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Entente Ghana-Côte d’Ivoire sur le cacao : «une rupture historique»(Entretien)

Publié le vendredi 19 juillet 2019  |  RFI
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© Autre presse par DR
Le cacao de Côte d’Ivoire


Ivoiriens et Ghanéens ont réussi à imposer aux industriels de la filière cacao une taxe de 400 dollars la tonne. Elle servira à accroître le revenu des planteurs mais aussi, en cas de hausse, à remplir une caisse de stabilisation. Cette avancée a été rendue possible par la coopération des deux pays qui pèsent plus de 65% de la production mondiale de fèves, et qui ambitionnent de créer une Opep du cacao. François Ruf, économiste au CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) et spécialiste du cacao, répond aux questions d'Olivier Rogez.

RFI : Est-ce que le fait que le Conseil Café Cacao ivoirien et son homologue ghanéen, le Cocoa Board, travaillent désormais ensemble peut leur permettre de contrôler le marché mondial du cacao, et donc les prix ?

François Ruf: Tout d’abord, le simple fait que ces deux organismes se parlent et travaillent ensemble constitue une rupture historique. Mais quant à savoir s’ils vont contrôler le marché, c’est encore difficile à dire. Cependant, ils ont désormais un poids significatif Si on se réfère à la fin des années 1980 quand le président ivoirien, Félix Houphouët-Boigny, avait lancé un bras de fer avec les multinationales, il avait perdu parce que la Côte d’Ivoire ne représentait que 30% de la production mondiale. C’était énorme mais cela ne suffisait pas à peser significativement sur le marché. Les multinationales ont laissé l’État ivoirien épuiser sa trésorerie et, à bout de souffle, la Côte d’Ivoire a dû plier. Elle n’avait pas le poids suffisant, et il n’y avait pas de capacités de stockages à la hauteur de l’enjeu. Aujourd’hui avec plus de 65% de la production mondiale de cacao pour les deux pays, le rapport de force n’est pas le même.

Les capacités de transformation des fèves se sont accrues. Est-ce un atout supplémentaire ?

Oui, sauf qu’elles sont contrôlées par les multinationales, c’est donc une arme à double tranchant. Mais je pense que les multinationales ont été réellement surprises de voir que les deux pays, et les deux institutions [de régulation de la filière cacao] que sont le Conseil Café Cacao ivoirien et le Cocoa Board ghanéen, sont capables de se parler et de s’entendre. C’est un bon signe pour les deux pays, après il faut voir si cela va durer dans le temps.

Ghana et Côte d’Ivoire collaborent si bien qu’ils harmonisent désormais les dates des débuts des campagnes cacaoyères et qu’ils tentent de faire de même avec les prix d’achat aux producteurs. Jusqu’où devrait aller cette collaboration ?
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