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Sport Publié le mercredi 26 août 2020 | Le Nouveau Réveil

Salif Bictogo, président du Stella Club d’Adjamé : « Tout ce que nous vivons, aujourd’hui, ce sont les petites combines de la FIF »

Salif Bictogo, président du Stella Club d’Adjamé et membre de l’équipe de campagne du candidat Idriss Diallo, évoque, dans cette interview, le processus électoral en vue d’élire le prochain président de la Fédération ivoirienne de football (Fif).
Cela fait plusieurs mois que les équipes ne sont plus en activité, à cause du coronavirus. Comment gérez-vous cette situation ?
Le pire, c’est qu’il n’y a aucune nouvelle qui vient de la Fédération ivoirienne de football. Et c’est dommage pour nos athlètes. Nous essayons, à notre niveau, de nous occuper d’eux, tant bien que mal. Nous avons même repris les entrainements depuis hier (lundi dernier, Ndlr). Nous les payons malgré tout, même si ce n’est pas le salaire à 100%.

Le coronavirus a aussi été l’occasion pour la FIFA de soutenir financièrement les associations membres. Dans certains pays, des clubs ont bénéficié du soutien des Fédérations. Qu’en est-il ici ?
L’information au niveau de notre faitière est vraiment opaque. Souvent, on oublie que nous sommes les mandants et les mandataires et qu’il est tout à fait normal de nous informer sur la vie de notre faitière. Depuis le déclenchement de la crise de la Covid-19, on n’a jamais réuni les clubs pour leur faire le point de la situation. C’est le Comité exécutif qui s’est réuni pour arrêter le championnat, sans même demander l’avis des membres actifs. C’est de là qu’a même découlé une décision inique qui ne peut pas prospérer, parce que ça n’a pas de sens (Le Comité exécutif a décidé d’organiser un tournoi d’accession en Ligue 1, Ndlr). Nous sommes là, en attente. Nous apprenons que la Fifa a mis à la disposition de notre Fédération 300 millions de FCFA, que la Caf a apporté une aide. Nous sommes là, dans un mutisme total. Je pense que ça, c’est un manque de respect par rapport aux membres actifs.

Quel commentaire faites-vous par rapport au courrier de la Fifa à la Fif ?
Tout ce que nous vivons aujourd’hui, ce sont les petites combines de la Fif. Prenons le problème au sein de l’Amicale des arbitres (Amafci, Ndlr). Sharaf Aboubacar était le président de cette amicale. Mais lorsqu’il a participé à quelques réunions du “Gx”, il y a eu un coup d’Etat, appuyé par la Fédération, pour l’écarter. Alors qu’il fallait le laisser aller au bout de son mandat. Aujourd’hui, ce sont ceux qui ont fait le coup d’Etat, dont Roland Danon et Coulibaly Souleymane, qui sont à couteaux tirés. Prenons également le cas de l’Africa Sports : quand il y a une situation de fait, vous, en tant que faitière, vous venez pour arranger et non pour faire du dilatoire. A vouloir trop contrôler ceux qui sont proches, on crée des situations qui n’arrangent personne, qui n’arrangent pas notre football. Il y a aussi le cas des anciens footballeurs. On ne peut pas substituer le secrétaire général au président, qui est en France, pour avoir un parrainage. Et puis, il faut qu’on ait la culture de la démocratie dans notre Fédération. Pourquoi empêcher d’autres candidats d’avoir des parrainages ?

Lors de sa conférence de presse, le lundi dernier, Idriss Diallo a invité les acteurs du football qui souhaitent le changement à se joindre à lui. Est-ce à dire qu’il est prêt pour une union avec Didier Drogba ?
Je pense qu’on ne peut changer les choses que s’ils se mettent ensemble. Pas que je sois contre la candidature de M. Sory, mais elle me dérange un peu. Il a dit qu’il était co-pilote. Mais il a été co-pilote pour pousser le pilote dans l’abîme. Parce qu’il y a eu beaucoup de turbulences. Il est resté neuf ans comme co-pilote, avec beaucoup de fonctions. Il n’a pas pu changer le nombre de clubs en Ligue 1. Aujourd’hui, il dit qu’il peut le faire. Il n’a pas pu augmenter la subvention des clubs. Il dit qu’aujourd’hui, il peut le faire. Il est quand même président de la Ligue professionnelle, donc il a pouvoir de décision. C’est pour cela que je dis que ça me gêne. Si on ne peut pas prendre de décision, on claque la porte.

Vous pensez qu’il aurait dû démissionner avant d’être candidat ?
Oui ! ça, c’est l’éthique. On a souffert pendant cette période au cours de laquelle il dirigeait. Aujourd’hui, je ne peux pas comprendre qu’il dise que tout ça va changer d’un coup de baguette magique. Alors que leur gestion, au 31 décembre 2019, nous laisse une dette colossale de six milliards de FCFA. Ça, il ne faut pas l’ignorer. Et ça figure dans les livres. Comment l’apurer ? Je plains d’ailleurs le prochain président de la Fif. Il y a un problème d’abord au niveau sportif où on est passé de quatre clubs en Coupes africaines à deux. Ensuite, il n’y a pas de compétitions de jeunes. Voilà une Fédération qui est incapable d’organiser des compétitions de jeunes. Mais qui prend une loi pour se partager 142 millions comme jetons de présence aux réunions du Comité exécutif. L’année dernière, il y a eu un semblant de compétition de jeunes. C’est nous, les présidents de clubs, qui avons tout financé. Il n’y a eu aucune aide aux clubs pour le championnat des jeunes. Et on veut que ces personnes viennent encore diriger la Fédération ?

Concernant Didier Drogba, est-ce qu’il y a des démarches qui sont menées pour un rapprochement avec Idriss Diallo ?
Oui, c’est la moindre des choses !

Et ça avance bien ? Peut-on s’attendre à une candidature Didier Drogba - Idriss Diallo ?
Inch’Allah, on verra ! En tout cas, c’est mon souhait.

Interview réalisée par EUSTACHE GNABA
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