemment publié. En net progrès, ils sont rapidement passés de 2 milliards de dollars en 2010 à 12 milliards l’année dernière.


La Banque a étroitement collaboré avec la Banque mondiale et le FMI pour apporter son assistance aux pays africains, dans le cadre du Pacte avec l’Afrique du G20, à travers l’appui aux réformes dans les domaines des politiques, de l’environnement des affaires et de la règlementation des entreprises dans 12 pays. Le leadership politique de la Chancelière Merkel et des Chefs d’État africains a été remarquable.


Les résultats enregistrés méritent d’être soulignés : les investissements directs étrangers en faveur des pays ayant bénéficié du Pacte ont augmenté de 36 %, au moment où ceux en faveur du reste des pays du continent affichaient une baisse de 42 %. Les enseignements à retenir sont clairs : les réformes réglementaires et la mise en place d’un environnement favorable aux affaires portent des fruits à coup sûr ! Un plus grand nombre de pays devraient suivre ces exemples, en menant les réformes nécessaires à l’entrée des flux d’investissements directs étrangers.


L’Afrique ne se développera pas grâce à l’aide. Le développement du continent passera par les investissements. C’est pourquoi, la Banque africaine de développement, de concert avec ses partenaires, a lancé le Forum pour l’investissement en Afrique, dont la première édition s’est déroulée l’année dernière à Johannesburg. Ce Forum a attiré plus de 2 000 personnes et investisseurs venus de 53 pays à travers le monde, y compris des fonds de pension et des fonds souverains. Les résultats ont été spectaculaires : les engagements d’investissements d’une valeur de 38,7 milliards de dollars ont été mobilisés en moins de 72 heures !


Une bonne illustration en est la transaction de 2,6 milliards de dollars signée par des investisseurs en Afrique du Sud, pour la construction du train Accra Sky. L’édition 2019 du Forum pour l’investissement en Afrique aura lieu du 6 au 8 novembre à Johannesburg. Je vous prie de le noter dans vos agendas. Je voudrais demander à tous les ambassadeurs de nous aider à garantir la participation des investisseurs de leurs pays respectifs. La Banque est prête à appuyer l’augmentation des flux d’investissements directs étrangers vers l’Afrique, avec votre collaboration.


Nous continuons d’investir dans les infrastructures, afin de promouvoir une plus grande connectivité entre les pays et d’améliorer la compétitivité globale. Nous avons fourni 16 millions de dollars à la CEDEAO, pour appuyer la préparation d’études de faisabilité du corridor Lagos-Abidjan. À cet égard, j’ai exhorté tous les pays à en accélérer le processus. Notre investissement dans la route Addis- Abeba – Nairobi- Mombasa, longue de 1 000 km, a transformé la configuration des échanges entre l’Éthiopie et le Kenya, qui ont augmenté de 400 %.


Notre investissement dans l’extension du port de Walvis Bay, en Namibie, ouvrira des débouchés commerciaux à plusieurs pays enclavés de la région de la SADC, notamment le Botswana, le Zimbabwe et la Zambie, et permettra au volume de fret des conteneurs de passer de 300 000 tonnes équivalent à plus d’un million de tonnes.


Le 21 janvier dernier, il y a quelques semaines à peine, un événement historique majeur a eu lieu : le pont sénégambien reliant la Gambie au Sénégal a été inauguré.


L’année dernière encore, lors du Forum pour l’investissement en Afrique, la Banque africaine de développement, Africa50 et d’autres partenaires ont conclu un accord de financement d’un montant de 500 millions d’USD pour la construction du premier pont qui reliera les deux Congo: la République démocratique du Congo et la République du Congo.


Toujours l’année dernière, la Banque a contribué au financement et à l’achèvement d’un certain nombre de projets porteurs de transformation. Parmi eux, figurent notamment les nouveaux terminaux aéroportuaires internationaux du Ghana et du Sénégal. Il y a quelques semaines seulement, j’ai assisté à un événement aux côtés du Président Macky Sall : la réception du Train express régional financé par la Banque. C’est le tout premier projet du genre en Afrique de l’Ouest.


En Afrique du Nord, l’appui fourni par la Banque pour l’extension de l’aéroport de Rabat-Sale permettra d’accroître la capacité de prise en charge des passagers et de créer 1 700 emplois directs. Le financement d’un montant de 102 millions d’USD en faveur du projet de station d’épuration des eaux usées d’Abu Rawash en Égypte portera la capacité de prise en charge de la station à 1,6 million de m3 par jour, ce qui profitera à plus de 8 millions de personnes vivant dans la zone du projet. La Banque a également maintenu son engagement en Libye en soutenant les efforts de développement des dirigeants, grâce à la formation de 2 000 fonctionnaires au titre du projet Tamayoz.


Excellences, Mesdames et Messieurs,


Ici en Côte d’Ivoire, au siège de la Banque, nous continuons de témoigner notre profonde gratitude au Président Alassane Ouattara, au gouvernement et au peuple ivoiriens, pour le ferme soutien qu’ils ne cessent d’accorder à la Banque africaine de développement.


Je suis heureux de noter que depuis mon élection à la présidence de la Banque, le portefeuille de la Banque en Côte d’Ivoire a augmenté de manière significative. Entre 2015 et 2018, en l’espace de trois ans seulement, le financement de la Banque en faveur de la Côte d’Ivoire a augmenté de 280 %, passant de 628 millions d’USD en 2015 à 1,8 milliard d’USD. C’est la hausse la plus forte jamais enregistrée dans l’histoire de la Banque.


La Banque soutient fermement les efforts du gouvernement dans les domaines du transport urbain et du développement des infrastructures à Abidjan. Sur le montant total de 770 millions d’euros requis par le projet, la Banque apporte une contribution de 560 millions d’euros, soit 74 % du coût total. Notre Conseil d’administration a approuvé le dernier versement d’un montant de 329,47 millions d’euros en octobre 2018. Nous sommes fiers de notre partenariat avec la JICA et le GEF dans le cadre de ce projet.


En 2018, nous avons également investi 110 millions d’USD pour financer l’acquisition de nouveaux aéronefs par Air Côte d’Ivoire, ce qui facilitera la circulation des personnes et favorisera l’intégration régionale.


Nous fournissons également un appui à la Côte d’Ivoire et au Ghana en faveur de la filière cacao, dans le cadre de l’effort régional visant à apporter de la valeur ajoutée à la production cacaoyère et à accroître la part du continent dans la valeur ajoutée totale de la filière cacao sur le marché mondial. Cet appui a consisté, entre autres, en un prêt syndiqué de 600 millions d’USD à CocoBod du Ghana, et en deux enveloppes de 7 millions d’USD chacune au Ghana et à la Côte d’Ivoire pour soutenir les réformes institutionnelles et la gouvernance dans la commercialisation du cacao.


Nous devons transformer radicalement l’agriculture en Afrique. Permettez-moi de vous rafraîchir la mémoire en évoquant d’autres avancées enregistrées dans le domaine de l’agriculture.


La Banque continue de jouer un rôle déterminant dans la réussite exceptionnelle de son initiative Technologie pour la transformation de l’agriculture en Afrique (TAAT), qui vise à accélérer l’adoption de la technologie par les exploitants agricoles dans l’ensemble du continent. Les avancées enregistrées par le continent dans le secteur agricole risquent d’être anéanties par le légionnaire d’automne, qui a envahi les exploitations agricoles et peut entraîner un taux de destruction des récoltes de l’ordre de 23 à 56 %. Détecté pour la première fois en 2016, cet insecte est désormais présent dans 52 pays. Les pertes estimées pourraient se situer dans une fourchette de 2,5 milliards à 6,5 milliards d’USD.


La Banque a pris les devants et mis en place, conjointement avec la Banque mondiale, le FIDA, la Fondation Gates, l’initiative TAAT, dotée d’un milliard d’USD pour éradiquer ce fléau. Le montant de 20 millions d’USD approuvé et fourni par la Banque l’année dernière a permis de mettre à disposition des technologies de traitement des semences contre le légionnaire d’automne au profit de 1,5 million d’exploitants agricoles en Afrique du Sud. De meilleures pratiques agricoles ont été adoptées par 3,6 millions d’exploitants agricoles supplémentaires, qui ont également eu accès aux pesticides biologiques.


Face aux sécheresses et aux ravages causés par les changements climatiques dans les exploitations agricoles, l’appui financier de la Banque a permis à 3 millions de paysans d’avoir accès à des variétés de maïs moins demandeuses en eau, pour la seule année 2018. C’est dans cet ordre de grandeur que nous travaillons désormais à la Banque : toucher des dizaines de millions d’exploitants agricoles.


Excellences, Mesdames et Messieurs,


Les High 5 de la Banque sont en train de produire des effets significatifs majeurs partout dans le continent. En 2018, grâce à la priorité « Eclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie », 4,5 millions de personnes ont été raccordées au réseau électrique via de nouveaux branchements ou des branchements améliorés.


Environ 19 millions de personnes ont bénéficié de l’accès à des technologies agricoles améliorées au titre de la priorité « Nourrir l’Afrique ».


Grâce à la priorité « Industrialiser l’Afrique », 1,1 million de personnes ont bénéficié des retombées des investissements du secteur privé.


Environ 14 millions de personnes ont eu accès à des services améliorés de transport à la faveur de la priorité « Intégrer l’Afrique ».


Et enfin, 8 millions de personnes ont bénéficié d’un meilleur accès à l’alimentation en eau et à l’assainissement grâce à la priorité « Améliorer la qualité de vie des populations africaines » prévue dans les High 5.


Excellences, Mesdames et Messieurs,


Ces chiffres et ces impacts sont très impressionnants, à tous points de vue. Je suis fier des pays et des membres du personnel de la Banque qui ont rendu cette réussite possible. Mais les besoins de l’Afrique sont énormes et il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour parvenir à l’accès universel à l’électricité, à la sécurité alimentaire du continent, à l’intégration de l’Afrique, à l’industrialisation du continent et à la qualité de vie améliorée des populations africaines.


La Banque est engagée dans des discussions avec ses actionnaires en vue d’une augmentation générale de son capital. Cette augmentation de capital nous permettra d’en faire beaucoup plus pour l’Afrique, pour pouvoir réaliser les objectifs de l’Agenda 2063 « l’Afrique que nous voulons ». Votre soutien ferme, en tant qu’ambassadeurs représentant nos actionnaires, sera très important. L’augmentation du capital de la Banque devrait intervenir cette année et, jusqu’à présent, les pourparlers avancent harmonieusement.


Ne perdons pas de vue que lors de la dernière augmentation générale du capital de la Banque qui a eu lieu en 2010, les prévisions laissaient penser que le taux d’utilisation des fonds propres de la Banque se situerait exactement au niveau actuel.


Nous avons affiché des résultats financiers exceptionnels, les quatre agences mondiales de notation ayant maintenu notre note AAA avec perspective stable. Mais nous voulons également la note AAA pour l’impact de notre action sur le développement de l’Afrique : nous devons parvenir à l’accès universel à l’électricité. Nous devons aider l’Afrique à devenir autosuffisante sur le plan alimentaire. Nous devons parvenir à l’intégration complète du continent. Nous devons industrialiser le continent et améliorer la qualité de vie des populations africaines.


Imaginez simplement ce que deviendrait l’Afrique à l’issue d’une augmentation générale de capital débouchant sur un montant additionnel de 11 milliards de dollars américains :

105 millions de personnes auront accès à l’électricité ;

137 millions de personnes bénéficieront de l’accès aux technologies agricoles améliorées ;

22 millions de personnes bénéficieront des retombées des investissements dans les projets du secteur privé ;

15 millions de personnes auront accès à des services améliorés de transport ; et

110 millions de personnes auront accès à des services améliorés d’alimentation en eau et d’assainissement.


Ce serait une autre Afrique ! Une Afrique si différente ! Aidez-nous à faire émerger cette Afrique, en contribuant à la réussite de l’augmentation générale du capital et de la 15e reconstitution des ressources du Fonds africain de développement.


Excellences, Mesdames et Messieurs,


Je suis optimiste quant à l’avenir de l’Afrique. J’ai foi en notre capacité, en tant que Banque, de réaliser un impact encore plus significatif sur les vies de millions de personnes en Afrique, notre continent bien-aimé, que nous sommes appelés à servir !


Je vous remercie infiniment pour votre soutien jamais démenti en faveur de la Banque africaine de développement.
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