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Le projet WACA et les populations de Grand Lahou engagent le combat contre l’érosion côtière

Publié le mardi 18 juin 2019  |  Ministères
Démarrage
© Autre presse par DR
Démarrage des activités du projet d’Investissement pour la Résilience des zones côtières ouest-africaines (WACA-ResiP) en Côte d’Ivoire
Mardi le 11 juin 2019. Le projet d’Investissement pour la Résilience des zones côtières ouest-africaines (WACA-ResiP) en Côte d’Ivoire a procédé au démarrage de ses activités dans la Région des grands ponts, sa zone pilote d’intervention


Le projet d’Investissement pour la Résilience des zones côtières ouest-africaines (WACA-ResiP) en Côte d’Ivoire a procédé au démarrage de ses activités le 11 juin 2019 dans la Région des grands ponts, sa zone pilote d’intervention. C’était à l’occasion d’un atelier de sensibilisation des parties prenantes de Grand-Lahou, Lahou-Kpanda, Braffedon, Groguida et Likpilassié. L’objectif de cet atelier présidé par François KOUABLAN, Directeur de Cabinet, représentant Séka Séka Joseph, Ministre de l’Environnement et du Développement Durable, était de permettre une bonne compréhension du projet, susciter l’adhésion des parties prenantes au niveau local et créer de ce fait, les conditions favorables pour une résilience des populations locales.
« Je voudrais vous inviter à vous tenir à la disposition des acteurs qui viendront sur le terrain en leur fournissant les informations nécessaires, afin de trouver les meilleures solutions pour vous. Comme à l’hôpital, c’est le malade qui explique en premier lieu son mal avant que le Médecin ne suggère de faire telle ou telle analyse, ce qui aide à poser le diagnostic et à proposer les soins à faire. C’est exactement la même chose pour ce type de projet qui nécessite de comprendre ce qui se passe au niveau de l’embouchure, comment cette situation affecte vos différentes activités, ce qui permettra de proposer des solutions ». C’est en ces termes que François KOUABLAN, a exhorté, au nom du Ministre de l’Environnement et du Développement Durable, les populations des localités cibles du projet à s’impliquer dans la réalisation des activités du projet WACA en leur faveur.
Cent cinquante personnes au total ont participé aux travaux de cet atelier qui a permis de présenter le projet et le rôle des parties prenantes, d’échanger sur leurs attentes et recueillir leurs propositions de solutions face aux impacts de l’érosion côtière. En effet, le village des pêcheurs, le cimetière de Lahou Kpanda et bien d’autres infrastructures de certaines localités de la zone côtière de Grand Lahou subissent d’important dommages causés par la mer. Chaque année, selon les experts, le trait des côtes recule de 1 à 3 mètres. Une situation qui impacte fortement la vie des populations riveraines notamment au niveau économique, social et culturel. Or, la croissance économique enregistrée en Côte d’Ivoire dépend fortement des ressources naturelles telles que la pêche, les produits pétroliers, les minerais et le bois.
Le projet Waca-ResiP, lancé en 2018 à Abidjan, a choisi la zone de Grand-Lahou comme zone pilote du projet en raison de l’accélération des impacts de l’érosion côtière.
« En Côte d’Ivoire en général et particulièrement dans le département de Grand-Lahou, l’érosion côtière perturbe non seulement les populations, mais aussi fortement la pêche. Les effets de l’érosion côtière ne sont pas récents, ils se sont accrus au fil du temps. », a rappelé Michel SEGUI, PRESIDENT de la Société Coopérative simplifiée SCOOPS WALE des artisans pêcheurs de Grand Lahou. Il a évoqué plusieurs événements majeurs, à savoir le déplacement de Braffedon entamé en 1962 du fait de l’érosion côtière. La quasi-totalité de la population de cette localité vit désormais de l’autre côté du fleuve BANDAMA, la dernière personne à partir de l’ancien Braffedon étant Michel SEGUI lui-même en 1992. La relocalisation de l’administration de Grand-Lahou en 1973 à 15km de l’intérieur des terres pour prendre le nom de Lahou2, l’actuel ville de Grand-Lahou.
« Nous sommes surpris par ces marées houleuses, car elles sont fréquentes et sporadiques toute l’année, d’où de nombreuses pertes en matériels et en vies humaines notamment la disparition de 4 pêcheurs en mer en février 2016. Une forte chaleur est ressentie, suivie de grosse goutte de sueur durant la pêche. Le fleuve BANDAMA est fortement ensablé, avec pour conséquence un faible débit fluvial qui entraine une pêche difficile à pratiquer, le Parc National d’AZAGNY, unique forêt côtière de mangrove regroupant de riches espèces de la faune aquatique et terrestre, est menacé du fait du réchauffement du fleuve, etc. », a déclaré le président de la coopérative des artisans pêcheurs de Grand-Lahou.
« C’est pour résoudre ces questions liées à l’érosion côtière et à la gestion des ressources halieutiques que la Banque mondiale, en réponse aux requêtes du gouvernement, a lancé le Programme de Gestion du Littoral Ouest africain (WACA) au niveau ouest-africain » a indiqué Ochou Abé Delfin, Coordonnateur du projet WACA en Côte d’Ivoire. Il a ajouté qu’à cet effet, en Côte d’Ivoire, plusieurs études sont prévues par le projet afin d’identifier les actions concrètes à mener sur le cordon sableux en vue de sa stabilisation et soutenir les populations ayant perdu leurs moyens de subsistance, par la création d’activités génératrices de revenus. Ce qui permettrait de redynamiser l’économique locale et particulièrement la pêche qui générerait de nombreux emplois directs et indirects en amont comme en aval à travers 15 à 20 sous-secteurs. Selon le Coordonnateur du WACA, le projet contribuera à la réduction des pertes post captures hautement élevées par la l’accroissement de la production halieutique qui a est passée drastiquement de 283,482 kg en 2013 à 173,145 kg en 2019.
C’est donc, visiblement rassurées par le démarrage effectif de ce projet dans leur région, que les populations de Grand Lahou ont participé activement aux travaux de cet atelier notamment à travers des focus groupes. Au cours des échanges, les autorités administratives, les représentants des structures et organisations étatiques et la société civile, les chefs coutumiers, les représentes des femmes mareyeuses, de la jeunesse et des pêcheurs et les élus ont expliqué les impacts de l’érosion côtière sur leurs localités. « Lahou-Kpanda est menacé de disparition. Le village des pêcheurs est en train de faire place à la mer, notre cimetière est en train de disparaître sous la pression marine, nous ne trouvons plus assez de poisson. Nous sommes donc très heureux que le projet WACA démarre pour nous aider à trouver des solutions contre l’avancée de la mer », a expliqué le chef du village de Lahou Kpanda.
Les populations de Grand-Lahou attendent donc beaucoup de ce projet qui les implique dans sa mise en œuvre. Ainsi, comme par le passé, ces populations riveraines nourrissent l’espoir que les activités de ce projet favoriseront la restauration de la végétation aquatique, l’intensification des échanges biologiques entre la mer et la lagune avec pour conséquence l’augmentation et la diversification de la production halieutique, la régularisation des remontés des eaux froides, la restauration d’un climat propice à la pêche, la maîtrise du calendrier des marées houleuses.
Comme l’a indiqué le représentant du Ministre de l’Environnement et du Développement Durable, les activités bénéficieront directement aux communautés vulnérables de la commune de Grand-Lahou, zone pilote du projet, à celles vivant autour du Parc National d’Azagny et du Parc National des Iles Ehotilé, ainsi qu’à celles vivant le long de la côte. Les femmes, les jeunes, toutes les personnes vivant sur les terres marginales (bande de sable de Lahou-Kpanda) et sur les îles-barrières et près des lagunes, les personnes travaillant dans les secteurs de la pêche, de l’agro-industrie et du tourisme situées près des sites du projet pourront également en bénéficier.

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