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Politique Publié le vendredi 10 juin 2011 | Le Patriote

Interview : Kouadio Yao Séraphin (Président du RJDP): “Avec ADO, l’Etat voyou, c’est terminé”

Le président des jeunes de l’UDPCI, Yao Kouadio Séraphin, qui a pris les rennes du RJDP dont il est le président en exercice, se prononce sur l’actualité sociopolitique.
Le Patriote: Vous êtes le nouveau président en exercice du RJDP. Quelles sont vos priorités?
Yao Kouadio Séraphin: Le Président de la République a donné des indications. A savoir que nous devons travailler dans le cadre de la réconciliation. Faire en sorte que tous les Ivoiriens puissent se retrouver dans un Etat pour bâtir notre pays. C’est dans cette voie que nous allons nous inscrire. Parce qu’en tant que parti houphouétiste, notre cœur ne doit pas être rempli de haine. Il est donc question de travailler dans ce cadre pour restituer l’image de marque des Ivoiriens pour que la Côte d’Ivoire puisse récupérer le leadership au niveau de la sous région et aussi sur l’échiquier mondial. C’est un défi et le Président a indiqué la voie à suivre. Parce qu’il a décidé de faire en sorte que notre pays soit un pays émergent. Pour devenir un pays émergent, il faut qu’il y ait un certain nombre de valeurs.
Notamment la probité, la lutte contre la corruption. Ce sont ces choses élémentaires que nous devons faire pour que notre pays puisse être développé pour le bonheur de tous les jeunes de Côte d’Ivoire. Mais également pour l’Afrique.
LP: D’autres défis vous attendent vous en tant que leader de jeunesse. Il s’agit des élections législatives. A ce niveau quel est le combat que vous comptez mener pour que le RHDP soit majoritaire à l’Assemblée nationale afin de permettre au Président de réaliser son programme?
YKS : Effectivement, le pouvoir c’est un tout. Il y a les élections présidentielles qui confèrent un certain nombre de pouvoirs. Or pour que le président puisse décliner son programme de gouvernement il faut qu’il y ait les moyens institutionnels pour pouvoir le mettre en œuvre. Et à ce niveau notre devoir de faire en sorte que les législatives à venir nous puissions obtenir la majorité absolue à l’Assemblée nationale. C’est pourquoi la question des législatives constitue pour nous une priorité. Nous allons travailler pour réveiller nos bases. Nous allons leur dire qu’Alassane Ouattara est certes le président de la république de Côte d’ Ivoire mais il faut que nous ayons des élus sur l’ensemble du territoire national, pour que le pouvoir se consolide pour apporter le bonheur aux Ivoiriens. A ce niveau, une forte implication des jeunes est nécessaire.

LP: Le président de la république a mis en place une commission de vérité, dialogue et de réconciliation présidé par le premier ministre Charles Konan Banny, comment vous en tant que jeune leader vous la percevez?
YK.S: La commission est très importante. Les Ivoiriens doivent se parler, se dire des vérités et après tout ça on doit pouvoir se réconcilier pour qu’ensemble nous puissions reconstruire la Côte d’Ivoire.
Car sans la paix, il ne peut y avoir de développement. Le président à un programme ambitieux et il faut donc créer un environnement favorable pour que les investisseurs arrivent. On a donc besoin d’un climat sain. On ne peut faire la réconciliation sans la justice. On ne doit pas faire la culture de l’impunité au nom de la justice. Je pense que c’est un impératif pour le gouvernement. Comme le disait l’ancien président Burundais Pierre Buyoya: ‘’Il est évident qu’un gouvernement qui abdique face à l’impunité lègue à ses citoyens un avenir de profonde immoralité. Car le règne de l’impunité dans plusieurs sociétés signifie la perte du sens du sacré’’.

LP: Vous n’êtes donc pas du tout d’accord avec Mamadou Koulibaly quand il soutient qu’au nom de la réconciliation il faut libérer Gbagbo.
YK.S: Evidemment, je ne suis pas d’accord. Mamadou Koulibaly a un peu plus de chance. Sinon pour moi, il aurait pu être avec ses autres camarades. Parce qu’ils sont tous responsables de ce qui s’est passé. Il a manqué de courage en ce sens qu’au début de la crise, il a fait une proposition en demandant qu’il y ait deux présidents de la République qui vont cosigner les décrets. C’est une fuite en avant, un manque de responsabilité. Il aurait pu être un homme courageux parcce qu’il connaissait la vérité.
Il a donc participé au même titre que les autres à ce qui est arrivé à la Côte d’Ivoire.
Si pendant leur gestion, ils ne nous ont pas donnés un Etat de droit, qu’on laisse Alassane Ouattara faire de la Côte d’Ivoire un Etat de droit. Il est aujourd’hui bienséant de dire que Gbagbo, Affi N’Guessan, Sangaré Aboudramane, sont en prison. Eux au moins ils ont cette chance. Nous à l’UDPCI on ne l’a pas eu. J’aurais été très heureux de dire que Guéï est en prison. Mais ils n’ont pas donné cette chance au président Guéï et à toute sa famille .
Que Mamadou arrêté de distraire les ivoiriens. Qu’il arrête de remuer le couteau dans la plaie, parce que les Ivoiriens ont assez souffert.
On parle au bas mot de 3000 Ivoiriens qui sont tombés. Mais, il faut savoir pourquoi ils sont tombés. Si on ne sait pas pourquoi ils sont tombés on pourrait revenir perpétuellement sur ces situations. Il faut qu’on sache exactement ce qui s’est passé. Si aujourd’hui, il n’ y avait pas la justice on n’aurait pas su que les opérateurs économiques à Novotel ont été enlevés, puis après assassiné. Grâce la justice, on sait tout ça. Et cela peut réconforter les familles. Avec le président de la République, L’Etat voyou c’ est fini. Il faut qu’on remette les choses à leur place. La Côte d’Ivoire a besoin de développement, d’être un pays respecté.

LP : Le gouvernement a été formé après l’investiture du chef de l’Etat. Certains observateurs disent que vous, leaders de jeunes avez été oubliés et que vous seriez mecontents. Est-ce que vous êtes vraiment fâchés?
YK.S: L’essentiel pour nous, c’est comment trouver des solutions aux problèmes des jeunes de Côte d’Ivoire. C’est vrai qu’on n’a pas une structure qui puisse nous donner des indicateurs sociaux chaque trimestre ou chaque année pour savoir le taux de chômage pour voir un peu les différentes tendances. Sinon, les indicateurs sont véritablement au rouge. La jeunesse de Côte d’Ivoire n’a rien. L’essentiel, c’est que l’équipe qui est là puisse créer un environnement pour que les jeunes puissent trouver du travail. On serait heureux que d’ici six mois dans chaque famille au moins qu’on entende que le fils du voisin a eu du travail. Les jeunes nous interpellent tous les jours. Ils demandent de les aider à trouver du travail. Mais quand l’environnement général sera favorable, où les entreprises se créent, ils n’auront plus besoin de nous interpeller, parce que tous les Ivoiriens auront une égale chance d’accès aux emplois.
Entretien Réalisé par Yves M-ABIET
Collaboration Zana Coulibaly
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