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Politique Publié le lundi 7 février 2011 | Le Patriote

Première page De l’illusion d’exister

Plus de deux mois que dure la mascarade. Battu à plate couture lors de l’élection présidentielle du dimanche 28 novembre dernier, Laurent Gbagbo, le chef de l’Etat sortant, refuse de céder les rênes et leviers du pouvoir au nouveau Président de la République, Alassane Ouattara. Arc-bouté de façon artificielle sur une armée de type mexicain, avec ses généraux coupés de la base, le chef suprême des refondateurs croit pouvoir se maintenir, pendant longtemps encore, dans cette posture d’imposteur. Admiratif devant les modèles de confiscation du pouvoir opérés au Zimbabwe et au Kenya, par les despotes Robert Mugabe et Mwai Kibaki, il a tout mis en œuvre pour créer une grave crise postélectorale, caressant le rêve d’importer ces schémas dits de «partage du pouvoir », en Côte d’Ivoire. Sa démarche a consisté à prendre appui sur trois leviers propres aux régimes totalitaires. En premier lieu, le scénario de la terreur et de la répression. Dès son autoproclamation, version revisitée de l’investiture de Jean Bedel Bokassa, il est vrai, avec moins de fastes, Laurent Gbagbo a mis en place un contexte de terreur et d’élimination systématique de tout ce qui ne sent pas le soufre de la refondation. Adossé à ce qui reste de son armée, de ses milices et de mercenaires recrutés à prix d’or, au Liberia et en Angola, il a installé un couvre-feu sans raison et, profitant de la nuit tant affectionnée par les lâches et les poltrons, il a opéré des tueries massives au sein des populations, triées sur le volet tribal, comme des adjuvants du RHDP. En dépit de près de trois cents morts, il n’est pas parvenu à venir à bout de la détermination du peuple qui a choisi de protéger son vote. Conscient que cette option ne saurait prospérer, surtout au lendemain de la déculottée de ses milices dans la commune d’Abobo, le chef de file des refondateurs a inauguré la voie de la manipulation des populations. Avisé sur le rôle néfaste et « le pouvoir de la télévision » sur les masses, Gbagbo a jeté son dévolu sur la RTI, devenue sous sa décennie de pouvoir, le clone parfait de la radio « Mille collines » qui a préparé le génocide rwandais, pour espérer conditionner les esprits sur la légitimation de sa forfaiture.

Malheureusement, le temps qu’il croyait un allié, a joué contre lui, dans cette option bien suicidaire.

Ni le blocus de l’Hôtel du Golf, siège forcé du pouvoir légal incarné par son Excellence Alassane Ouattara, ni les monologues de ses partisans, ne sont parvenus à faire baisser la lourde pression, tant nationale qu’internationale, qui pèse sur lui.

De l’hôtel du Golf, Alassane Ouattara a la main mise sur les manettes de la souveraineté de l’Etat. Il gère le flux monétaire et financier et nomme les ambassadeurs. C’est le diplomate qu’il a désigné pour représenter notre pays, qui parle désormais au nom de la Côte d’Ivoire aux Nations unies.

Toutes les nations du monde l’ont accepté en assemblée générale. Ce qui, en principe, devrait mettre fin au débat inutile sur le verdict du scrutin. Deux mois après sa tentation du suicide, Gbagbo est toujours à la case-départ. Malgré les cris d’orfraie et les gesticulations de ce qui reste de ses inconditionnels, Laurent Gbagbo est un homme seul, réduit à n’inaugurer que les chrysanthèmes. Il ne peut ni voyager, ni participer à un sommet international, encore moins ratifier un Traité ou un accord au nom de la Côte d’Ivoire. Quel honneur y a-t-il à se bomber la poitrine et demeurer cloitré entre quatre murs, ne pas pouvoir se déplacer, rendre visite aux populations qu’il prétend l’avoir élu, avoir peur de tout, même de sa propre ombre ? Que gagne Gbagbo, à errer de jour comme de nuit, comme un nomade sans domicile fixe ? Mis au banc de la communauté des chefs d’Etat, Laurent Gbagbo, n’a plus le pouvoir. Pis, il est un homme fini. Il a signé des « décrets » révoquant des ambassadeurs et mettant fin à la mission de l’ONUCI. Non seulement les ambassadeurs de France, des Etats-Unis et du Canada sont bel et bien en poste, mais la force de paix des Nations unies a été renforcée. Laurent Gbagbo s’est discrédité totalement aux yeux de tous les médiateurs qui ont pu jauger de son obsession à demeurer un homme à paroles, actant de la duplicité et du double langage. Il n’est plus maître de son destin, encore moins de celui de la Côte d’Ivoire. Tout le vacarme auquel nous assistons par ces temps et le ballet de menus fretins, qui, comme la mouche du coche, volent à son secours, pour espérer subsides et expédients, ne concourent qu’à exprimer une même et triste réalité : Laurent Gbagbo va tomber comme « un fruit pourri ». Il le sait. La Côte d’Ivoire aussi ! L’indice de cette chute est frappant. Avec de moins en moins de ressources financières qui ont toujours soutenu leur gestion politique et dépouillés de toute signature, Gbagbo et ses hommes sont réduits à se comporter comme de vulgaires bandits de grand chemin, dévalisant les banques pour se maintenir en vie, pour survivre. Peu importe la déstructuration de l’espace monétaire et la mise à mal de la stabilité des entreprises.

Sans aucun pouvoir, le clan Gbagbo s’est contenté, la semaine dernière, de billets usés et usités, destinés à être détruits par la BCEAO. Sans aucun doute, le signal est manifeste. L’agonie du clan est visible à l’œil nu. L’aube de la nouvelle Côte d’Ivoire pointe du nez. Question d’heures, de jours ou de semaines ? Peu importe. La messe est dite

Par Charles SANGA
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