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Santé Publié le samedi 8 octobre 2011 | Nord-Sud

Pr Gnionsahé Apollinaire (chef de service d’hémodialyse de Côte d’Ivoire) : “Début 2012, on pourra faire les premières greffes”

Le Pr Gnionsahé Apollinaire chef du service d’hémodialyse de Côte d’Ivoire explique la fréquence de l’insuffisance rénale chez les jeunes et annonce le début des greffes de reins en Côte d’Ivoire.

Quel est l’état des lieux, aujourd’hui au service d’hémodialyse?
Actuellement, plus de 100 malades sont sur une liste d’attente. Le service public enregistre 200 personnes par mois. Il nous arrive d’aller au-delà. Jusqu’ à 250. C’est un traitement à vie. Jusqu’à ce que le patient puisse bénéficier d’une transplantation rénale.

Combien de postes de dialyse avez-vous ?
Théoriquement, pour les trois centres d’Abidjan, il y en a 32. C’est dire que la capacité de traitement pour ces trois centres est évaluée à 32 postes. C’est pour cela que, dans le leasing (Ndlr : contrat d’acquisition), nous avons demandé 32 machines neuves avec lesquelles nous pourrions prendre en charge 250 à 300 personnes toute l’année. Dans ce cas, le traitement des patients peut se faire de façon satisfaisante. Cela va nous permettre aussi de réduire la liste d’attente. Mais, dans la pratique, nous avons 10 machines certains jours, et 15 parfois. Toutes les machines que nous avons sont de seconde main. Elles tombent en panne, on les répare. Aujourd’hui, par exem­ple, (Ndlr le 21 septembre au service d’hémodialyse du Chu de Cocody), nous sommes dans un centre qui est prévu pour 20 postes. Mais, seules quatre machines fonctionnent. Conséquence, les infirmiers travaillent 24 heures/24. C’est un cercle vicieux. Et c’est pour rompre avec tout cela que nous avons commandé de nouvelles machines.

Pourtant, vous recevez beaucoup dons !
Ces dons sont essentiellement constitués de kits. Il est important de savoir que le kit c’est l’ensemble des matériels qu’on utilise pour une séance de dialyse. Et après cette séance de dialyse, il faut jeter ces matériels.

On constate une extension de la maladie aux jeunes. Pourquoi?
Il n’y a pas une extension aux jeunes. Le fait est que la population ivoirienne est jeune. Ceux qui ont moins de 30 ans représentent 60% de la population, donc ils sont les plus nombreux. Ceux qui sont malades sont donc jeunes.

On croyait pourtant que les reins ne s’usaient qu’en âge avancé.
C’est une maladie qui touche toutes les tranches d’âges. Même l’enfant qui est au sein de sa mère peut avoir cette maladie de façon héréditaire ou génétique. C’est pour cela que c’est un problème de santé publique.

Qu’est-ce qui explique la propagation de la maladie aujourd’hui ?
Des maladies qui sont la cause de cette atteinte rénale. Il y a par exemple, les maladies virales comme le Vih/sida. C’est la deuxième cause chez les sujets jeunes. L’hypertension artérielle est l’une des premières causes aussi bien chez les jeunes que chez les adultes. Il y a aussi le diabète, etc. Cela est dû au fait que ces personnes ne sont pas traitées correctement. Quand une personne a l’hypertension, elle ne suit pas un bon traitement, souvent par manque de moyens financiers. Parfois, la personne ne sait même pas qu’elle est hypertendue. C’est vrai que la dialyse permet de sauver des vies, mais l’idéal, c’est de prévenir la maladie. Même les pays développés qui ont créé des centres de dialyses partout, privilégient la prévention parce qu’elle ne coûte pas cher et c’est accessible à tout le monde.

A quand les premières greffes de reins en Côte d’Ivoire ?
Il y a un projet de greffe initié par le ministère de la Santé. Nous sommes en train de travailler actuellement sur la question. Pour réaliser une greffe, il faut mettre des balises. Parce qu’il ne faudrait pas qu’il y ait un trafic d’organes. Une loi votée en Côte d’Ivoire en 1993 permet l’utilisation de substances d’origine humaine à but thérapeutique. Il ne manque plus que les décrets d’application et des arrêtés pour qu’on puisse faire cette greffe. Un document a été élaboré et madame le ministre attend de le soumettre au conseil des ministres. C’est le préalable. Une fois cela fait, le reste, c’est du domaine purement technique. Nous avons des partenaires qui sont prêts à nous aider à implanter la greffe en Côte d’Ivoire.

Cela pourrait se faire quand ?
Début 2012, inch’allah (rire).

Y a-t-il de potentiels donneurs ?
Oui, la greffe et la dialyse vont ensemble. Quand un patient entre en dialyse, il faut déjà prévoir la transplantation. Comme chez nous, nous avons suffisamment de cousins, de neveux ... On peut donc espérer que les donneurs ne manqueront pas. C’est pour cela qu’il faut baliser, pour ne pas qu’on aille forcer quelqu’un à donner son rein. A priori, on a l’impression que cela est facile. Il y a des personnes qui se disent même prêtes à donner leurs organes. Lorsqu’on arrive sur le plan pratique, ce n’est pas évident. Il y a des personnes qui se désistent après. Nous avons eu des cas de ce genre.

Interview réalisée par Cissé Sindou,
Adélaïde Konin et S.S (stagiaire)
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