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Santé: La lutte contre les avortements clandestins enregistre des «avancées» en Côte d’Ivoire

Publié le samedi 22 fevrier 2020  |  APA


La lutte contre les avortements clandestins enregistre ces dernières années des «avancées» en Côte d’Ivoire où la loi autorise désormais l’avortement d’une grossesse contractée à l’issue d’un viol, a annoncé, vendredi, Honorine Adou, la présidente de Action contre les grossesses non désirées et à risque (AGnDR), une coalition d’organisations de la société civile qui œuvre à la réduction de la mortalité maternelle.

Dans le cadre de sa campagne de sensibilisation et de plaidoyer, cette coalition a validé, vendredi à Abidjan, à l’issue d'un atelier de soixante-douze heures, un programme de E-campagne pour lutter contre les avortements clandestins en Côte d'Ivoire.

Cet atelier a notamment réuni, des journalistes, des blogueurs, des infographes et des vidéographes pour définir et valider les messages de cette E-campagne qui sera à sa deuxième phase après celle du quatrième trimestre 2019.

« L'objectif de cette campagne, c'est de faire en sorte que la Côte d'Ivoire puisse harmoniser ses textes avec le protocole de Maputo qui a été signé et ratifié», a dit à APA Honorine Adou, la présidente de l'AGDnR.

Selon elle, au terme d'une année d'activité de son organisation, les autorités ivoiriennes ont été «réceptives » au plaidoyer. « Avant l'avortement n'était autorisé (en Côte d’Ivoire) que lorsque la vie de la mère était gravement menacée. Mais aujourd'hui, on a une avancée avec la prise en compte des cas de viol», a-t-elle fait savoir.

Poursuivant, elle a ajouté au titre des avancées, qu'aujourd'hui, si une grossesse a été contractée à l'issue d'un viol, la victime peut avorter si elle le veut parce que la loi lui permet. « Donc, nous disons que c'est une avancée notable, mais c'est insuffisant parce que les cas de malformation du fœtus, la santé mentale et physique de la mère ne sont pas encore pris en compte», a-t-elle déploré.

Action contre les Grossesses non Désirées et à Risque (AGnDR), un groupe thématique issu de la Coalition de la société civile pour la santé de la reproduction et de la planification familiale, créé le 22 février 2019, mène depuis un an un plaidoyer auprès des autorités pour l’application du protocole de Maputo en Côte d’Ivoire.

La première phase de son plaidoyer a consisté à l’élaboration de messages d’information et de sensibilisation de la population en général et des utilisateurs des réseaux sociaux en particulier sur les conséquences de l’avortement clandestin et la ratification du protocole de Maputo par l’Etat.


La deuxième phase du plaidoyer de cette organisation qui débutera en mars avec cette E-campagne vise à améliorer la communication sur l'avortement dans le pays. En Côte d'Ivoire, le taux de mortalité maternelle est de 614 décès pour 100 000 naissances vivantes dont une part (18%) relève des complications de l’avortement clandestin.

A travers le projet RESOnance, l’AGnDR bénéficie du soutien financier et technique de Pathfinder International, une organisation mondiale américaine à but non lucratif qui se concentre sur la santé génésique, la planification familiale, la prévention et les soins du VIH / SIDA et la santé maternelle.

Le Projet RESOnance est déployé dans trois pays que sont le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et la République démocratique du Congo (RDC).

LB/ls/APA
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