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Entre résistance au temps et abandon des acquis infrastructurels, 45 ans après, après la fête tournante de l’indépendance à Dimbokro

Publié le mercredi 29 juillet 2020  |  AIP


Dimbokro, Ancienne capitale de la boucle du cacao, Dimbokro a bénéficié d’un certain nombre d’infrastructures qui ont été renforcées en 1975 par des investissements massifs liés à la réception de la fête tournante de l’indépendance. En cette veille du 60 ème anniversaire de l'accession de la Côte d'Ivoire à la souveraineté nationale, certains de ces acquis qui ont fait la fierté de la ville, résistent toujours au temps quand d’autres sont abandonnés et fortement dégradés.

De nombreuses infrastructures construites en 1975 à la faveur de la fête de l’indépendance résistent au temps

Plusieurs infrastructures qui ont été construites en 1975 à la faveur de la fête de l’indépendance, résistent encore au temps. Il s’agit de la gare ferroviaire, du stade Koné Samba Ambroise, de la résidence du chef de l’Etat, de la résidence du préfet, des bureaux de la préfecture, de la trésorerie départementale et d’une extension de l’hôpital, L’assainissement des quartiers Blaidy et Comikro avec l’aménagement d’une place de l’indépendance.

La gare ferroviaire

Défraîchie par le temps et ayant perdu de sa splendeur, la gare ferroviaire de Dimbokro a été inaugurée vendredi 5 décembre 1975 par l'ancien président de l'Assemblée nationale, Philippe Grégoire Yacé. D'un coût global de 210 millions FCFA, elle comprenait une salle d’attente, un guichet spacieux et un restaurant. « On l’appelait la nouvelle gare. Elle était magnifique, mais aujourd’hui, il n’y a rien, tout est dégradé », déplore un ancien cheminot, appelant les responsables de la SITARAIL à penser à une réhabilitation.

Le stade Koné Samba Ambroise




Démarré le 15 avril 1975, la construction du stade Koné Samba Ambroise s’est achevée en quelques mois pour abriter, le 6 août 1975, la finale de la coupe Félix Houphouët Boigny de football entre l’ASEC d’Abidjan et le Stella club d’Abidjan. Un match qui s’est soldé par un score de quatre buts à deux en faveur des Mimos.

Son inauguration a eu lieu le 4 décembre. Le complexe sportif offre un terrain de football, deux terrains de volley ball, deux terrains de basket, un de handball et une piste d’athlétisme.

Après une période de gloire qui a fait naître des sportifs de haut niveau dans la région, le stade Koné Samba Ambroise plonge dans un délabrement avancé qui va durer plusieurs décennies. Il a fallu la visite d’Etat du président de la République, Alassane Ouattara dans la région du N'Zi, du 25 au 28 septembre 2019 pour qu’il soit partiellement rénové. En outre, il est inscrit par le ministère des Sports sur la liste des stades à rénover entièrement pour servir de cadre d’entrainement à certaines équipes lors de la coupe d’Afrique des nations que la Cote d’Ivoire abritera en 2023.

Les résidences du chef de l’Etat et du préfet et les bureaux de la préfecture, la trésorerie départementale et l’hôpital

Situées au quartier résidentiel, les résidences du chef de l’Etat et du préfet se font face. Ces deux structures, tout comme la trésorerie départementale présentent fière allure car ayant subi une cure de jouvence lors de la visite d’Etat en septembre 2019. L’hôpital, grâce à son extension d’alors est devenu un centre de santé de premier plan dans la région du N’zi.

Les quartiers Blaidy et Comikro, la place de l’indépendance et l’avenue des martyrs

Les quartiers Blaidy et Comikro assainis à la faveur de la fête de l’indépendance en 1975, ont en vérité, perdu de leur éclat d’il y a quatre décennies malgré les efforts consentis par les autorités municipales actuelles. « En prélude à la fête de l’indépendance, toutes les maisons de particuliers qui longent le boulevard de l’indépendance ont été recensées et rénovées gratuitement», affirme une sexagénaire, Marie Paule Konan, qui, un brin de sourire aux coins des lèvres, raconte avoir fait partie de ceux qui ont défilé, le 7 août 1975, devant le président Felix Houphouët Boigny.

Dans un soupir, les yeux presque larmoyants, elle affirme qu’il y avait deux tribunes bâtis à l’emplacement actuel de la croix rouge. Elle regrette leur destruction à cette place de l’indépendance. «Une place mythique», qui, avec son boulevard bien goudronné, a servi au défilé militaire et civil. « Aujourd’hui, il y a des broussailles et des eaux usées partout. C’est pas bon », murmure-t-elle d’une voix presqu’inaudible, rappelant l’énorme travail abattu par feu le président de la République Félix Houphouët Boigny.

Elle se souvient, comme si c’était hier, de ce défilé majestueux, préparé plusieurs après-midis, durant, et même la nuit avec des torches, sur la voie qui mène à la préfecture actuelle. Elle se rappelle le grand discours délivré par N’djadjo (surnom de Félix Houphouët Boigny à l’époque) qui a arraché un tonnerre d’applaudissements. « Quand tu voyais, le président de la République Félix Houphouët Boigny et tout son gouvernement assis en train d’applaudir, c’était magnifique », ajoute-t-elle.

Un vieil enseignant à la retraite, N’goran Jacques, 65 ans environ, nostalgique de ce passé glorieux du pays, s’explique difficilement la fin de ces fêtes tournantes de l’indépendance. Une politique qui, selon lui, était la source du développement des régions du pays. Il se souvient de l’énergie qu’il a déployée en compagnie des camarades adolescents, sur le boulevard des martyrs bien resplendissant pour aller épier les invités à la réception organisée en leur honneur à l’hôtel la renaissance (SIETHO, la société ivoirienne d'expansion du tourisme et de l'hôtellerie).

A la veille de l’indépendance, dans le quartier de Sokouradjan (quartier résidentiel aujourd’hui), de nombreuses villas individuelles sont sorties de terre. Ce qui a fait dire à certains à l’époque qu’on a construit là-bas plus de maisons que dans l’ensemble de la ville pendant les cinq dernières années qui ont précédé la célébration de la fête.

Les Infrastructures routières

Dimbokro a bénéficié de plusieurs kilomètres de voies intérieures bitumées ce qui donne à la ville un aspect coquet. A la faveur de la visite d’Etat en septembre 2019, elles ont été réhabilitées et la promesse a été faite par le chef de l’Etat, Alassane Ouattara que la ville jouira très bientôt de 10 kilomètre supplémentaires de goudron.

Au niveau interurbain, le tronçon Dimbokro- Bocanda, long de 52 km, goudronné aussi à la faveur de la fête tournante de l’indépendance, est dans un état défectueux depuis de longues années. Les populations du N’zi avaient même perdu espoir pour les différentes promesses non tenues. Mais le 6 février 2020, l’espoir renaît avec le lancement des travaux de réhabilitation de la voie Dimbokro-Bocanda-Ananda par le ministre de l’Equipement et de l’Entretien routier Amédé Kouakou Koffi. Depuis le 2 juin 2020, les travaux ont effectivement démarré.

Des acquis infrastructurels de la fête de l’indépendance de 1975 tombés dans l’oubli

le grand marché de Dimbokro, l’hôtel SIETHO et le complexe industriel de l’UTEXI, deux structures pourvoyeuses d’emploi sont aujourd’hui laissées à l’abandon. Toute chose qui se justifie difficilement aux yeux des habitants de la capitale du N’zi.

Le marché de Dimbokro

Construit à la faveur de la fête de l’indépendance, le marché de Dimbokro (R+1) entièrement couvert pouvait abriter près de 1000 commerçants. Il est à l’abandon depuis 2006 où il a été ravagé par un incendie. La mairie est aujourd’hui en train de construire des extension en attendant de trouver un bailleur pour le reconstruire

L’hôtel Renaissance ou SIETHO, un joyau à la recherche de son lustre d’antan




Fort de ces 30 chambres climatisées, son bar et son restaurant, sa salle de conférence de cinquante places, ses vastes jardins et sa piscine et son terrain de basket, l’hôtel Renaissance mis en service par la SIETHO faisait la fierté des populations. Aujourd’hui dans un état de délabrement avancé, il est à la recherche de son lustre d’antan « On s’y rendait pour regarder, tellement c’était joli », confie Camara Ousmane, plus de la soixantaine. Il affirme ne pas comprendre l’abandon de ce joyau qui employait beaucoup de personnes.

Cet ancien couturier du quartier Dioulakro des années fastes, aujourd’hui converti dans le transport, croit dur comme fer que ce complexe hôtelier peut être rénové pour aider notamment le secteur du tourisme. « y a pas beaucoup d’hôtels à Dimbokro, quand il y a une vraie manifestations, les visiteurs ont des problèmes pour se loger », justifie-t-il.

En 2019, parrainant la huitième édition du festival du tourisme de Dimbokro (FESTOURDIM), le ministre du Tourisme et des Loisirs, Siandou Fofana, a promis que dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie Sublime Côte d'Ivoire, au plan intérieur, Dimbokro et sa région pourront bénéficier de cinq projets notamment la réhabilitation de l’hôtel la Renaissance, géré par l’ex-SIETHO, de 1974 à 1984.

Le complexe industriel de l’UTEXI


C’est à l’occasion de la fête de l’indépendance que feu le président Félix Houphouët Boigny a inauguré le complexe industriel de l’UTEXI. Avec ses 12 milliards de francs d’investissement, l’usine implantée sur 420 000 m2 de superficie employait environ 15000 agents, constituait le fleuron de l’industrie dans le N’zi, une région non productrice de la matière première, le coton.

Elle avait une production mensuelle qui atteignait les deux millions de mètre cube de tissus pour une consommation annuelle de 4500 tonnes de coton brut qui devrait être portée à 12500 tonnes dans la phase finale d’implantation de l’usine.

Cette unité industrielle a mis la clé sous le paillasson au grand dam des travailleurs, victime de la crise politico-militaire qui a éclaté en Côte d’Ivoire, en 2002 de même que les difficultés financières internes qui font ployer la société de textile sous une dette avoisinant les 8,5 milliards de francs CFA.

En 2014, un pool d’actionnaires ivoiriens avec à leur tête, Vassiliki Konaté reprenaient l’usine. « Nous prévoyons d’injecter au moins 10 milliards de francs CFA dans les cinq années à venir pour la première phase de notre plan de développement et nous diversifier à moyen terme. Mais l’urgence est la remise en état des infrastructures, qui coûtera2deux milliards de francs CFA », avait confié l’homme d’affaires.

L’unité industrielle a démarré effectivement ses activités en 2013, après 10 ans de fermeture, faisant naître beaucoup d’espoir dans le N’zi. Mais cette réouverture sera de courte durée. L’UTEXI est aujourd’hui dans un état désastreux avec un matériel de production vétuste, depuis longtemps à l’arrêt.« C’est vrai que c’est privé, mais l’UTEXI est le poumon de l’économie de la région. il faut que l’Etat vienne au secours pour éviter ce désastre», plaide un ex-employé Seydou Coulibaly, 69 ans.

(AIP)

ik/ask
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