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Économie Publié le jeudi 9 décembre 2010 | Le Nouveau Réveil

Cherté des produits vivriers au marché Gouro d`Adjamé - Les ménagères en colère - “Nous ne pouvons plus rien acheter”

Quelques jours après l'instauration du couvre-feu par le gouvernement Lmp, (Ndlr : il débute à 22h au lieu de 19h), force est de constater que le marché Gouro d'Adjamé ne grouille plus de monde comme de coutume. Pis, en cette période d'incertitude due à la situation politico-sociale, les ménagères crient leur colère et leur ras-le-bol face à la cherté des produits vivriers. Reportage.

Ce 9 décembre 2010, il est 11h au marché Gouro d'Adjamé lorsque nous y arrivons. Contrairement aux années précédentes où à cette heure, il était impossible de circuler dans ledit marché, puisque les fêtes de fin d'année approchent, c'est plutôt un contraste que nous avons constaté. Les femmes, le porte-monnaie dans leur main ou munies de leur petit panier, circulent et regardent d'un œil hagard les étals peu approvisionnés des commerçants. "C'est trop cher", s'exclame une dame près de nous qui discute avec le vendeur d'oignons. Ce dernier vend son kilogramme à 450 F. Ce qui irrite la cliente qui avait l'habitude de le prendre à 350 F. "On ne peut plus rien acheter ces temps-ci au marché. Tout est devenu cher et je me demande bien si l'argent de la popote que j'ai dans mon porte-monnaie suffira pour l'achat de mes provisions", nous a-t-elle confié en nous demandant d'un ton ferme de la laisser faire ses calculs. Pour Hamidou, le vendeur d'oignons, cette hausse du prix n'est pas de sa faute mais elle est due à la situation "bizarre" du pays. Car, si l'on s'en tient à ses propos, le sac de l'oignon a connu une hausse et "quand c'est ainsi, nous augmentons aussi le prix du kilogramme (kg) pour pouvoir avoir nos bénéfices", s'est-il justifié. Idem pour le kg de la tomate qui coûte désormais 750 F et également pour les différentes variétés de sac de riz que l'on trouve sur le marché.

"Ont-ils pitié de nous ?"
La viande également n'est pas à l'abri de la hausse exponentielle. De 1700F le kg à 1800 F, le kg de la viande avec os coûte aujourd'hui 2000 F, tandis que la viande sans os est de 2200F. Un prix qui donne le vertige à plus d'un client à l'instar de Mme Odile K. qui s'est posé la question de savoir si les commerçants et les politiciens ont pitié de la population, tant la situation actuelle est intenable. "Vraiment, on souffre. Je suis venue avec 5000 F et tout est cher. Je ne sais même plus ce que je vais acheter or il faut bien que je ramène quelque chose à la maison pour nourrir mes trois enfants et faire des provisions pour les jours à venir, car on ne sait pas où le pays va", a-t-elle déploré presque les yeux embués de larmes.
Jadis rempli de bananes et de camions, le secteur réservé à cet espace est presque vide. C'est un tas d'ordures qui a remplacé les camions qui, après les explications des commerçantes, ne viennent plus les ravitailler depuis le second tour de l'élection. "Pour se ravitailler, nous nous rendons à la grande gare et là aussi, il y a un prix puisque les femmes ne vont plus chercher les bananes en gros depuis le second tour de l'élection". En effet, l'on se rappelle, le 22 novembre dernier, les commerçantes, lors d'une réunion avec les responsables du ministère du Transport, au Plateau, avaient déclaré à ces derniers que les transporteurs comptaient garer leurs camions le 24 novembre. Cela, en raison de la situation sociopolitique. La conséquence bien évidente de cette situation est aujourd'hui la hausse du prix des bananes qui, pourtant, devrait connaitre une forte baisse en cette période. Le tas de trois bananes coûte 300 F, voire plus. Tout diffère d'un étal à un autre.
Les ménagères ne savent plus à quel saint de vouer, tant la situation est intenable pour elles. Elles ne demandent qu'une seule chose. Notamment, que les marchés soient approvisionnés. Et que le coût des denrées alimentaires soit à leur portée dans un contexte déjà difficile à supporter pour ces mères de famille qui prient pour que la paix règne en Côte d'Ivoire après 10 ans de crise.
Cinthia R Aka

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