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Prolongement de l’autoroute à Tiébissou : Profanation des tombes les populations de Séman crient leur colère

Publié le samedi 31 aout 2019  |  Le Nouveau Réveil
Infrastructures
© Abidjan.net par Atapointe
Infrastructures économiques: A la découverte de l`autoroute du Nord
Vendredi 13 décembre 2013. Axe Singrobo-Yamoussoukro. Deux jours après son inauguration par le Chef de l`Etat, l`Autoroute du Nord a fière allure pour accueillir les véhicules en provenance d`Abidjan et la capitale politique.


Ambiance très électrique mercredi 28 août dernier, à Séman. Village situé à 4 kms de Yamoussoukro, sur l’axe Yamoussoukro-Bouaké. Les populations de cette paisible localité ont crié leur colère, lors des échanges publics qui ont eu lieu, entre le sous-préfet central de Yamoussoukro et elles. Au centre de ce mécontentement, la profanation des tombes due à un nouveau tracé de l’autoroute. La résidence du chef du village de Séman a été tôt le jeudi matin, pris d’assaut par les villageois. Informés, de l’arrivée du sous-préfet central de Yamoussoukro, Kessa Godo Benjamin, dans leur village, pour d’éventuelles informations concernant le prolongement de l’autoroute du nord, les villageois n’ont pas boudé un instant la rencontre. Vieux, jeunes, femmes, ont répondu à l’appel. Ils ont échangé avec l’envoyé de l’Etat sur plusieurs sujets notamment la traversée de l’autoroute dans ce village qui pose problème aujourd’hui.

Au cours des discussions très intenses, les populations n’ont pas manqué d’exprimer publiquement leur colère sur certains points. En effet, selon le comité villageois, depuis 2013, un premier tracé de l’autoroute a été fait, et le village devrait bénéficier de 4 kms de bitume, en procédant par l’agrandissement de la voie expresse (Yamoussoukro-Bouaké). Tous unanimes, Etat et populations, les dédommagements des cultures ont été faits. Et à leur grande surprise, il y a deux semaines de cela, on vient, par une note, leur signifier qu’il y a un deuxième tracé qui a été fait, par les techniciens de la l’entreprise en charge du prolongement de l’autoroute du Nord. Cette note signifie aux autorités traditionnelles que le nouveau tracé passera par le cimetière dudit village. Donc à cet effet, des tombes devraient être détruites. Toute chose qui n’a pas été du tout du goût des riverains. Ils l’ont fait savoir à l’envoyé de l’administration. Répondant aux préoccupations des villageois d’entrée de propos, l’hôte de marque a déclaré ceci : « Nous ne pouvons pas donner les raisons qui ont poussé les techniciens à refaire le tracé. Le tracé est fait, il faut maintenant voir, qu’est-ce qu’il faut faire pour éviter le désagrément. Le nouveau tracé a une histoire, ce tracé touche le cimetière du village. Là où sont enterrés ceux-là mêmes qui ont bâti Séman. Cela n’est pas du tout normal, mais malheureusement c’est ce qui est dans le cadre de la construction de l’autoroute. », s’est exprimé hier, en ces propos, le sous-préfet Kessa Godo Benjamin, parti pour sensibiliser les populations rurales à Séman. Acculé de questions, au cours des échanges publics, l’administrateur civil, au nom de l’Etat de Côte d’Ivoire, a plaidé de la manière suivante : « Le peuple Baoulé, on le sait, a beaucoup fait de sacrifices. A la réalité, Séman s’est trop sacrifié pour la construction de Yamoussoukro, pour que cette capitale soit rayonnante. Séman c’est le berceau de Yamoussoukro. Mais, chères populations, je vous demande, au nom de l’Etat, de terminer ce que vous aviez commencé. C’est-à-dire continuer de faire le sacrifice pour le développement du pays. Si d’aventure, une tombe devrait être déplacée, c’est avec tous les honneurs possibles que l’Etat rendra au défunt ». C’est cette adresse pleine d’aveux qui finira par faire déborder le vase. Des jeunes, surexcités dans la l’assemblée, vont pousser des cris d’opposition devant l’autorité administrative. « Nous ne sommes pas d’accord, nous n’accepterons pas qu’on vienne profaner les tombes de nos ancêtres, ici sur nos terres. Les machines vont d’abord passer sur nos corps avant d’arriver au cimetière. », ont menacé les villageois. Le calme une fois revenu, à l’hôte du jour de reprendre la parole, pour dévoiler les ambitions de l’Etat, concernant le paiement des purges des droits coutumiers : « Il y a un principe qui a été acquis. Nous ne sommes pas venus pour créer des précédents. La purge des droits coutumier sera muée en œuvre sociale. Votre hôpital sera réhabilité et une école sera construite, ainsi qu’un marché pour les femmes, avec une bretelle qui va traverser le long de la voie. Le dédommagement des cultures sera fait. Voici, entre autres, le message que je voulais vous porter, en sollicitant votre indulgence », a-t-il déclaré.

Le message de l’émissaire de l’Etat, loin d’être compris par les villageois, a encore suscité le courroux de ceux-ci. Et aux autochtones de poser un préalable au sous-préfet central de Yamoussoukro : « Tant que nous ne voyons pas, nos autorités, à savoir, le gouverneur du District autonome de Yamoussoukro, le maire de la commune de Yamoussoukro, nos deux députés, nous ne pourrons donner suite à ce problème qui nous a été posé. Si on a des parents qui décèdent où allons-nous les enterrer ? », a martelé N’guessan Georges, un habitant dudit village. Malgré l’exposé, grandeur nature du sous-préfet qui aura duré un peu plus de sept heures d’horloge (7h à 14h 18 mn), les échanges se sont terminés en queue de poisson. Notons que le sous-préfet, Benjamin Godo Kessa, était accompagné de nanan Konan Kan, chef de Kami pour cette mission de sensibilisation.

JEAN PAUL LOUKOU
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