x Télécharger l'application mobile Abidjan.net Abidjan.net partout avec vous
Télécharger l'application
INSTALLER
PUBLICITÉ

Editorial Publié le lundi 25 novembre 2013 | Nord-Sud

EDITO: Le luxe des sondages

Je pense que l’importance d’un sondage d’opinion pour un dirigeant ou un gouvernement n’est plus à démontrer. La démarche est de plus en plus utilisée dans les démocraties avancées car elle permet de mettre en évidence les forces et les faiblesses de la politique gouvernementale telles que perçues par les citoyens. Il faut d’abord comprendre qu’un sondage est une mesure, une enquête de l’opinion des gens à l’aide d’un questionnaire auprès d’un échantillon censé représenter toute la nation. Avec cette méthode (à géométrie variable), les gouvernants peuvent mesurer l’efficacité de la politique de gestion des ressources, détecter les sources de satisfaction et les causes d’insatisfaction… Le sondage servira à appréhender des facteurs difficilement mesurables par le management au quotidien. Ce qui dénote bien évidemment du courage managérial. Pourquoi les Ivoiriens n’ont-ils pas droit aux sondages comme cela se fait ailleurs? Aujourd’hui plus qu’hier, nous avons soif de sondages. Il est vrai que ‘’ce n’est pas sondage qu’on mange’’, comme pourraient me rétorquer trivialement plusieurs personnes, mais cela permet de mesurer l’impact des différentes mesures prises par le gouvernement. Et de rectifier le tir s’il le faut. Dans une nation comme la Côte d’Ivoire, engagée sur la voie de l’émergence en 2020, il est recommandé de mener cette opération parce que le climat social est le pivot de l’efficacité. Par conséquent, il est extrêmement important de faire le point régulièrement sur les problématiques qui concernent les différentes administrations. Je dirais que l’un des avantages de cette démarche est qu’elle permet d’analyser les différentes perceptions des populations sur bien de questions. Car l'acceptation n’est pas la même pour tout le monde et il est donc important de tenir compte de l’impact sur l’engagement et la productivité des masses.

Des spécialistes vous confirmeront que le sondage d’opinion a un effet psychologique sur les personnes. Rien que le fait de donner la parole à un citoyen lambda pour émettre un avis sur la vie de la nation lui permet de se sentir revalorisé. En la matière, les sujets sont légion. Il partent de la politique au sport en passant par la société, l’économie…‘’Pensez-vous que le gouvernement Ouattara soit proche des préoccupations des Ivoiriens ?’’, ‘’Quel est votre avis sur l’interdiction du téléphone portable au volant ?’’, ‘’La hausse du Smig profitera-t-elle aux travailleurs ?’’, ‘’La lutte contre la vie chère est-elle vraiment engagée?’’, ‘’Les travaux dans le cadre du PPU consolident-ils le développement ?’’, ‘’Que pensez-vous des travaux du 3ème pont d’Abidjan ?’’, ‘’Les Eléphants doivent-ils aller au Mondial 2014 sans Lamouchi ?’’, etc. Quant à la fréquence, il est préférable de réaliser un sondage chaque fois qu’une décision concerne la vie de la nation. Le gouvernement ivoirien a sûrement besoin d’un rattrapage dans ce domaine. Ici, il n’y a pas de cabinets comme Tns Sofres, Ipsos, CSA, LH2… dans l’Hexagone pour classer les ministres du meilleur au pire communicant politique. Figurez-vous, la loi encadre les modalités des sondages. Les sociétés privées ne peuvent en commander sans l’aval de la loi. Dans l’exemple français, c’est le rôle d’une commission composée de fonctionnaires d’Etat sans lien avec les sociétés de sondage (indépendance pour éviter des conflits d’intérêt) comme ceux du Conseil d’Etat ou de la Cour des Comptes vérifiant le sérieux du travail des instituts de sondage (choix des échantillons, vérification des chiffres...) Un luxe que la Côte d’Ivoire peut valablement se payer.

Par Bakayoko Youssouf
PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

Playlist Titrologie

Toutes les vidéos Titrologie à ne pas rater, spécialement sélectionnées pour vous

PUBLICITÉ