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Entretien exclusif avec Modibo Mao Makalou, économiste : beaucoup de fantasmes et contrevérités se disent sur le franc CFA

Publié le lundi 13 mai 2019  |  Bamada.net
Modibo
© Autre presse par DR
Modibo Mao Makalou, économiste.


Modibo Mao Makalou, dont l’expertise est reconnue en matière économique et financière, au-delà des frontières du Mali, est titulaire d’un MBA International Business décroché aux Etats-Unis d’Amérique, plus précisément à The American University de Washington, D.C, après une Maîtrise en sciences économiques de l’Université de Montréal, entre autres diplômes obtenus. Du haut de ses 54 ans, il affiche une vie professionnelle bien remplie, avec des références qui englobent de prestigieuses multinationales et des organisations internationales. Mais nous retiendrons surtout que, de janvier 2004 à février 2017, il fut Responsable de la conception et du suivi-évaluation des politiques et stratégies de développement et de la gestion de l’aide extérieure au sein de la Mission de Développement et de Coopération de la Présidence de la République, à Koulouba, avant de devenir le Coordonnateur de l’Unité de Partenariat Public-Privé à la Primature du Mali. Dans cet entretien exclusif, il décortique la problématique du franc CFA et démontre, arguments à l’appui, que trop de fausses informations sont diffusées sur cette question.


Aujourd’hui-Mali : Il y a des gens qui pensent que la problématique du Fcfa est une question éminemment politique, alors que d’autres continuent de soutenir que cela relève de l’économie. Qu’en pensez-vous ?

Modibo Mao Makalou : Question très pertinente ! Vous savez, c’est Thomas Jefferson, troisième président des Etats-Unis d’Amérique, qui disait : celui qui contrôle l’argent de la nation contrôle la nation. La monnaie est donc un instrument de souveraineté. Battre monnaie, c’est un pouvoir régalien de l’Etat et si vous n’êtes pas un Etat, vous ne pouvez pas battre monnaie. Mais ça n’a pas toujours été comme cela car même aux Etats-Unis d’Amérique et ailleurs dans l’Empire coloniale, c’étaient les compagnies privées qui émettaient la monnaie, mais sous le contrôle de l’Etat.

Rappelons qu’en France, c’est Napoléon qui a créé la Banque de France au début du 19è siècle.

La monnaie, c’est éminemment politique parce que la politique monétaire fait partie de la politique économique générale. La politique monétaire et la politique budgétaire ou fiscale sont les deux leviers sur lesquels s’appuient le gouvernement, l’objectif étant l’amélioration des conditions des populations, le plein-emploi, la baisse de l’inflation, c’est à dire l’augmentation du pouvoir d’achat.

A votre avis, le débat entretenu autour du franc CFA est-il opportun, si l’on sait que la Cédéao et l’Union africaine travaillent, chacune de son côté, pour la création d’une monnaie unique, avec un agenda établi ?

Vous savez, le projet de Fonds monétaire africain et de Banque centrale africaine avaient été émis depuis les pères-fondateurs de l’Organisation de l’unité africaine (OUA). C’était un de leurs grands objectifs et Kwame Nkrumah, qui était vraiment le maître d’œuvre de cette unité africaine, disait que “L’Afrique doit s’unir ou périr”.Cela veut dire que, soudés, les Africains peuvent représenter une puissance importante à l’échelle internationale. Aujourd’hui, nous sommes 1 milliard 250 millions d’Africains. Donc nous serions, après les Chinois et les Indiens, la troisième nation au monde, en terme de population, mais aussi en terme de Produit intérieur brut (PIB). Malgré nos lacunes, notre manque d’industrialisation et de progrès économique, nous serions la 5è ou la 6è nation en terme de puissance économique déjà au niveau du PIB, devant la France et probablement au même niveau que l’Inde ou tout juste devant l’Inde, si les Africains s’unissaient et étaient arrivés à faire des économies d’échelle, à créer un marché intérieur important pour commercer entre eux, échanger entre eux et avec les autres ; s’imposer plutôt que subir les termes de l’échange, en sortant de l’économie de traite, l’économie coloniale dans laquelle nous sommes encore de nos jours en exportant des matières premières brutes pour importer des produits manufacturés, ce qui ne peut être à notre avantage.
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