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Auteure du livre ‘‘Les États Unis et le Rwanda génocidaire’’ - Titi Palé: “Nous allons gagner le combat de la CEI et de l’enrôlement”

Publié le mercredi 17 juillet 2019  |  L’intelligent d’Abidjan


L’ivoirienne Titi Pale est titulaire de deux doctorats dont un en anthropologie sociale, obtenu depuis le 02 février 2016 à l’Université de Paris 8. Ayant déjà à son actif plusieurs ouvrages, elle vient de publier à l’Harmattan-Paris, dans la Collection Afriques en mutations, dirigée par Ange Bergson Lendja Ngnemzué, PhD, HDR, « Les États-Unis et le Rwanda Génocidaire : Comprendre un manquement diplomatique fatal ! » Entretien !
Vous êtes une chercheuse spécialisée dans les questions de communication et la situation sociale des femmes victimes de la crise ivoirienne. On sait que vous avez fait des recherches dans ces deux domaines, couronnées notamment par un doctorat en anthropologie sociale à l’université Paris 8 en 2016 et par un doctorat en communication politique à l’université de Bordeaux 3 Montaigne en 2018. Vous venez de publier un ouvrage sur les États-Unis au Rwanda génocidaire. Comment atterrissez-vous sur cette question un peu loin de votre terrain d’étude habituel qui est la Côte d’Ivoire en crise?
Vous avez lâché le mot clé « la crise » ! Je travaille sur les situations de crise et de tension sociale parce que je pense qu’il est important pour tout chercheur en sciences sociales de s’attarder sur les conditions du délitement des liens sociaux qui débouche sur la crise, et de réfléchir sur les ressources de la résilience, et des contributions de tous ordres qui peuvent permettre un retour à un vivre-ensemble juste et convivial.
Je pose mes valises de chercheuse partout où le lien social est distendu, ou a besoin d’être réfléchi et consolidé. C’est un engagement intellectuel et civique qui me motive à chaque fois que je dois me pencher sur un sujet de recherche…

Oui, mais pourquoi précisément le Rwanda ?
J’en viens…J’ « atterris » comme vous le dites sur la question du Rwanda pour deux raisons. D’abord, le génocide est le paroxysme de la haine de l’autre, qui, pour le cas d’espèce, débouche sur le meurtre de masse planifié. C’est pourquoi les faits relevant de ce type de crimes ne sont jamais juridiquement prescrits.
Pour les chercheurs et les différents acteurs de la vie sociale et politique africaine, étudier le génocide rwandais, sa mécanique et ses effets sur les masses va constituer durablement un cas d’école sur ce qu’il faut absolument éviter en toutes circonstances.
De ce point de vue, revisiter le génocide rwandais peut avoir du sens par ces temps de retour de la violence verbale entre communautés ethniques et de tentations identitaires dans le champ politique, en Côte d’Ivoire et ailleurs en Afrique.
Ensuite, vous devez savoir que parallèlement aux études doctorales que j’ai menées et que vous avez évoquées en début d’entretien, je m’intéresse aux questions diplomatiques.
J’ai fait des études diplomatiques à l’Institut diplomatique de Paris (103 rue de Grenelle dans le 7ème arrondissement) et les ambiguïtés des États-Unis à la veille du génocide rwandais étaient au cœur du sujet de recherche pour le mémoire académique que j’ai soutenu en 2018 pour mon master en Diplomatie. Ce livre en est issu.

Quel intérêt de commémorer le génocide du Rwanda, vingt-cinq ans après le génocide ?
Vous savez, le génocide rwandais est le seul au monde qui fait l’objet d’une commémoration réunissant chaque année au moins une trentaine de délégations à Kigali. Le plus important n’est pas de savoir si les autorités rwandaises n’en font pas une tribune pour faire de la politique et masquer des aspects importants comme l’implication de certains membres du gouvernement actuel dans ce carnage que fut l’extermination des Tutsi et des Hutu modérés.
Le symbole de ces commémorations est important: les plus hauts représentants des institutions internationales comme l’Organisation des Nations Unies, l’Union européenne ou l’Union africaine et de nombreux chefs d’État font chaque année le déplacement et prennent la parole à cette occasion, pour répéter qu’il est important que l’humanité renonce définitivement à tout ce qui peut menacer le vivre-ensemble et conduire au meurtre de masse.
Ce n’est pas un affichage, l’affaire est très sérieuse : cette commémoration permanente montre que, lorsque des hommes, des femmes et des enfants sont morts par centaines, uniquement coupables de leurs origines ethniques.
L’oubli est la pire des fautes pour les vivants et les survivants.
Par-delà, ces commémorations cherchent à conjurer le mauvais sort, à vaincre définitivement le Mal des affrontements ethniques en Afrique, à se souvenir du génocide de 1994 au Rwanda comme le dernier en date et à faire en sorte qu’il soit le dernier, tout simplement.
... suite de l'article sur L’intelligent d’Abidjan

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