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Soutien de famille en Guinée, le cafetier Mohamed Diallo s’en sort à Abidjan

Publié le mercredi 3 juillet 2019  |  APA


Mohamed Diallo, jeune guinéen installé en Côte d’Ivoire depuis cinq ans, prend en charge «décemment» sa famille restée à Conakry grâce à son activité de cafetier ambulant qu’il exerce depuis deux ans à Abobo, l’une des communes les plus peuplées de Côte d’Ivoire située dans le Nord d’Abidjan.

C’est au rond-point de la mythique gare de cette commune que Mohamed croise la plupart de ses clients tôt dans la matinée, tirant son cyclo-pousse.

Du café ou du thé, selon votre préférence, il vous le sert dans un petit pot contre 100 FCFA avant de poursuivre son chemin vers d’autres endroits de ce quartier populaire.

Dans cette activité, il ne connait pas de jours de repos, son volume horaire de travail étant compris entre 6h et 17h.

« J’exerce ce travail de marchand ambulant de café et de thé il y a presque deux ans et c’est à la gare ici que je rencontre le plus d’acheteurs tous les matins. Au départ, je pouvais gagner quotidiennement entre 10.000 FCFA et 15.000 FCFA, mais maintenant, à cause du nombre croissant de jeunes qui exercent ce commerce, je gagne entre 4000 FCFA et 5000 FCFA par jour. Mais j’arrive tout de même à m’occuper décemment de mon épouse, ma fille et ma mère qui sont à Conakry », explique à APA le jeune marchand de café, la trentaine révolue et émigré en Côte d’Ivoire depuis 2014.

« Je suis d’abord allé à San-Pedro (Sud-ouest ivoirien) où je vendais dans une boutique avant de venir m’installer à Abidjan il y a deux ans. A mon arrivée, j’avais le choix de faire un autre métier, mais j’ai opté pour la vente ambulante de café car mon insertion était plus facile à cause de mes compatriotes qui exerçaient déjà le même travail », ajoute Mohamed, soulignant que le secteur de la vente ambulante de café à travers les charrettes à Abidjan est dominé à plus de 50% par ses compatriotes.

Malgré la bonne marche de ses activités qui lui permettent de s’occuper des siens au pays, le jeune guinéen envisage toutefois de se lancer dans un business plus lucratif dans la capitale économique ivoirienne à cause des nombreuses entraves à la vente ambulante de café.

« Je paye une patente de 23.500 FCFA et valable pour six mois. Malgré cela, nous sommes souvent traqués par des agents municipaux qui nous empêchent d’exercer correctement notre activité », a-t-il déploré, ajoutant que « des syndicats du transport nous imposent eux-aussi une taxe quotidienne de 300 FCFA ».

Mais « sans tous ces obstacles, c’est un investissement qui est rentable. Mon revenu mensuel avoisine les 150.000 FCFA sinon plus grâce à cette activité », s’est réjoui le jeune marchand ambulant.

Selon un rapport du Fonds monétaire international (FMI) publié en juillet 2017, l’économie informelle en Côte d’Ivoire oscille entre 30 et 40% du Produit intérieur brut (PIB).

Par ailleurs les résultats de l’enquête nationale sur la situation de l’emploi et le secteur informel de 2016 notent que l’emploi en Côte d’Ivoire est presque exclusivement informel (93,6%), quelle que soit la caractéristique sociodémographique.



LB/ls/APA
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