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Société Publié le samedi 10 septembre 2011 | Nord-Sud

Dégradation des infrastructures, défaillance du matériel… : Hôpitaux, ces grands sinistrés

Les centres hospitaliers universitaires ont de sérieux problèmes avec leurs services d’urgence. Personnel insuffisant, manque d’équipements adéquats. C’est presque dans le dénouement que travaille l’équipe médicale.

« Les urgences fonctionnent, mais difficilement. Le manque d’équipements et de soins de première nécessité fait qu’on travaille difficilement», révèle Dr Joël D., un médecin du Centre hospitalier universitaire de Yopougon. Selon lui, le fonctionnement des urgences n’est pas totalement effectif. Tantôt des services fonctionnent, tantôt d’autres non. L’urgence pédiatrique a une particularité au sein du Chu de Yopougon. Les bébés qui ont plus de 28 jours ne peuvent pas y être hospitalisés. Car les équipements médicaux disponibles ne peuvent pas permettre la prise en charge de ces derniers. « C’est donc très souvent le cœur meurtri que nous demandons aux mamans qui ont des enfants qui ont plus d’un mois de se rendre dans d’autres centres médicaux », soutient-il. En effet, depuis la crise militaro-politique qui a été aggravée par la crise post-électorale, la situation sanitaire du pays s’est dégradée. De sorte que les centres hos­pitaliers universitaires publics ont vu aussi leurs problèmes se multiplier. Dégradation des infrastructures, vieillissement des équipements et des plateaux techniques…. Dans cette même structure sanitaire de référence, le laboratoire ne fonctionne pas. Faute d’appareils. « J’ai accompagné mon père qui est malade. Le médecin nous a demandé de faire un examen sanguin. Et, il s’est trouvé que le labo ne fonctionne plus. Le laboratoire privé installé au sein du Chu vers lequel nous nous sommes dirigés ne fonctionnait pas non plus. Nous avons été obligés de nous rendre dans une clinique pour faire cet examen », raconte Guédé Richard, un patient que nous y avons rencontré en début de semaine. Si des bébés ne peuvent pas être traités au Chu de Yopougon, ce n’est pas la peine que leurs parents viennent au Chu de Treichville. Car, même si le directeur, le Pr Ezani Niamkey, a donné des informations strictes à ses collaborateurs en ce qui concerne la presse, de sources bien introduites nous ont confié que le service d’urgence pédiatrique ne fonctionne pas à plein temps. Selon elles, le service d’urgence pédiatrique est souvent hors-service. Surtout quand les agents chargés de faire le nettoyage arrivent. Du coup, les responsables de ce service se trouvent obligés d’hospitaliser les nouveau-nés au service d’urgence médicale en attendant le nettoyage. Ce qui pourrait toutefois entraîner des maladies nosocomiales aux tout-petits. Le service d’urgence gynéco-obstétrique, l’un des plus grands d’Abidjan-sud ne marche plus depuis belle lurette. Et, les femmes enceintes qui doivent subir des césariennes sont renvoyées à d’autres établissements sanitaires. Ce qui entraîne parfois la mort de certaines femmes pendant leur évacuation. G.B, gynécologue obstétricien note qu’une de ses patientes a perdu la vie au cours de son évacuation au Chu de Cocody, bien avant la crise post-électorale. Selon lui, tel que se présentait le cas, il fallait forcément et immédiatement une césarienne. Et, elle est morte peu de temps après parce que ses parents devaient réunir l’argent pour les frais de l’ambulance et de l’opération. Le laboratoire public bat de l’aile aussi. Il n’y a pas de réactifs et de films ; donc la plupart des patients sont orientés vers les labos privés pour les radiographies, les exa­mens et les analyses biologiques.

Adélaïde Konin
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