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JIF 2020 : “Le métier de conducteur d’engins lourds n’est pas l’apanage exclusif des hommes” (Mme N’dri Laurette)

Publié le vendredi 6 mars 2020  |  AIP
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© AIP par DR
Mme N’Dri Affoué Laurette Epse Alassane, est conductrice de gros engins (camions de chargements et déchargements de conteneurs des bateaux) à Abidjan Terminal, une filiale du groupe Bolloré Transport et Logistics


Abidjan – Mme N’Dri Affoué Laurette Epse Alassane, est conductrice de gros engins (camions de chargements et déchargements de conteneurs des bateaux) à Abidjan Terminal, une filiale du groupe Bolloré Transport et Logistics. Mariée et mère de quatre enfants, elle nous entretient sur ce métier méconnu du grand public.

Depuis quand êtes-vous conductrice de gros engins à Abidjan Terminal ?
Mme N’Dri : Je suis employée ici depuis quatre ans. Auparavant, j’exerçais des petits métiers au Port autonome d’Abidjan (PAA) et j’ai eu vent qu’il y avait un recrutement à Abidjan Terminal, j’ai postulé et j’ai été retenue.

Quelle est votre formation de base ?
Mme N’Dri : J’ai dû abandonner les études en classe de 2nde, faute de moyens financiers. Je faisais la vente de beignets et je me suis retrouvée au PAA exerçant divers métiers au port de pêche. Comme j’aimais le métier de conducteur, j’ai passé un permis de conduire toutes catégories et j’ai exercé comme cariste (voiture avec des fourchettes) d’abord en contrats, avant d’être recrutée et bien formée pour conduire les engins lourds dans le terminal à conteneurs de Vridi, géré par Abidjan Terminal.

Comment organisez-vous votre Journée ?
Mme N’Dri: Nous devons être au poste à 6h 45 et voir le programme de répartition des équipes. Je suis toujours à l’heure puisque j’habite le quartier de Vridi-cité, situé à moins de 15 minutes de mon lieu de travail. Nous débutons le travail vers 7h30. Nous avons des pauses chaque trois heures, pour descendre à 17h. Chacun peut charger/ décharger au moins 500 conteneurs/jour.
Lorsque j’arrive à la maison, je fais mon devoir d’épouse, m’occupant des enfants, de ma maison, de la cuisine avec mon aide-ménagère. Je félicite mon époux qui est compréhensif : nous nous complétons et mes enfants sont mes premiers « fans ».

Quelle est la particularité de votre travail ?
Mme N’Dri: J’aime mon métier, en plus, vu que nous ne sommes que deux femmes sur le site, pour une cinquantaine d’hommes. Ils nous prennent comme leurs égaux, il y a donc une parfaite harmonie dans notre travail qui se fait en équipe. Aussi, il nous faut être concentrés et très habiles, car ce sont des marchandises fragiles que nous transportons dans des conteneurs qui sont aussi très lourds. Par exemple, prendre un conteneur et le mettre en un emplacement dédié, ou encore, le prendre pour le charger sur un camion qui doit aller le livrer au partenaire/client, c’est cela notre travail. Mais tout cela est un travail d’équipe avec du matériel, des logiciels adaptés. Sinon, ce n’est pas un travail difficile en tant que tel. Nous essayons de donner satisfaction à ceux qui nous ont fait confiance.

Quel appel pouvez-vous lancer aux jeunes filles ?
Mme N’Dri : La dignité n’a pas de prix. Je conseillerais et j’encourage les jeunes filles de se battre dignement et de s’intéresser aux métiers que l’on pense « réservés aux hommes ». Nous savons tous que ce genre de travail, lorsqu’une femme l’exerce, elle le fait avec tout son dévouement et même souvent mieux que les hommes. Nous espérons que nos patrons sont satisfaits de notre travail. Ce travail doit être connu de tous et même des jeunes hommes, car il y a a du travail dans ce domaine.


(AIP)
Interview réalisée par Sonia Tra Lou

tls/kam
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