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Économie Publié le jeudi 25 avril 2019 | Abidjan.net

OCORIAN FORUM Abidjan : comment un centre financier international peut apporter de la valeur à l’investissement des entreprises (Interview)

© Abidjan.net Par DR
Madame Anjeelee CHINAMAL, Business Development Director de Ocorian
Quels sont les objectifs de ce premier OCORIAN FORUM organisé récemment à Abidjan ?

Ocorian Forum est avant tout une plateforme d’échanges afin de mettre en valeur de meilleures pratiques et des partages d’expérience entre parties prenantes du business international. L’idée est de réunir entrepreneurs, investisseurs et intermédiaires d’affaires mais aussi les représentants de régulateurs et d’organismes ayant pour mission de favoriser l’investissement et le business. Par ce moyen, nous cherchons à faire comprendre les besoins des investisseurs et expliquer le rôle joué par les Centres Financiers Internationaux en terme de création de valeur ajoutée. Nous discutons des tendances actuelles observées en matière d’investissement dans les pays émergents, en particulier les fonds d’investissement ‘Private Equity’.

Comment le Ocorian Forum facilite la croissance en Afrique ? Quel est le résultat de vos activités ?

Il serait arrogant de dire que ce Forum facilite la croissance ! Comme je l’indiquais précédemment, il s’agit avant tout de partager la connaissance entre d’une part les acteurs économiques locaux et ceux évoluant à un niveau international. Par le partage des meilleures pratiques et notamment la compréhension de l’importance de la gouvernance d’entreprise, les entrepreneurs que nous rencontrons peuvent avoir une meilleure idée de ce qu’ils devront faire pour augmenter la valeur de leur entreprise et de leur investissement.

Nous avons conduit à ce jour plusieurs Ocorian Forum, autant à Maurice, qu’à Dubaï et sur le continent africain. Nous pensons avoir contribué à sensibiliser nos audiences par rapport au rôle joué par les Centres Financiers Internationaux et l’importance grandissante que revêt ce que nous appelons chez Ocorian le capital gouvernance. Un entrepreneur à la recherche de capital financier pour financer sa croissance sera à la recherche de capitaux qu’il devra trouver auprès de ses actionnaires, une banque ou établissement financier, ou encore d’investisseurs privés du type ‘Private Equity’. Ce besoin en capital financier, c’est le capital gouvernance qui lui permettra de le combler avec davantage d’assurance d’ajouter de la valeur à son entreprise.

Pourquoi l’importance que vous donnez à l’investissement dans vos Ocorian Forum ?

L’investissement est l’un des moteurs essentiels de la croissance et de l’emploi. C’est surtout par l’investissement que les économies émergentes d’Afrique pourront réaliser leur plein potentiel. Lors de ce Forum, nous avons parlé de cet écosystème nécessaire que l’on trouve dans un business hub – ce à quoi la Côte d’Ivoire peut prétendre aujourd’hui – ou dans un centre financier international. Prenons un exemple. Que se passe-t-il au niveau d’un entrepreneur ayant une idée novatrice? Il peut avoir breveté une nouvelle application pour aider les agriculteurs à mieux gérer et vendre leurs récoltes. Il souhaite maintenant s’attaquer aux marchés des pays voisins et a besoin de capitaux pour financer cette croissance hors frontière. Sans capital gouvernance, il aura beaucoup de mal à donner confiance à un investisseur et il risque fort de ne pas dépasser le stade de besoin ou ‘gap’ financier. Si tant est qu’il existe des opportunités d’investissement, la bonne gouvernance devient donc un facteur aussi important que le retour sur investissement attendu des conditions du marché.

Globalement, les questions de gouvernance d’entreprise revêtent donc une importance grandissante. Quel regard portez-vous sur la bonne gouvernance en Afrique ? La situation est-elle en train de s’améliorer ?

Il est tout-à-fait vrai que la question de gouvernance d’entreprise revêt une importance grandissante partout dans le monde. J’en prends pour exemple que la gouvernance d’entreprise est aujourd’hui un critère majeur dont tiennent en compte les investisseurs dans les fonds appelés ‘Private Equity’ au même titre que les critères d’impact environnemental et sociétal. Ces investisseurs sensibles à la bonne gouvernance d’entreprise sont aussi bien des investisseurs privés que des investisseurs institutionnels comme les fameux ‘DFI’, ou instituts de financement du développement. La raison de l’accent plus important placé sur la gouvernance d’entreprise est aisée à comprendre. La bonne gouvernance dans une entreprise laisse supposer un cadre plus apte à promouvoir l’efficacité opérationnelle en même temps qu’elle attire davantage les investisseurs qui y trouvent un élément de sécurité qui vient s’ajouter au cadre macroéconomique dans lequel opèrent les entreprises.

La bonne gouvernance d’entreprise est généralement en hausse partout en Afrique où il devient vital d’attirer des investissements étrangers pour venir pallier au manque d’investissements publics et privés locaux. On observe que le secteur privé dans un nombre croissant de pays en Afrique a adopté un Code de Gouvernance. Ce phénomène est à distinguer des mesures de gouvernance portées par le secteur public. Mais ces deux facteurs, gouvernance du secteur privé et gouvernance du secteur public, agissent dans la même direction et finissent par une amélioration du contexte d’affaires que mesure l’indice de facilitation des affaires de la Banque Mondiale (World Bank Doing Business Survey). Je note avec satisfaction que la Côte d’Ivoire s’est retrouvée cette année parmi les 5 pays d’Afrique (aux côtés de Djibouti, Kenya, Rwanda et Togo) ayant le plus progressé au classement ‘WB Doing Business Survey’.

Quel impact selon vous des initiatives telles que les ‘Mo Ibrahim Awards’ pour le Leadership ont sur la gouvernance d’entreprise en Afrique ?

Ces classements sont importants et reflètent une évolution dynamique. Mais je parle ici de gouvernance d’entreprises. Ces indices sont très macro même s’ il est vrai qu’ils peuvent inspirer des mesures qui vont encourager davantage de bonne gouvernance à un niveau micro, c’est-à-dire celui des entreprises. C’est bien dans l’adoption au quotidien des meilleures pratiques en termes de gouvernance que nous verrons un effet positif sur la conduite des entreprises, leur capacité à attirer des investisseurs en toute confiance et à générer plus de valeur. Chez Ocorian, nous avons pour rôle d’amener et d’accompagner les entreprises à investir dans ce capital gouvernance qui est le moyen le plus durable d’ajouter de la valeur pour l’entreprise et pour ces actionnaires.


Quel regard portez-vous sur l’environnement des affaires en Côte d’Ivoire ? Que font exactement les pays qui réussissent le mieux à attirer l’investissement et que peut en apprendre la Côte d’Ivoire ?

Nous sommes confiants dans le potentiel de croissance et d’investissement que représente la Côte d’Ivoire. Ce pays joue depuis longtemps un véritable rôle de moteur pour la région. C’est d’ailleurs en reconnaissance à ce potentiel que Ocorian, présente dans plusieurs hubs et centres financiers du monde, a choisi d’ouvrir un bureau à Abidjan. Ceci dit, pour que Abidjan puisse devenir un véritable hub d’affaires en voie de se développer en centre financier régional, il faut un plan d’action soutenu par une volonté politique sans faille. Il faut notamment améliorer l’environnement des affaires, avoir des procédures de création de société moins lourdes, investir dans le capital humain, maintenir le cap de la stabilité macro-économique et faire de la gouvernance d’entreprise un accélérateur de croissance et un levier pour la création de valeur. Dans ce cheminement, qui pourrait amener la Côte d’Ivoire à passer du stade de hub à celui de centre financier régional, la collaboration avec un centre international financier tel que Maurice pourrait aider. Par exemple, pourquoi ne pourrions-nous pas envisager une collaboration entre la BRVM et la bourse de Maurice pour des cotations duales ? Dans le secteur financier, maintes collaborations de ce type peuvent être envisagées. Quant à la question de savoir ce que font les pays qui réussissent le mieux pour attirer les investisseurs, je crois que nous observons certaines caractéristiques communes : un environnement d’affaires ‘investor-friendly’ (favorable à l’investissement) qui sécurise et valorise les investissements ; un cadre opérationnel rendant aisé la conduite des affaires et une sortie d’investissement par rapatriement du capital ou des dividendes qui soit aisée et/ou fiscalement incitative.



Dans ce contexte favorable, le bureau d’Abidjan va donc poursuivre son développement ?

Du fait de l’importance de la Côte d’Ivoire comme centre d’affaires régional, notre rôle est avant tout d’accompagner les investisseurs souhaitant investir hors de la Côte d’Ivoire ou investir en Côte d’Ivoire directement ou afin d’investir dans la région. Nous avons chez Ocorian, et ceci depuis le temps où nous étions connus sous le nom d’ABAX, développé une expertise en matière de structuration de l’investissement et du commerce frontalier dont nous voulons faire profiter les opérateurs économiques engagés hors frontières. Notre accompagnement se décline aussi en termes de ‘matching’, c’est-à-dire trouver un apporteur de capitaux pouvant venir en aide à un apporteur de projet. En termes d’ingénierie financière nous sommes aussi en mesure de proposer divers services comme des évaluations d’entreprise nécessaires par exemple lors de fusions et acquisitions. Enfin, nous avons aussi au sein d’Ocorian des compétences en matière de fondations et de trusts pour trouver des solutions au problème de préservation et de transmission du patrimoine. Les perspectives sont donc nombreuses.

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