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Société Publié le lundi 13 mai 2019 | Abidjan.net

Menace de grève des enseignants de la COSEF-CI pour demain/Kandia Camara réagit depuis Ouraghio : « Je n’admettrai pas cette grève, trop c’est trop »

© Abidjan.net Par DR
Cérémonie d’inauguration du collège moderne de Brihi dans la sous-préfecture de Bayota
Dimanche 12 mai 2019 à Ouragahio. Cérémonie d’inauguration du collège moderne de Brihi dans la sous-préfecture de Bayota et des visites des travaux de voiries de la commune de Ouragahio
C’est avec force et détermination dans les propos que Mme le ministre de l’Education nationale de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Kandia Camara a affiché sa volonté de ne pas accepter cette énième grève de certains enseignants du secondaire publics notamment ceux de la COSEFCI. Elle a profité, le dimanche 12 mai dernier à Ouragahio en marge de l’inauguration du collège moderne de Brihi dans la sous-préfecture de Bayota et des visites des travaux de voiries de la commune de Ouragahio pour mettre en garde de la plus ferme manière, Pacome Attabi, le patron du syndicat COSEF-CI et ses amis. « Celui qui ne veut pas enseigner peut aller ailleurs, et je le dis, je n’admettrai pas cette grève de mardi prochain. Je ne suis pas d’accord et je le dis haut et fort ici. Tout enseignant qui se mettra en grève à partir de mardi va assumer les conséquences », aura averti Kandia Camara, la patronne de l’Education ivoirienne. Devant la presse dans la commune natale de Laurent Gbagbo, Kandia Camara a dit clairement qu’elle n’usera pas son temps quotidien à céder à toutes les humeurs des enseignants de la COSEFCI.

Puisque selon elle jusqu’à présent le gouvernement a fait preuve de bonne foi pour satisfaire à certains points de leurs revendications et de rappeler « pour ceux qui ne le sauraient pas en 2017 il y a eu un vaste mouvement de grève et à la suite de cette grève il y a eu des négociations menées par le premier ministre. A la fin de ces négociations nous nous sommes accordés sur un certain nombre de points. Le gouvernement a pris plusieurs engagements et les syndicats aussi ont pris un seul engagement. L’ensemble des syndicats à travers leur faitière et à travers les centrales syndicales, ont pris l’engagement de ne pas arrêter de travailler pendant cinq années. Et nous avons signé cet accord-là. Et pendant que le gouvernement était en train d’honorer ses engagements pris, contre toute attente ; les syndicalistes se sont mis en grève. Mais, nous avons néanmoins repris les discussions avec les syndicats et le Premier ministre même récemment nous a tous reçus.

Ce qui a été arrêté c’est que les syndicats devaient continuer de discuter avec leur ministère de tutelle et après nous allions rencontrer le Premier ministre qui a le dernier mot » a-t-elle expliqué. Et d’ajouter que ce contact avec les syndicats depuis la dernière grève n’a jamais été rompu « il y a 10 jours de cela, les syndicats sous notre tutelle et nous sommes retrouvés à Bassam pendant 4 jours pour nous accorder sur les points de discussion. L’étape d’après nous nous sommes retrouvés à Abidjan pour finaliser le rapport de Bassam, et nous avons pris du retard parce que celui-là même qui vient de lancer le mot d’ordre de grève M. Attaby, a attendu une semaine avant que lui ne signe ce rapport et pourtant tous ses autres camarades syndicalistes avaient déjà signé.

On devait normalement le jeudi dernier avoir une réunion entre le ministère et les syndicats, malheureusement ce jour-là nous avons perdu un cadre du RHDP (Ndlr : le Pr. Lemassou Fofana) et les funérailles étaient prévus le même jour et j’ai donc donné rendez-vous à tous les syndicats pour cette semaine » a-t-elle révélé. Cependant contre toute attente alors qu’elle s’attendait à cette réunion prévues la semaine avec les syndicats, la COSEFCI organise une assemblée générale pour lancer un autre mot d’ordre de grève pour ce mardi 14 mai.

Concernant ce mot d’ordre de grève de la COSEFCI, Mme le ministre a exprimé son indignation face à cette attitude « Trop c’est trop ça ne peut pas continuer. Je dis que la vie est un choix ou bien ils ont choisi de venir à l’éducation par vocation parce qu’ils veulent servir le pays et aider les enfants ivoiriens à réussir ou alors ils sont venus pour faire la politique ou alors ils sont venus pour s’amuser. Je ne suis pas là pour m’amuser parce que l’école n’est pas un lieu d’amusement. Il s’agit de l’avenir de nos enfants. Pour que demain ces enfants-là aussi deviennent des cadres. Et tous ceux qui veulent s’amuser je leur dis que l’école n’est pas un lieu d’amusement » a-t-elle dénoncé.

Tout en invitant les syndicalistes de la COSEFCI à revenir à la table de négociation « J’interpelle Attaby et ses camarades de la COSEFCI à revenir à la table de négociation si tant qu’ils veulent que l’école continue si tant qu’ils veulent faire leur travail d’enseignants, si tel est le cas nous allons continuer de discuter avec eux » a-t-elle conseillé.

A cet effet Mme le ministre a demandé la patience aux enseignants et les a exhorté de continuer à enseigner afin de garantir l’avenir des enfants de la côte d’ivoire. Car selon elle, ces derniers ont aussi besoin d’avoir un avenir radieux et d’insister « nous sommes a un mois de la fin de l’année scolaire à quelques semaines des examens à grand tirage je demande aux enseignants d’aujourd’hui de donner la même chance dont ils ont bénéficié par des enseignants pour qu’ils soient eux aussi des enseignants, ensuite des syndicalistes.

Qu’ils donnent cette même chance à nos enfants de réussir demain. Ces enfants doivent eux aussi soit devenir des enseignants ou d’autres cadres ou des agents de développement au service de leur pays afin de s’épanouir. Par conséquent je ne suis pas d’accord qu’on puisse hypothéquer leur avenir. J’ai plus de 7 millions d’élèves qui sont tous mes enfants. Je souhaite leur assurer la réussite, une éducation, une formation. C’est la mission que le président de la république son excellence Alassane Ouattara m’a confié. Je souhaite l’assumer en toute responsabilité. Que chacun donc assume son rôle. Les enseignants doivent continuer d’enseigner afin d’assurer l’avenir de ces enfants-là et non l’hypothéquer. » A-t-elle souligné.

S. W. depuis Ouragahio
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