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Société Publié le mardi 8 janvier 2013 | L’intelligent d’Abidjan

Drame du Plateau / Un juriste fait des révélations : ‘’C’est un homicide involontaire (...) Voici les conséquences immédiates et judiciaires du rapport de police’’

En attendant la reconstitution éventuelle des incidents et la poursuite de la procédure judiciaire par la justice, les premiers éléments de l’enquête portent à parler d’homicide involontaire pour qualifier les faits. Certains avaient penché pour complicité d’assassinat, pour non assistance à personne en danger ou autre. Mais selon des juristes, il est impossible de parler dans le cas d’espèce d’assassinat. ‘’La mort, selon l’autopsie de la trentaine de personnes, a été causée par les étouffements suite aux piétinements. Si on veut bien voir, on remarque que la cause immédiate et principale de la mort est le fait d’autres victimes et blessés qui dans la bousculade, la débandade et la confusion ont de façon involontaire et non préméditée (sans aucune intention de provoquer la mort) causé la mort de certains. L’intention criminelle n’étant pas manifeste, on parlera d’homicide involontaire’’, explique sous convert d’anonymat, un avocat, qui pense qu’il n’est pas question d’en rajouter au traumatisme des blessés, survivants et autres individus présents sur les lieux en engageant des poursuites contre eux. Toutefois, il estime qu’il y a lieu de se poser des questions d’autant plus que les causes lointaines et les circonstances aggravantes font ressortir un certain nombre d’éléments tels que présentés par le rapport de police qui, selon lui, soulève des interrogations auxquelles il faut trouver des réponses. A qui est dû le rétrécissement de la chaussée ? À quoi cela est-il dû ? Qui est le responsable de ce rétrécissement ? Un tel rétrécissement a-t-il obéit à des règles et à des procédures requises et régulières en la matière ? Étant entendu, selon le rapport de police, que s’il n’y avait pas eu de rétrécissement de la chaussée, par rapport à la voie et à la route en amont, et en aval, le drame, à défaut d’être évité aurait été moins lourd de conséquences. «Il convient donc d’y voir bien clair à ce niveau, poursuit notre interlocuteur qui analyse également les troncs d’arbre. Qui est responsable de ces troncs d’arbre sur la chaussée ? Comment a-t-on pu les laisser sans les enlever ? Ceux qui sont chargés de veiller à la bonne marche des choses ont-ils fait leur travail convenablement ? C’est pareil pour la lumière insuffisante sur les lieux. Nous avons appris que les réverbères ont été détruits sans aucune autorisation. Il s’agit là d’un délit, d’une infraction, d’une obstruction et destruction de moyens de service public, susceptible de sanction en temps normal même. Et voici qu’un lien est établi entre cette infraction et le drame. Les entrepreneurs ont donc leur part de responsabilité dans la question. Cela dit, tous ces faits interpellent sur la notion de la responsabilité et la vigilance à manifester par les responsables à tous les niveaux. Cette zone au Plateau était dans l’obscurité depuis longtemps. Comment a-t-on pu depuis longtemps mettre dans l’obscurité un endroit non loin de l’Assemblée nationale par ces temps d’assaillants qui peuvent bien s’y rassembler pour des actions funestes. On nous dit que souvent quand le Président de la République, circule en ville et qu’il constate des anomalies, il demande des explications aux ministres ou responsables chargés de la question. On se demande comment personne n’a pu attirer l’attention de la CIE, de la ville d’Abidjan, des ministères concernés sur la question. C’est le lieu de demander à l’Etat d’être présent en tout lieux et en tout temps, pour assumer sa vocation et ne rien négliger qui puissent rendre meilleur la vie des populations». Mais qu’en est-il alors des responsabilités (ou de la culpabilité) de la police, qui admet une absence ou une insuffisance de policiers dans la zone du drame? Notre expert répond : « il faut souligner le fait que la police ait admis qu’il y a eu défaillance à son niveau. La police qui a fait son rapport reconnaît qu’il n’y avait pas suffisamment de présence de sa part. Une présence policière plus forte aurait-elle empêché, ou du moins atténué le drame? L’enquête criminelle complémentaire et un procès devrait permettre de le savoir. En attendant on peut admettre que les responsables de cette absence de la police, en l’occurrence, ceux qui ont participé aux réunions de sécurisation et de préparation de l’évènement devront répondre devant la justice». Au total, que retenir des coupables présumés ? Notre interlocuteur récapitule: «En premier, l’entrepreneur (c’est-à-dire le maître d’œuvre, ou le maître d’ouvrage délégué), on a pas besoin à ce stade du propriétaire ou des promoteurs qui ne sont pas sur le chantier, sauf si l’entrepreneur chargé des travaux, les mets en cause. En deux, les responsables étatiques et para étatique (District, mairies, directions de ministères chargés du cadre de vie, du contrôle, du respect des normes et règles pour la voirie et en matière de construction, et enfin la police (mais cela entre également au niveau des responsabilités) car la police est un service public, un service de l’Etat, dont l’Etat répond. Il faut également interpeller la conscience citoyenne, notamment les riverains de la zone du drame et pourquoi pas les usagers de la route, éventuellement la CIE, ou tout autre citoyen qui pouvaient chacun à son niveau. Sonner l’alerte et prevenir. La cause de la police est liée directement à l’événement, mais les autres causes étaient déjà existantes. Quand le Premier ministre parle des leçons qui vont être tirées, je pense que cela englobe toutes ces questions. Un procès dans les délais acceptables, de façon transparente, devrait être une sorte de catharsis, pour que, à l’avenir, chaque acteur ou responsable agisse avec plus de vigilance et de rigueur». Pour terminer, notre expert-juriste ne manque pas de souligner le fait que le délai de 72 heures promis ait été respecté. Il reconnaît que les populations peuvent avoir raisons d’être sceptiques au sujet de la suite pouvant être donnée au rapport de la police, mais demande de faire confiance au Président Alassane Ouattara. Affaire à suivre…
Charles Kouassi
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