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Interview / NST Cophie’s, artiste-chanteur : ‘’Pourquoi mon nouvel album est intitulé «Djatraman»’’
Publié le vendredi 4 novembre 2011   |  L'intelligent d'Abidjan




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NST Cophie’s est rentré de France pour la présentation de son nouvel album «Djantraman», un coffret de trois (3) Cd albums, qui comprend le Best of NST Cophie’s alias mister Zogoda. «Les segments du nouvel album sont dans la musique formatée», relève l’artiste originaire de Dimbokro. Une ville pour laquelle il dit être revenu parce qu’il s’y sent mieux. «Je bénis la Côte d’Ivoire je t’aime Dimbokro». Après 30 ans de carrière et sa longue absence sur le marché, le fils de Koffikro qui fait son «come back» sur les bords de la lagune Ebrié, s’est prêté volontiers aux questions du quotidien dont vous avez rêvé.
Il y a bien longtemps que le public ivoirien n’avait pas revu Nst Cophie’s. Qu’est-ce qui explique cette longue absence sur le marché?
C’était dû au fait que la musique en Côte d’Ivoire ne rapportait plus d’argent. C’est pour cela que je me suis absenté. Parce qu’un album coûte cher, rien que des affiches comme ça, on en a pour six millions. On ne parle même pas du disque mais du développement ! Alors quand on parle du disque, cela devient encore plus cher. Nous travaillons partout dans le monde mais nous privilégions plus la Côte d’Ivoire, notre patrie. Réellement, je n’avais pas de repère et je me suis dit que je ne pouvais pas contribuer à décevoir certains Ivoiriens et j’ai dû attendre que les choses soient meilleures.

Dans vos bagages, vous revenez avec un album nommé «Djantraman». Il y a aussi le côté vestimentaire qui a toujours accompagné vos œuvres. A quoi devraient s’attendre les Ivoiriens avec ce nouvel album?
C’est d’abord acheter le disque, l’écouter puis l’apprécier ou de ne pas l’apprécier. Quand vous regardez le développement promotionnel, vous vous rendez compte de la qualité du travail et de la présentation. Nous sommes là pour éduquer un peuple et nos jeunes frères qui sont là ont besoin de savoir réellement ce que c’est que la qualité. J’étais là du vivant de Félix Houphouët-Boigny. Il a fait de la Côte d’Ivoire l’un des pays les plus au top en Afrique. Et je crois que si je suis réellement issu d’Houphouët-Boigny. Je dois être quelqu’un de qualitatif et tout ce que je fais est fait avec précision. Je ne calcule pas le prix parce qu’un producteur ne peut mettre autant d’argent pour développer un artiste. Mais un individu qui aime ses frères peut leur montrer au moins ce qu’il sait faire et c’est un peu ça que nous faisons.

Doit-on comprendre qu’il y a un accent particulier qui est mis sur l’éducation avec un tel titre «Djantraman»?
La Côte d’Ivoire, comme tous les autres pays africains, doit s’arrimer au reste du monde. On ne peut pas vivre en ayant plus de dix femmes. Il faut le comprendre, il n’y a pas de femmes faciles, il y a des femmes fragiles. Alors si vous voulez protéger les femmes, il faut décrier ces prédateurs et c’est pour cela qu’on dit «Djantraman». Le «Djantraman» est le «Gentlemen» en Afrique.

Après la couleur rouge et noir du « Zogoda », quelle sera la couleur de « Djantraman » ?
C’est le «come back» de l’artiste, le «Djantraman» est toujours le rouge et noir puisque c’est de l’émotion et tout ce qui est émotion sexuelle, c’est toujours dans le miel.

Quels sont les genres qui caractérisent ce nouvel album?
Ce sont les genres musicaux qui nous ont influencés comme la musique de Lougah François, Ernesto Djédjé, Sonny Okosun, Cavacha et la musique américaine. Je vis en France depuis 35 ans et je pense que je ne sors pas indemne de ces endroits. Donc ce que nous avons appris et ce qu’on nous a tendu comme perche – comme Jimmy Hyacinthe –, tous ces gens qui nous ont tendu des perches, nous essayons d’être dans la projection future de ces personnes pour qu’elles sachent qu’elles n’ont pas existé pour rien. Même si les journalistes en Côte d’Ivoire et toutes les structures étatiques qui sont chargés d’informer ne connaissent pas les dates anniversaires de personnes mortes ! Ceux-ci n’ont même pas prôné l’existence de ces gens-là et les jeunes ont tendance à les ignorer. On est dans un pays où l’amnésie fait son chemin. Je profite pour dire mes condoléances à la famille de Amédée Pierre parce que demain, les jeunes ne sauront même pas qui est Amédée Pierre et ce serait dommage !

Il y a beaucoup de choses qui se disent quand un artiste ivoirien décède. Que pensez-vous de la mort qui frappe le milieu artistique en ce moment ?
Les artistes sont comme tout le monde et s’ils vivent mal, ils mourront. Moi, je n’ai pas pris une graisse parce que je contrôle mon alimentation, j’essaie de vivre sainement et j’ai arrêté de fumer parce que cela ne m’allait pas. Un artiste n’est pas un surhomme. Un artiste vit comme un journaliste, mieux tout le monde peut être victime de maladie. L’essentiel est que dans la vie, c’est d’avoir peur et de ne pas faire de bêtises.

Pensez-vous que les autorités devraient se pencher davantage sur le côté social dans le milieu artistique?
Est-ce que les artistes savent s’ils jouent un rôle social ? Non, ils ne le savent pas et c’est quand ils sont arnaqués qu’ils ont l’impression de jouer un rôle social. C’est parce qu’ils ne sont pas rétribués à leur juste valeur, car s’ils étaient payés pour ce qu’ils faisaient, ils vivaient dans le bonheur.

Le Burida ne jouerait-il pas son rôle d’entreprise de gestion collective des droits des artistes ?
Le Burida n’est pas un magasin qui vend des disques et au lieu de parler du Burida, parlez des magasins qui vendent les disques. Ces gens qui vendent les disques des artistes. Un artiste avant tout, c’est quelqu’un qui vend ses chansons et le Burida est juste un bureau de droits d’auteur. On ne doit pas parler de Burida pour les artistes mais plutôt des vendeurs des disques. Les artistes qui sont riches dans le monde, ce n’est pas parce qu’ils touchent l’argent de la Sacem mais ils touchent l’argent des maisons de disque.

Avez-vous des griefs contre cette maison ?
Non pas du tout, pourquoi ? Je ne suis même pas ici (Ndlr, en Côte d’Ivoire) et je ne sais pas s’il y a un problème au Burida. Les griefs, on peut les avoir partout mais, moi, je ne peux pas avoir un grief contre le Président de la République. Parce que si le Burida fonctionne mal, c’est que l’Etat de Côte d’Ivoire a mal fonctionné. Si hier, le Burida a mal fonctionné, cela fait dix ans que je n’ai touché aucun droit d’auteur et je ne me suis pas plaint. Je suis arrivé le cas où le Burida doit me dire Cophie’s tous vos disques qu’on a joués en ville, que l’Onuci Fm a joués, il n’y a pas de droits d’auteur pour cela, là je porte plainte. Sinon je n’ai pas de griefs contre le Burida. Alors qu’on les laisse travailler et qu’on leur fasse confiance puisqu’ils viennent d’arriver et on se dit que tout va bien fonctionner et qu’ils penseront aux artistes. Ils vont penser à tous ceux qui ont donné un peu de gaieté au pays, tous ceux qui avaient des problèmes et qui se sont retrouvés dans la musique. Ainsi va la vie. Partout où il y a la vie, il y a la mort, et il faut soigner les gens avant qu’ils ne meurent.

Vous arrivez à un moment où certains artistes sont exilés et après avoir participé au dîner-gala de l’Ong Servir de Mme Henriette Konan Bédié, quelles sont vos impressions ?
Quand vous dites que vous ne faites pas la politique, c’est la politique, qui vous fait. Tous ceux qui disent qu’ils ne font pas la politique sont un peu hypocrites. Ici en Côte d’Ivoire, il y a eu beaucoup de problèmes et beaucoup de morts et s’il y a des artistes qui sont exilés, ils n’ont juste qu’à avoir profil bas en attendant que les choses se règlent. Soyons réalistes, il y a des problèmes et on ne peut pas passer dessus. Avant qu’il y ait quoi que ce soit, il faut que chacun reconnaisse sa part de responsabilité. Ils pourront revenir mais, c’est un peu trop tôt. Il faudrait laisser les gens panser leur plaie, oublier un peu et même s’ils n’oublient pas, faire avec. On ne peut pas tout oublier du jour au lendemain après cette crise. Certaines personnes ont peut être des griefs et des rancœurs. Les faux musiciens ont eu peut-être raison de s’exiler dans un premier temps pour que cela se calme. Et j’espère pour eux et on priera le Seigneur pour qu’ils puissent revenir ici en bonne santé parce que les Ivoiriens ont besoin d’eux. Mais, je ne pense pas dans un premier temps qu’ils puissent revenir aussitôt. Ils n’ont qu’à avoir un profil bas et attendre que les choses se calment pour qu’ils puissent revenir. SERVIR a projeté sa vision, celle d’aider les hémodialysés à pouvoir s’en sortir. Nous contribuons à notre modeste niveau au retentissement de l’information et attendons que ça se passe. Chaque fois qu’il y a une bonne idée qui est prônée, je pense que l’idée qui est prônée est importante.

Vous êtes né à Dimbokro, le président de la République aussi. N’est-ce pas là, la cause de votre arrivée en Côte d’Ivoire parce que la coïncidence est flagrante?
Dans la vie, il n’y a pas de coïncidence. L’intelligence c’est à Dimbokro qu’on l’a. Dimbokro est une cuvette et c’est la région où il fait le plus chaud en Côte d’Ivoire. Et ça sirote le « mind », ce qui permet aux gens d’être très intelligents. Je pense que si Dimbokro a un président, ce n’est pas par hasard.
Larissa G.

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