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Pascal Affi N’Guessan, président du FPI (Côte d’Ivoire): «C’était une détention politique»

Publié le samedi 2 janvier 2021  |  RFI
Pascal
© Abidjan.net par Atapointe
Pascal Affi N`Guessan, président du Conseil régional du Moronou


En Côte d’Ivoire, le président du FPI dit « légal », Pascal Affi N'guessan, a été libéré ce mercredi 30 décembre, après presque deux mois de détention préventive. Accusé notamment de « complot contre l’autorité de l’État », il reste sous contrôle judiciaire. Cette libération intervient après une semaine de pourparlers entre le gouvernement et les forces d’opposition. Pascal Affi N’Guessan revient sur sa détention et la signification politique de sa libération, les prochaines élections législatives et le futur retour de Laurent Gbagbo au pays.

RFI : Vous sortez de près de deux mois de détention dans un lieu qui a été tenu secret jusqu’à présent. Beaucoup de rumeurs ont fusé sur les conditions de cette détention. Pouvez-vous nous raconter comment se sont passés ces deux mois pour vous ?

Pascal Affi N’Guessan : Des mois de détention sont toujours des mois difficiles. D’abord, les conditions d’arrestation ont été très compliquées, rocambolesques. On est passé tout près, je dirais, de la mort. Ensuite la détention à la Direction de la surveillance du territoire, la DST, pendant 60 heures sans voir le jour, ce n’était pas facile. Mais après, lorsque j’ai été présenté au procureur et qu’on m’a transféré par la suite à l’Ecole de gendarmerie, je dois reconnaître que là-bas les autorités de l’école, tout comme les gendarmes qui étaient commis à ma surveillance ont été corrects. En tout cas, je voudrais vraiment témoigner que l’Ecole de gendarmerie a été professionnelle et que je n’ai pas eu à subir de torture ou de quelque maltraitance que ce soit.

C’est le juge d’instruction de la cellule spéciale qui a ordonné votre libération. Il vous maintient sous contrôle judiciaire. Comment analysez-vous cette libération après deux mois de détention ?

Evidemment, nous sommes dans un procès politique, dans une détention politique. Donc, c’est toujours le politique qui a le dernier mot. Il faut situer cette libération dans le cadre du dialogue politique pour essayer d’apaiser l’environnement sociopolitique, de normaliser la vie politique en Côte d’Ivoire et puis, de relancer le processus démocratique. Et donc, c’est vraiment par rapport à cela qu’il faut qu’on apprécie ma libération. Je voudrais donc en profiter pour dire infiniment merci au président du Parti démocratique de Côte d'Ivoire PDCI Henri Konan Bédié, président de la plateforme, ainsi qu’à tous les leaders de l’opposition qui sont restés fermes sur cette nécessité de libérer les prisonniers politiques pour pouvoir relancer le dialogue. Rendre hommage à la mémoire de tous ceux qui sont tombés au cours de ces évènements, parce qu’il y a eu plus d’une centaine de morts liés à ces évènements, des milliers de blessés et des dégâts matériels énormes. Nous aurions pu faire l’économie de tout cela si nous avions accepté de nous asseoir autour d’une table pour discuter avant l’échéance électorale. Mais, il n’est jamais trop tard pour bien faire. Le pays a encore besoin de paix et de réconciliation. Donc, je salue cette initiative et j’espère que ce dialogue national, ce dialogue politique sera conduit avec sincérité, avec franchise. Toutes les questions qui divisent le pays pourront être abordées sans tabou. J’espère que pour une fois, les leaders politiques pourront s’accorder sur l’essentiel pour mettre fin définitivement à ces conflits électoraux interminables et fonder la paix et la stabilité en Côte d’Ivoire.

Donc, les recommandations, qui sont issues de ce dialogue qui a eu lieu durant votre détention, vous semblent satisfaisantes pour une sortie de crise politique ?

Le dialogue n’est pas fini puisque tous les acteurs politiques n’ont pas apposé leur signature au bas du rapport final. En tout état de cause, quels que soient les résultats auxquels nous allons aboutir, il faut savoir qu’il y a encore beaucoup de problèmes à régler et qu’il faudrait continuer à maintenir le dialogue avec le gouvernement.

Quels problèmes, selon vous, sont à régler d’urgence ?
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