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Bettié, une paisible et riche cité perdue entre fleuve et forêt
Publié le mercredi 23 octobre 2013  |  AIP




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Sur l’initiative de la Mutuelle des agents du Conseil national de la Presse (MUCONOAP), une délégation d’une soixantaine de personnes dont deux journalistes de l’AIP, a effectué une sortie à Bettié en vue de rendre un vibrant hommage au chef de village, Nanan Adé Pra Augustin, grand planteur et bâtisseur de la ville.

Bettié est un département situé dans la région de l’Indénié-Djuablin (Est), à 160 km d’Abidjan via Adzopé et quelque 300 km, en passant par Abengourou (chef-lieu de région distant de 95 km). Le département compte 40.000 habitants dont 11.000 dans la commune, en majorité des ressortissants d’autres terroirs du pays ou de la sous-région.

Un parcours du combattant

Se rendre à Bettié à partir de la capitale économique ivoirienne, Abidjan, est un véritable parcours du combattant, un chemin de croix, un calvaire même.

D’Abidjan à Adzopé (100 km), la voie est bitumée, pratiquement rien à dire. Mais lorsqu’on arrive au corridor d’Adzopé, on tourne à droite, « ça commence », lancent les usagers du minicar, prévenus que la route n’est pas très bonne. En fait, elle n’est pas du tout bonne. Sur une route étroite tracée entre la forêt ou des plantations, très peu de villages alentour. Des arbustes, des arbres, des plantations, de la forêt encore inexploitée, de part et d’autre de la piste. Une végétation dense que le visiteur qui arrive pour la première fois en ces lieux, est surpris de découvrir encore, à moins de 200 kilomètres de la mégalopole abidjanaise.

Le chemin est cahoteux, impraticable. Des secousses à n’en plus finir. Des cris, des soupirs, des plaintes proférées par les passagers de notre véhicule chaque fois que l’engin fait un saut, un sursaut, un soubresaut. Le scénario est certainement pareil chez tous ceux qui ont le courage d’emprunter ce mauvais tronçon. C’est infernal ! 60 km d’enfer vers cette destination qui sera, le lendemain, qualifiée d’eldorado par le préfet de Bettié, Mme Akasson Bernadette.

A Diangobo, village à mi-parcours des 60 km de souffrance, le tronçon a déjà avalé deux heures du périple. L’on bifurque à gauche et « ça continue ». Cette fois, la voie est un peu moins mauvaise. Le Fonds Hévéa est passé par là, pour soulager un tant soit peu, les usagers.

Partis d’Abidjan, ce 18 octobre, vers 13H30’, nous atteignons enfin le bac cinq heures plus tard. L’attente ne dure qu’une demi-heure au plus, le temps que ce gros "pont" à moteur, garé de l’autre côté de la rive, fasse mouvement vers les voyageurs, éreintés. La traversée se fait en quatre minutes maximum car le fleuve Comoé, frontière naturelle entre la région de la Mé (avec pour chef-lieu, Adzopé) et celle de l’Indénié-Djuablin, ayant pour capitale Abengourou, est large, à ce niveau, de quelque 300 mètres. Et croire que le pont y fait toujours défaut !

Enfin, Bettié !

"Bienvenue dans la région Indénié-Djuablin", lit-on sur une pancarte, dès franchissement de la rive. Le « village », en l’occurrence Bettié, est à un kilomètre de là. De nombreux curieux, enfants, jeunes, adultes, sont massés de part et d’autre de la route, acclamant les visiteurs venus d’Abidjan. "Boulevard Alassane Ouattara". A droite. La fanfare municipale, entendue depuis l’entrée de la ville, redouble d’intensité lorsque la délégation, escortée à partir du bac, franchit, à 19H précises, la porte de cour de Nanan Adé Pra Augustin, chef de village du Bettié depuis 1962 et assurant, à partir de 1998, l’intérim du chef de canton, décédé.

La cour est bondée de monde. Sous des bâches dressées, autour de Nanan Adé Pra Augustin, des cadres, des notables, des représentants des communautés allochtones et allogènes, assis, attendent d’accueillir la délégation forte d’une soixantaine de personnes (une dizaine de journalistes invités à la couverture médiatique et le reste, des membres de la Mutuelle des agents du Conseil national de la Presse, MUCONAP).

Après les salutations d’usage, les hôtes sont installés. Des femmes esquissent encore des pas de danse, au son de la fanfare.

Le cérémonial peut commencer. Que de protocole ! C’est la coutume, l’usage en "pays" Agni (ethnie autochtone). L’on demande les nouvelles. Jeu de parole, passe de microphone, entre le secrétaire des notables, Adé Pra Ehoussou Ferdinand, et son interlocuteur, Famin Jean, porte-parole de la délégation d’Abidjan. Tout ceci, ponctué des sons de la fanfare municipale. L’enthousiasme de l’accueil fait oublier, un tant soit peu, aux visiteurs, la fatigue accumulée lors du périple.

« Les nouvelles sont bonnes » : une visite pour s’inspirer et surtout faire connaître l’homme. "Adé Pra, un modèle de développement", peut-on lire au dos des polos confectionnés pour l’occasion, avec l’effigie du doyen et le logo de la MUCONAP, sur la poitrine.

Nanan Adé Pra Augustin est assis au milieu des siens. On le reconnaît, par sa chaise royale, à la 2èmerangée, sous la bâche destinée à la chefferie.

L’échange des civilités prend fin. Après la commission Accueil, celle consacrée à l’hébergement rentre en branle. La soixantaine de visiteurs, autour d’un cocktail, est dispatchée. Certains dans des hôtels, d’autres dans les résidences de leurs tuteurs (chez le chef ou chez des cadres) qui se plient en quatre pour satisfaire leurs hôtes. Le nôtre, Atta Appia -candidat malheureux aux municipales du 21 avril- et son épouse, Augustine, « homonyme féminin du vieux », dit-elle, sont aux petits soins de leur quatre visiteurs.

« C’est comme Aklomianbla : ça veut dire, +si tu m’aimes, viens+, en langue Agni », résume, au dîner d’accueil qui suit, Jean Pango, un agent du CNP, pour décrire les péripéties qu’il faut subir pour arriver dans cette cité qu’il pourtant pas encore eu le temps de visiter.

De véritables palaces

Incroyable Bettié. De part et d’autre des chemins tortueux où le bitume n’a jamais existé, se dressent fièrement des villas cossues. Les bâtisses érigées dans cette ville n’ont rien à envier aux palaces de Cocody, aux résidences feutrées de la Riviera, ce quartier sélect de la commune chic d’Abidjan. Tout y est, enfin presque, hormis l’eau courante…

L’eau

A part la défectuosité de la voierie, l’autre problème crucial est le manque d’eau potable. Le précieux liquide, source de vie, ne coule pas couramment dans les robinets. « Depuis vous êtes venus-là, vous avez eu l’eau pour laver ? », interroge, dans son « Français de +en bas de cacao+ », comme il le décrit lui-même, Nanan Adé Pra, à la dizaine d’homme de médias à qui il accordait une interview, dans la soirée du 2ème jour de leur arrivée à Bettié. Et pourtant, fait remarquer le sage, le Créateur a comblé la ville d’eau, le fleuve Comoé qui traverse la région.

Selon Eugène Adé Pra, l’un des fils du chef, il existe deux forages dans la ville mais qui ne fonctionnement pas normalement. Chaque fois qu’il y a une coupure d’électricité, les installations pour l’adduction de l’eau potable prennent un coup, et c’est la pénurie.

Le pont, la route, encore et encore

Dans les premiers échanges avec notre tuteur, Atta Appia, il ressort que la première volonté des populations est le pont sur la Comoé. En effet, le bac qui relie les régions de la Mé et de l’Indénié-Djuablin estompe sa traversée, autour de 19H, ce, jusqu’au lendemain, 8H. Ce qui ajoute à l’enclavement de Bettié. Viennent ensuite les sollicitations relatives au bitumage des tronçons reliant notamment Abengourou (95 km) et Adzopé (60 km) à Bettié. Ainsi que la voie qui relie la ville à la frontière ghanéenne, à 28 km.

Et comme « la route précède le développement », selon une pensée du Père de la Nation ivoirienne, Félix Houphouët-Boigny, Bettié ne veut pas être en marge du développement du pays auquel elle contribue d’ailleurs fortement. Si l’on considère cette autre assertion du Premier Président de la République, pour qui « le succès économique de ce pays repose sur l’agriculture ».

« Souhaitons tous que le pont sur le fleuve Comoé se réalise, ça va donner du déclic », déclare le préfet, Mme Akasson Bernadette, qui note que l’idéal serait en outre de bitumer la voie Adzopé-Bettié. L’administrateur civil révèle que les études ont été faites par le Bureau national d’étude technique et de développement (BNETD), et que le ministre des Infrastructure économiques, Patrick Achi, en a fait la promesse.

« Nous espérons que dans un avenir pas trop lointain, nous aurons notre pont », précise la représentante du Président de la République dans le département. Elle insiste sur la richesse de cette région où 500 à 600 millions FCFA sont distribués chaque mois aux producteurs, notant que le revenu mensuel des hévéacultueurs s’élève entre un et trois millions FCFA/mois, en moyenne.

« Dans le cadre du PND (Plan national de développement, ndlr), cette voie doit être inscrite en priorité », renchérit le secrétaire général de préfecture, Kouadio G. André. « Alépé-Bettié-Aboisso, c’est possible. Bettié est une ville frontalière du Ghana, le développement de Bettié va passer par l’ouverture de cette voie », se convainc-t-il, alors qu’acquiesce le sous-préfet, Kouassi Missa.

Le chômage au sein des populations en âge de travailler, Bettié n’connaît pas

« Ici, vraiment, les jeunes ne chôment pas, ils ont de quoi vivre. C’est le pont qui est notre souci, une fois qu’il sera réalisé, tout le monde va venir ici. Bettié sera l’eldorado », énonce le préfet.

Cette réalité est confirmée par le chef de village, Nanan Adé Pra Augustin. En la matière, Bettié est un exemple. « Je ne vois pas pourquoi nous sommes dans la forêt et puis chômer », interpelle le maire, Tano Manizan Etienne, pour qui ceux qui ne travailleraient pas peuvent extraire du charbon, planter des tomates…

De la terre, mais pas nourricière

L’une des réalités implacables vécues par les habitants de Bettié, demeure le manque de produits vivriers. Conséquence : le marché est cher. Cette situation fait fuir les fonctionnaires et agents du privé affectés dans la ville, affirme Mme Akasson Bernadette. Pour contenir cette tendance, Nanan Adé Pra a mis des bâtiments à la disposition des fonctionnaires, notamment les enseignants, le personnel de la préfecture et de la sous-préfecture. D’ailleurs, les fonctionnaires qui inaugurent leur carrière à Bettié sont logés dans ses bâtiments, gratuitement, jusqu’à ce qu’ils perçoivent leur salaire, rapporte le secrétaire général de préfecture, Kouadio G. André.

« Même s’il faut emprunter un avion pour aller s’acheter des victuailles à New York, nous sommes prêts », promet le porte-parole de la chefferie, Adé Pra Ferdinand. Cette assertion résume bien la pensée populaire au sein des ressortissants de Bettié, indique le préfet qui explique que cela justifie la désertion des agents du public et du privé qui n’ont pas les moyens qu’ont les autochtones.

« L’hévéa fait que tout le monde a l’argent. Les fonctionnaires ne restent pas », admet le maire, Tano Manizan Etienne. Pour remédier au problème de rareté et donc de cherté des produits maraîchers, le premier magistrat de la commune dit négocier avec l’Administration pour acquérir des parcelles, en vue d’aider des femmes à planter du vivrier. « Sinon, on importe à manger, même du manioc, à partir des villages Akyé », reconnaît-il.

Le déclassement des forêts, une solution ?

Le chef de village, Nanan Adé Pra Augustin y croit fermement. Le déclassement des trois forêts classées de la région en vue d’y cultiver du vivrier peut sauver Bettié, en termes de nourriture. Ce souhait est partagé par les cadres et autres habitants de la cité des hévéas.

Le sous-préfet, Kouadio Missa, encourage les populations à produire du riz, car il y a des bas-fonds à Bettié. « Sinon, le pire est à venir », s’inquiète son supérieur hiérarchique, le secrétaire général de préfecture, faisant observer que le manque de terre arable dans la cité amène des habitants à regarder vers des territoires voisins.

Mais, s’interroge un intellectuel averti, qu’est-ce qui prouve que si ces aires protégées sont déclassées et distribuées aux populations, elles vont y cultiver du maraîcher et non de l’hévéa ?

La question reste posée, à moins que des décisions et garanties fermes soient données, à cet effet, tant par les autorités administratives et politiques, que par le chef de canton, auxiliaire de l’Administration.

« L’hévéa a encore de beaux jours, au détriment des cultures vivrières », avance encore le préfet, Mme Akasson Bernadette. Quant au secrétaire général de préfecture, il propose alors que la culture de l’hévéa soit associée à celle de la banane plantain et du vivrier.

La richesse culturelle, l’autre dimension

Le célèbre homme de culture, Jean-Marie Adé Adiaffi a fait rayonner Bettié, ce qui a amené l’ancien Président Henri Konan Bédié, à permettre l’érection d’un musée en son honneur. En l’homme, l’actuel maire estime sa curiosité. « Adiaffi est un homme curieux. Il a su faire ce qu’il fallait pour installer la ville qui est plus vieille que lui. Il a fait la différence entre le voyant et le guérisseur », témoigne Tano Manizan Etienne, en hommage au maître du "bossonisme", la religion traditionnelle africaine.

« Grâce à Henri Konan Bédié, on a un musée pour ne pas l’oublier. Le Gouvernement vient de terminer cette œuvre », ajoute la maire. Pour Lui, Jean-Marie Adé Adiaffi n’a pas voulu cacher les mœurs de Bettié, « il a démontré la comparaison avec l’Histoire des Blancs », on ne doit donc pas l’oublier pour ce qu’il a fait tant pour sa ville natale que pour son pays tout entier.

L’oublier ? Que Nenni ! Le frère aîné d’Adiaffi, l’actuel chef de village de Bettié, dit avoir des frissons à chaque fois que l’on évoque le souvenir de son cadet. Ce dernier lui faisait savoir que si Nanan Adé Pra Augustin a réussi grâce à la machette, parce que planteur, lui, l’intellectuel, est arrivé au firmament avec la puissance de son stylo.

Né le 1 janvier 1941 à Bettié, Jean-Marie Adiaffi est un enseignant, écrivain, scénariste, cinéaste, critique, poète et romancier. Il est décédé à Abidjan, le 15 novembre 1999.

Pour immortaliser l’homme, le musée en question, baptisé "Jean-Marie Adiaffi" est achevé, reste sa remise solennelle à qui de droit. Nanan Adé Pra souligne que les affaires de son petit frère lui ont été acheminées et qu’il les garde sous bonne protection. « Cinq mille pièces », précise le porte-parole de la famille, Adé Pra Ferdinand.

Outre les salles qui vont recevoir les œuvres, le musée comporte le mausolée de l’illustre homme, l’intellectuel multidimensionnel.

Bettié, la cosmopolite

Le succès de Bettié est basé également sur son hospitalité. Grâce à sa sagesse et sa perspicacité, témoignent, entre autres, le préfet de Bettié, Mme Akasson Bernadette, le maire, Tano Manizan Etienne, les cadres et même le commun de ses sujets, la ville est restée paisible même au plus fort des différentes crises militaro-politiques qui ont secouées la Côte d’Ivoire.

La philosophie de Nanan Adé Pra Augustin est simple : accueillir, donner gîte et couvert, et prodiguer des parcelles de terre aux étrangers, dans le sens le plus noble du terme. Cette bonne disposition sienne fait que, même s’il y a la guerre, ces populations allogènes (Nigériens, Maliens, Burkinabés, Ghanéens) et allochtones (Lobis, Abrons, Malinkés, Baoulés, Akyés…) vont plutôt lui prêter main forte, au lieu de le combattre, assure le vieil homme.

Et il a raison de le penser, eu égard à la forte mobilisation autour de lui chef, pour accueillir la délégation venue d’Abidjan.

« La cohabitation est harmonieuse, c’est un département assez paisible. (…) Ce climat de paix est aussi dû à la sagesse de Nanan Adé Pra Augustin. Bettié fait partie des zones où les FRCI (Forces républicaines de Côte d’Ivoire, ndlr) ont travaillé main dans la main pendant la période postélectorale », explique le secrétaire général de préfecture, Kouadio G. André.

Il ajoute que le chef de village s’est impliqué financièrement et physiquement pour que les FRCI ne fassent pas de perturbation dans la ville. « Il a fait comprendre que le groupe Akan n’aime pas les coups de feu », souligne l’administrateur.

« Le brassage des populations est tel qu’on se sait pas qui est Agni, Baoulé… », renchérit le sous-préfet, Kouassi Missa. « Dans l’ensemble, ça va ! », affirme le "commandant", tout en faisant observer la quasi inexistence des conflits fonciers. Ce problème, récurrent ailleurs, s’explique par le fait qu’il y a dans chaque ville un Comité villageois de gestion foncière, « parce que ce sont les villageois qui maîtrisent le foncier ».

La décoration

« Mais pourquoi je crie beaucoup ? », lance Nanan Adé Pra Augustin, en réponse à un journaliste qui lui demande s’il ne trouve pas, après tant de hauts faits, qu’il est temps qu’il ait la reconnaissance de l’Etat. Et non à titre posthume. « Je ne veux pas de médaille sur mon cercueil », martèle-t-il.

Ce qui manque à ce grand planteur, moteur et acteur du "développement" de Bettié, c’est, en fait, la distinction de Commandeur de l’Ordre National.

Né vers 1925, Adé Pra Augustin est désigné chef de village de Bettié en 1962, et assure, depuis 1998, l’intérim du chef de canton, décédé, jusqu’à l’intronisation de son successeur.

Grand planteur ayant à son actif 255 ha d’hévéa (entièrement gérés par la SAPH), 120 ha de cacao, 60 ha de café et 30 ha de teck-, de grand bâtisseur, parce que possédant 95 pour cent des bâtiments servant notamment à abriter les locaux des administrations publiques et logements des fonctionnaires, l’homme qui porte encore à bout de ses fragiles bras, du fait du poids de l’âge, ne cesse de courir pour le bien-être de sa population.

Par son illustration à être un grand bâtisseur, un rassembleur, le sage de Bettié pense mériter la plus grande distinction honorifique nationale. Déjà lauréat du Conseil de l’Entente (1939), détenteur du Prix du meilleur Exploitant individuel, du prix d’Excellence de la Coupe Nationale du Progrès (1999), Chevalier de l’ordre National, Officier du Mérite agricole, il conseille à qui veut l’entendre la patience, le travail, l’honnêteté, le partage des revenus avec ceux qui contribuent à la richesse d’un individu.

Nanan Adé Pra Eugène dit avoir commencé la culture du café-cacao, sur conseil de Félix Houphouët-Boigny, bien avant l’Indépendance. De ses témoignages, il ressort avoir débuté avec ses épouses et ses enfants dont il paie d’ailleurs le service.

« Si tu es bien éduqué, tu peux devenir comme Blanc », confesse le vieil homme qui dit avoir travaillé dur pour y arriver. « Aujourd’hui, on ne me regarde plus », déplore-t-il, en allusion aux autorités du pays dont il attend reconnaissance. « J’attend du Gouvernement qu’il me regarde », souligne-t-il.

A la tête d’une grande lignée, le chef de Bettié pense encore avenir, celle de ses descendants et de ceux qui vivent si harmonieusement dans son village.

Nanan Adé Pra Augustin est père de 21 enfants, conçus avec quatre femmes : Bénié Akabla, Tokou Takua, Kouadio N’Zi Marguerite et Tanoh Akoua Elisabeth. Dans sa fratrie, sur les quatre enfants nés de ses parents, ne restent que les « deux extrémités », selon les dires du porte-parole de la famille, Ferdinand. A savoir, lui, Augustin, l’aîné, et la benjamine, Adé Ama Antoinette dont Adé Pra Ehoussou Ferdinand est le premier fils.

Pour chacun et pour tous, Adé Pra Ferdinand est un modèle, un exemple dont doivent s’inspirer les Ivoiriens. C’est la parfaite illustration que l’on peut partir de rien, pour devenir un chef. Un vrai.

(AIP)
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