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Politique Publié le jeudi 31 mars 2011 | Le Nouveau Réveil

En mission en Tunisie, l`Abbé Wadja James :/ “Gbagbo et un quarteron de proches collaborateurs servent Mammon”

La Sainte Ecriture dit nettement et clairement : " Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et Mammon ", Matthieu 6 ; 24. Tel est l'empire de la richesse sur les hommes, que Jésus n'hésite pas à la personnifier ! Mammon, c'est l'argent convoité, recherché et aimé pour tout ce qu'il procure d'avantages, de biens terrestres et de joies sur la terre. Mammon, c'est le pouvoir considéré comme le bien suprême de la vie d'un homme, c'est la puissance, les honneurs, la gloire élevés au rang d'idoles qui remplacent dans le cœur de l'homme l'Amour de Dieu. Mammon, c'est en somme le mal.
Toute autorité humaine renvoie à une autorité plus grande, celle de Dieu qui est le Maître de ce monde qu'Il a créé et qui attend de chacune de ses créatures que nous sommes, un concours précis, une collaboration. Tout ce que nous possédons Lui appartient : nous devons travailler pour Lui, sur son fonds, avec les biens qu'Il nous a confiés, avec les talents que nous avons le devoir de faire fructifier. A ceux qui exercent le pouvoir d'Etat, Dieu a attribué des dons qui déterminent leurs obligations particulières. Ainsi, leurs responsabilités augmentent dans la mesure où ils détiennent une plus large part de dons…
Ils doivent remplir leur tâche là où Dieu les a placés, exercer le pouvoir comme un service, se comporter en hommes et en femmes qui aiment leur pays et leur peuple qu'ils ont le devoir de servir humblement, au lieu de se servir, et avoir constamment présent à l'esprit qu'ils auront un jour à répondre devant Dieu de la façon dont ils auront accompli leur mission en général, et en particulier, de tout acte mauvais, notamment de violence contre des vies innocentes dont ils se seront rendus coupables.
Le hold-up électoral que Laurent Gbagbo tente d'imposer depuis bientôt quatre mois au peuple souverain de Côte d'Ivoire, nous fournit l'occasion de faire le bilan de la façon dont il a utilisé les talents que Dieu a mis à sa disposition pour conduire et donc travailler à rendre meilleure la Côte d'Ivoire, cette portion de l'Univers qu'Il a donnée aux Ivoiriennes et aux Ivoiriens, au cours des dix dernières années.
Oui, dix ans d'accaparement du pouvoir sans désemparer, dix ans d'un pouvoir hideux, au regard des actes gravissimes qu'il a posés et dont la principale victime a été le bon peuple ivoirien qui a souffert et souffre encore de la folie meurtrière qui s'est emparée de celui qui avait la mission de conduire la destinée de son peuple comme un bon Père de famille !
Voici un échantillonnage édifiant des graves dérives de celui que les Ivoiriennes et les Ivoiriens, contraints à choisir entre Charybde et Scylla, en raison de la décision inique de la Cour Suprême d'exclure les candidats de poids, à l'élection présidentielle d'Octobre 2000, ont porté au pouvoir ; celui qui a été le grand bénéficiaire du sinistre et anachronique putsch militaire du 24 Décembre 1999 , putsch dont il a dit, lui le génie politique et l'authentique démocrate : " Il y a des coups d'Etat démocratiques, ils offrent une chance à la démocratie, et celui-ci en est un ".
1. La refondation, une trouvaille sortie précipitamment des laboratoires d'expérimentation du FPI, dont l'objectif inavoué était de décréter la seconde mort de Félix Houphouët Boigny, le Fondateur de la Côte d'Ivoire, de passer une croix sur l'immense œuvre de construction, de développement, de progrès et de paix entreprise par le PDCI, bref, de nier les formidables acquis de l'ère PDCI. La politique de refondation présentée Urbi et Orbi comme une baguette magique qui devait transformer la Côte d'Ivoire en un Eldorado, lui faire découvrir le bonheur véritable, après l'échec du PDCI et de ses responsables, s'est très vite révélée être une vaste escroquerie morale, avec des projets sociaux pompeux annoncés comme étant la solution à tous les problèmes auxquels les Ivoiriennes et les Ivoiriens étaient confrontés, en matière de santé publique et d'éducation, et notamment les questions liées à l'école et à l'université, au pouvoir d'achat des paysans et aux prix des matières agricoles…
L'on comprend, avec du recul, leur promptitude à proposer à leurs concitoyennes et à leurs concitoyens, dès leur accession au pouvoir, une trêve sociale durable qui leur permettrait de se mettre sereinement au travail, pour leur bonheur?
2. La subite et radicale métamorphose. La fulgurante ascension de ses hommes, à la faveur de l'exercice d'un pouvoir qui avait fini par être un mirage, les a pris de court et exposés au piège de l'argent, l'argent qui pervertit le cœur et avilit le caractère . Et pour cause ! Impécunieux hier, ils ont voulu, en l'espace d'une mandature, se bâtir des fortunes colossales que leurs prédécesseurs n'ont pu réaliser en plusieurs décennies, se construire des résidences pharaoniques et des villas somptueuses, et entretenir des parcs automobiles à coups de centaines de millions de francs.
Les dénonciations de corruption, de gabegie et de népotisme, les leçons de démocratie, de moralité et de bonne gouvernance au pouvoir PDCI qu'ils n'ont eu de cesse de discréditer et de diaboliser lorsqu'ils étaient dans l'opposition, ont été aussitôt rangées dans les tiroirs du Temple du Savoir. Alors, pressés de gravir l'échelle de la pyramide sociale ivoirienne et d'en occuper le sommet pour être immédiatement logés aux premières places, nos fiers nationalistes ont oublié l'intérêt de la Nation Ivoirienne, et savamment entrepris la mise en coupe réglée de pans entiers de notre économie, notamment le pillage systématique de nos richesses nationales( Café, Cacao), les détournements massifs de deniers publics et des recettes pétrolières, à leur seul profit, devenant ainsi des fossoyeurs et des prédateurs de l'économie d'un pays qu'ils ont juré la main sur le cœur de servir.
L'insatiable appétit de richesses dont l'exercice du pouvoir les a dotés, a provoqué une avidité et une rapacité telles qu'ils ont, d'entrée de jeu, initié de nombreuses " affaires sales " pour accroître leurs fortunes personnelles. La corruption et l'impunité que le régime FPI a instaurées aidant, ils n'ont eu aucun scrupule à importer et à déverser des déchets hautement toxiques sur plusieurs sites du District d'Abidjan, causant la mort de nombre de leurs compatriotes et provoquant l'intoxication de plus d'un millier d'autres.
En effet, la corruption, sous le régime FPI a atteint des proportions inquiétantes au point de devenir un fléau perceptible à tous les stades de la société, fléau qui a gagné l'école et l'administration et singulièrement les concours de police, de gendarmerie, de douanes, de l'ENA…, pour lesquels il faut débourser d'importantes sommes d'argent, et qui favorisent des ethnies au détriment d'autres.
3. La crise née de la tentative de coup d'Etat transformée en rébellion, a défiguré et déstructuré le pays du " Sage de l'Afrique ", Félix Houphouët Boigny et scindé la Côte d'Ivoire en deux parties.
Tous les efforts entrepris par la Communauté Internationale et en particulier par les pays africains ( Linas-Marcoussis, Lomé, Accra 1-2-3, Pretoria 1-2) pour ramener la paix en Côte d'Ivoire, un pays jadis réputé " Havre de paix et de tranquillité ", se sont systématiquement heurtés au refus d'un seul homme, Laurent Gbagbo, qui a constamment et délibérément violé tous les accords de paix et les propositions de sortie de crise édictés par l'ONU, l'UA et la CEDEAO, accords au bas desquels il a pourtant apposé sa signature et refusé d'appliquer, au motif qu'ils lui ont été imposés de l'extérieur.
En signe de gratitude, et à la recherche de boucs-émissaires, pour masquer l'incompétence notoire et l'échec de la politique du régime FPI, Laurent Gbagbo et les siens s'en prendront constamment à l'étranger coupable à leurs yeux de tous les maux et calamités qui minent la Côte d'Ivoire : d'abord, la France accusée d'être le soutien de la rébellion à son pouvoir divin, la France qui a pourtant sauvé son régime, grâce à une intervention armée, et dont les ressortissants et les entreprises ont connu un sort injuste et inimaginable, ensuite, ses pairs Africains de la CEDEAO, accusés pour certains de velléités d'annexion de la Côte d'Ivoire, avec qui Laurent Gbagbo a entretenu des relations personnelles empreintes de défiance et d'arrogance, et soupçonnés d'avoir soutenu la rébellion armée ; toute chose qui provoquera le courroux de Gbagbo et poussera ses partisans à commettre des exactions sur les populations allogènes, notamment dans l'Ouest de la côte d'Ivoire, d'où ces travailleurs seront chassés et dépossédés de leurs plantations pour les plus chanceux, et massacrés pour d'autres.
4. Abidjan, la fière, devenue ville en état de siège. Dans la hantise de perdre son pouvoir, et par crainte d'un coup d'Etat, Abidjan, depuis son accession au pouvoir, a l'allure d'une ville assiégée, occupée par des cortèges infinis de véhicules de sécurité et d'agents des forces de l'ordre et de défense, et caractérisée par les embouteillages et les longues files de voitures au niveau des deux ponts, de la Corniche, des 220 Logements et du Plateaux ; Abidjan qui est littéralement bloquée à chacun des passages de Mr Gbagbo, dont le centre-ville est alors investi par les forces de sécurité, et dont plusieurs artères sont interdites à la circulation.
La présence de M. Gbagbo à la Cathédrale Saint-Paul du Plateau aux célébrations auxquelles Dieu convoque son peuple, est particulièrement redoutée par l'Assemblée eucharistique, en général, et en particulier, par les fidèles de cette Paroisse, en raison de l'extraordinaire remue-ménage créé par les agents de la sécurité présidentielle qui investissent le périmètre de la Cathédrale, longtemps à l'avance, Mr Gbagbo, qui trouve là l'occasion de faire attendre non seulement la hiérarchie de l'Eglise, mais aussi et surtout Dieu, par son peu de respect de la ponctualité.
L'obsession d'un attentat a même conduit le pouvoir FPI à faire installer des détecteurs de métaux, et donc à procéder à des fouilles corporelles et à la vérification des sacs à main de la gent féminine, aussi bien à la Cathédrale Saint-Paul qu'aux veillées funèbres, lorsque M. Gbagbo s'y rend.
Le bon peuple, dépité et impuissant devant la conduite de son président, dans un pays démocratique où avoir un avis contraire est pourtant le pire des délits, ne peut se priver, en aparté, de commentaires du genre : " On a vu le Père de la Nation et même son successeur … ils venaient tranquillement à la Cathédrale sans que l'on bloque les routes, sans que l'on fouille les gens, sans que l'on poste des éléments armés à l'intérieur de l'Eglise. Mais celui là, il n'a même pas confiance en son peuple, ni en Dieu ".
5. La FESCI, organisation estudiantine créée au départ pour défendre les droits des élèves et des étudiants et notamment pour améliorer leurs conditions d'existence et de travail, a très tôt, sous l'impulsion du FPI, et à la faveur de l'accession de Laurent Gbagbo au pouvoir, abandonné la lutte syndicale pour s'engager dans l'arène politique, aux cotés de son mentor, devenant sur le terrain une organisation sans foi ni loi, prompte à piller, à détruire et hélas, à tuer (assassinats et crimes crapuleux); une organisation dont le moyen d'action privilégié est la violence sous toutes ses formes, adepte du maniement de la machette et du braisage de l'être humain, et le fer de lance de la contestation aveugle en milieu scolaire et universitaire, qui bastonne ses maitres et humilie des magistrats, et tout cela en toute impunité.
Les milices tribales. Laurent Gbagbo a savamment planifié la constitution au sein des forces de défense et de sécurité ivoiriennes de milices tribales dans le but inavoué de se maintenir indéfiniment au pouvoir, des milices recrutées essentiellement dans sa région d'origine, ainsi que la formation d'éléments armés basés dans certaines régions du pays, dont le nombre, de l'avis de certains stratèges militaires, est estimé à des milliers.
Les patriotes, encouragés et soutenus par la direction du FPI, qui s'entrainent au grand jour dans les rues d'Abidjan aussi bien qu'à l'intérieur du pays. Cette bande de déscolarisés et de désœuvrés, à la faveur de l'accession de Gbagbo au pouvoir, est devenue une sorte de jeunesse spéciale du FPI qui, outre les tribunes (agoras , Sorbonne, sénats, parlements) qu'elle a créées où, à longueur de journée elle distille la haine et profère des injures et des invectives contre les opposants au régime qualifiés d'ennemis de la république et contre les ressortissants étrangers et leurs dirigeants, n'hésite pas à poser des actes de vandalisme et de barbarie inqualifiables (attaques contre la Communauté française, casses, pillages et viols qui ont conduit à la fermeture de nombreuses entreprises et au départ de milliers de ressortissants français), s'attaquant même aux biens de l'ONUCI et de son personnel, aux biens et aux sièges d'ONG et d'organisations humanitaires; une jeunesse qui érige et maintient des barricades et des barrages, et brûle des pneus, sur les principales artères de la ville d'Abidjan, avec la bienveillance des forces de l'ordre et de sécurité.
6. Les nombreuses et flagrantes atteintes à la liberté d'expression.
La parole est désormais libérée, ont-ils proclamé et pourtant, que de décrets et d'arrêts d'interdiction de manifestations de rue n'ont-ils pas signés sous le régime de l'authentique démocrate, qui visaient à museler la presse et à bâillonner l'opposition politique !
Les média. L'on a vu, avec effarement, des bandes de jeunes autoproclamés " patriotes " détruire, saccager et incendier des journaux et des sièges d'organes de presse proches de l'opposition accusés de faire l'apologie de la rébellion ; des jeunes à la solde du FPI, qui ont empêché la libre circulation et la vente de certains journaux, et passé à tabac des vendeurs de ces journaux ; des jeunes qui, hier, sous le régime PDCI ont contesté violemment, marché bruyamment, boycotté activement, défié et insulté les tenants du pouvoir.
Le pouvoir Gbagbo s'est attelé à monopoliser tout l'espace d'expression pour éviter que les Ivoiriennes et les Ivoiriens aient accès à l'information véritable et découvrent la laideur de son régime. Pour y parvenir, le pouvoir FPI n'a pas hésité à interrompe la diffusion des émissions de certaines radios et de chaînes de télévision étrangères, après avoir pris le contrôle de la Télévision Ivoirienne et de Radio Côte d'Ivoire, qu'il a asservies et instrumentalisées, et qui sont devenues des espaces de propagande, d'exaltation du patriotisme, qui diffusent des chants patriotiques, des incitations à la révolte, font l'apologie de la haine et encensent Laurent Gbagbo à longueur de journée.
L'armée, l'arme secrète de Gbagbo. Le chantre de la démocratie d'hier , enivré par les fastes du pouvoir a, très tôt, dans l'optique de confisquer le pouvoir, mis en œuvre sa stratégie, celle de s'appuyer sur l'armée pour museler et mater son opposition politique, et s'éterniser au sommet de l'Etat ; une armée républicaine qui a " progressivement perdu son âme " en prenant fait et cause pour un individu, devenant ainsi une arme redoutable entre les mains de Laurent Gbagbo ; une armée qu'il a utilisée et manipulée à des fins politiques, qui agit au bénéfice exclusif d'un seul homme. En effet, l'armée ivoirienne n'a-t-elle pas gravement dévié de sa mission républicaine lorsqu'elle obéit aveuglement à la recommandation de Laurent Gbagbo de broyer son opposition en ces termes : " Ordre est donné à la gendarmerie, à la police, à l'armée, de se défendre par tous les moyens face aux militants du RDR… ? " Est-ce le rôle d'un chef d'Etat-major de l'armée, en régime démocratique, de rencontrer la presse nationale aux fins de dire ses vérités aux journaux de l'opposition qui n'encensent ni l'armée ni Laurent Gbagbo et de menacer d'interdiction de parution ces organes de presse ?
Où est la dignité de nos soldats lorsque, à une rencontre avec le chef de l'Etat au palais de la présidence, ils applaudissent à tout rompre Laurent Gbagbo qui se présente comme le libérateur du peuple Ivoirien de l'oppression occidentale, rencontre au cours de laquelle l'on voit le chef d'Etat-major faire allégeance ?
Comment peut-on, en régime démocratique, réquisitionner de la manière la plus solennelle qui soit, une armée républicaine, pour empêcher la tenue d'une manifestation de l'opposition politique ? Dans un Etat de droit, les forces de l'ordre ne sont-elles pas les serviteurs de la sécurité et de la liberté du peuple ? N'ont-elles pas le devoir de protéger les citoyennes et les citoyens ? N'a-t-on pas le sentiment que dans la grave crise qui a secoué et secoue encore la Côte d'Ivoire, les FDS ont démissionné face à l'activisme des patriotes et des miliciens et qu'elles ont laissé ces vandales paralyser l'économie du pays, par moments ?
Comment peut-on comprendre que des forces de l'ordre Ivoiriennes armées jusqu'aux dents, en tenue de combat, répriment dans le sang et tirent à balles réelles sur des manifestants aux mains nues, sur ordre curieusement de ceux là mêmes qui prêchent la démocratie et se déclarent démocrates et garants des valeurs démocratiques ?
Pourquoi l'armée ivoirienne agit-elle comme si elle était privatisée, cessant dès lors d'être au service du peuple et de la Nation, pour devenir un service privé à la solde de celui qui détient le pouvoir ?
7. La paix, le cadet des soucis de Laurent Gbagbo et du FPI. L'objet de cette question, à ce stade de notre contribution, n'est pas de justifier la rébellion du 19 Septembre 2002. Cependant, force est de reconnaitre que depuis cette date fatidique, Laurent Gbagbo et son camp, ont constamment obstrué toutes les voies pouvant permettre de déboucher sur un retour de la paix en Côte d'Ivoire, et donné d'eux l'image d'hommes qui, tout " en criant la paix ", éloignaient ou créaient les conditions de l'éloignement de la paix après laquelle les Ivoiriennes et les Ivoiriens languissent.
La rébellion. Nous savons que, suite à l'accession de Laurent Gbagbo au pouvoir en 2000, des soldats déserteurs des FANCI avaient trouvé refuge au Burkina Faso. Nous savons que le pouvoir FPI " les avait déclarés wanted " et mis leurs têtes à prix. Condamnés à l'exil et à l'errance, ils ont eu recours aux armes, et ce fut la guerre...
Mis au parfum de la nouvelle selon laquelle son pouvoir était en danger, Gbagbo Laurent, depuis Rome où il se trouvait, " promit l'enfer " à ceux qui avait eu le toupet de s'attaquer à lui : " Celui qui vient vers moi avec une épée, je le combattrai ; celui qui vient avec un rameau d'olivier, je le recevrai ", avait-il prévenu.
La suite, nous la connaissons, la partition du pays en deux : le Nord occupé par les rebelles d'alors et le Sud " dit utile " selon l'expression de Laurent Gbagbo lui-même, ainsi que le partage du pouvoir d'Etat entre les principaux protagonistes de la crise, lors de la signature des Accords de Linas-Marcoussis. Et depuis lors, les Ivoiriennes et les Ivoiriens ont entrepris le tour de la planète, à la recherche de la paix, malgré une kyrielle de sommets, d'accords et de résolutions, qui n'ont jamais eu les effets escomptés en raison des blocages et des entraves qui sont le fait de Laurent Gbagbo et de son Camp, Gbagbo qui à la faveur de son adresse à la Nation et qui, s'exprimant sur les accords de Marcoussis, avait dit qu'il : " ne reconnaissait pas Marcoussis parce qu'il ne l'a pas signé et parce qu'il était mauvais ". Ainsi, malgré les efforts entrepris par l'ONU, l'UA et la CEDEAO, malgré les changements de premiers ministres qu'il a humiliés et poussés vers la sortie, la paix en Côte d'Ivoire est restée un mirage, un luxe, une utopie.
Outre les volte-face, les pirouettes et la mauvaise foi, Mr Gbagbo s'en est violemment pris à la prestigieuse institution qu'est l'ONU et à ses pairs africains qu'il a constamment nargués et qui lui ont pourtant permis de bénéficier d'une rallonge et de conserver son pouvoir. Pire, les discours et les adresses de Gbagbo à la Nation, par leur caractère martial étaient de véritables messages à la résistance à son camp et à ses troupes. Alors que les militaires (FAFN et FDS) s'engageaient solennellement à ne plus se battre, Gbagbo et les siens, entretenaient le spectre de la reprise des hostilités et, à intervalles réguliers, ameutaient une frange de la jeunesse, des jeunes gens qui se sont subitement découvert des valeurs débordantes de patriotisme, des groupes d'auto défense, bref, des pseudo-défenseurs de la République en danger dont les hauts faits ont été les attaques contre des opposants et contre les intérêts des étrangers. Ainsi alors que les soldats, les premiers concernés par la guerre s'activaient pour fumer le calumet de la paix et éviter à leurs compatriotes la reprise des hostilités, Laurent Gbagbo qui a engagé des mercenaires et recruté des pilotes et des techniciens ukrainiens, violait le cessez-le-feu en ordonnant le bombardement de civils dans la zone nord de la Côte d'Ivoire et en faisant procéder à des interruptions délibérées de la fourniture d'eau courante et d'électricité dans toute cette zone, en pleine période de Ramadan. A l'expiration de son mandat, fin Octobre 2005 et, ayant bénéficié d'une prolongation qui a renforcé son image de président calamiteux, illégitime et illégal, Laurent Gbagbo et les siens s'opposèrent par tous les moyens, c'est-à-dire par la violence, au processus électoral qui devait commencer par les audiences foraines, en déversant encore une fois les hordes de patriotes et de miliciens pour perturber le bon déroulement des audiences foraines, confirmant aux yeux de tous qu'ils sont bien des ennemis de la paix.
L'Accord Politique de Ouagadougou. Sans le consentement préalable des autres signataires de l'Accord de Marcoussis réunis au sein du RHDP, Gbagbo Laurent initie le dialogue direct avec les Forces Nouvelles, dans le but d'en retirer tous les bénéfices et dans le secret espoir de gagner du temps jusqu'en 2010, ce qui lui permettrait d'exercer un second mandat, dialogue qui sera matérialisé par l'Accord de Ouagadougou le 4 Mars 2007. Le peuple Ivoirien salue cet évènement dans l'espoir que Gbagbo et son camp respecteraient scrupuleusement chacune des clauses de cet accord et qu'il conduirait sans heurt et dans un bref délai la Côte d'Ivoire à des élections démocratiques et transparentes, gage d'une sortie effective d'une crise qui n'avait que trop duré. Hélas, encore une fois, que de reculades et de basses manœuvres de la part de Gbagbo et du FPI ! Que d'accords complémentaires il aura fallu pour arriver finalement au second tour de l'élection présidentielle de Novembre 2010, qui a vu le peuple souverain de Côte d'Ivoire exprimer son rejet de l'ensemble de la politique de refondation de Laurent Gbagbo et du FPI, au bénéfice de Mr Ouattara et du RHDP !
8. Le pouvoir Gbagbo et le mystère du sang. Comment la Côte d'Ivoire " Terre d'espérance, Pays de l'hospitalité " qui avait fait de la Paix une seconde religion, a-t-elle pu basculer dans un tel cycle de violence, dans un tel climat de suspicion, de haine et de terreur, dans une telle instabilité, pendant un peu plus d'une décennie ? Pourquoi tout ce sang d'hommes, de femmes et d'enfants innocents qui coule à flot sans discontinuer et qui, telle l'eau d'une rivière, arrose le sol de notre pays? Pourquoi toutes ces tueries, ces massacres, ces meurtres, ces exactions, tous ces portés disparus, bref, ces morts par milliers qui ont endeuillé et endeuillent encore nos populations et principalement les couches les plus pauvres, depuis l'avènement de Laurent Gbagbo au pouvoir?
" Tu ne tueras point " ? Exode 20; 13. Tel est l'un des plus importants commandements de DIEU. Le pouvoir divin dont Gbagbo s'enorgueillit l'exempterait-il de l'observance de ce commandement, lui le fervent chrétien dont la mission éminente, dès son accession au pouvoir, aurait dû être de mener une lutte de tous les instants pour défendre l'homme ivoirien et ses droits et être le défenseur de la justice, de la vérité, du bien, de la liberté et de la paix?
Les monstruosités qui ont été perpétrées depuis sa prestation de serment jusqu'en 2010, ainsi que les violences post électorales enregistrées depuis bientôt quatre mois ne confirment-elles pas les folles rumeurs selon lesquelles son pouvoir découlerait d'un pacte qu'il aurait scellé avec le diable, pacte qui commanderait que, pour la conservation et la consolidation de ce pouvoir, du sang humain soit régulièrement versé ?
Pour nous en convaincre, faisons dérouler devant nos yeux comme un film gigantesque les images de quelques unes de ces monstruosités :
-Les affrontements entre les manifestants et une partie de l'armée, suite à l'appel de Gbagbo d'Octobre 2000 par lequel il invitait le peuple ivoirien à prendre la rue pour empêcher " qu'on ne lui vole sa victoire ", ont fait des centaines de morts
-Dès le lendemain de sa prise du pouvoir, des centaines de manifestants du RDR sont massacrés.
-Des cas de charniers et des fosses communes sont aussitôt enregistrés.
-Les victimes des purges au sein de l'armée, suite aux rumeurs de tentatives de complot contre sa personne.
-La liquidation du Général Robert Guéi et de plusieurs membres de sa famille.
-Les manifestations de l'opposition de mars 2004 réprimées dans le sang, bilan : 120 morts, selon l'ONU, environ 600, selon l'opposition.
-L'utilisation des jeunes comme bouclier humain, en Novembre 2004.
-Les meurtres et les crimes programmés et perpétrés par des assassins encagoulés, les fameux escadrons de la mort.
-Les victimes de l'épandage des déchets toxiques.
-Les victimes des actes violents et de la barbarie des pseudo-patriotes et des milices tribales.
-Le bilan macabre des violences et des violations atroces des droits de l' homme en Côte d'Ivoire, depuis décembre 2010 : 462 à 600 morts, encore des charniers, des portés disparus, de nombreuses exactions et environ un million de déplacés ou de réfugiés, selon des experts de l'ONU.
Au vu de tout ce qui précède, Gbagbo qui a passé dix ans au sommet de l'Etat, dont cinq sans élection, a largement prouvé qu'il n'a aucun respect de la vie même de ses concitoyennes et des ses concitoyens… Au lieu de s'accrocher avec l'énergie du désespoir au fauteuil présidentiel, il aurait dû dégager depuis le 28 novembre 2010, s'il aimait vraiment son pays comme il le prétend, lui le nationaliste, pour épargner ainsi à son peuple tant de sacrifices et de sang, un peuple qui croupit dans une misère noire. Le peuple n'est pas amnésique qui, dans son immense majorité a souffert et souffre encore du joug d'un autocrate et d'un régime FPI sanguinaire, à 100 % policier qui, à la vérité, ne croit pas à la démocratie ; un régime qui au lieu de construire le bonheur de son peuple, est devenu une sorte d'enfer carcéral où ne prévaut que la pensée unique, le droit à la parole libre étant séquestré; un régime qui s'est emparé des média d'Etat qu'il a assujettis au service et à la propagande d'un seul ; un régime qui a endoctriné et abruti une frange de la jeunesse, cette jeunesse jadis considérée comme la prunelle de l'œil de la Nation et que l'on veut aujourd'hui sacrifier sur l'autel de l'hégémonie politique en les recrutant par milliers pour défendre un pouvoir perdu ; un régime qui se délecte du sang de ses enfants : un pouvoir idolâtre.
Oui, le bon peuple n'est pas amnésique, qui se souvient de ces images horribles de corps inertes, victimes de la barbarie des forces de défense et de sécurité qui n'ont eu aucun scrupule à tirer à l'arme lourde sur des manifestants pacifiques aux mains nues, et des images de femmes tombées sous les balles assassines de ces mêmes forces, baignant dans une mare de sang.
Rappelez-vous Mr Gbagbo, qu'au plus fort de la crise, en 2002, alors que votre pouvoir était chancelant, vous avez fait exposer le Saint Sacrement en votre résidence...
Aujourd'hui, vous vous croyez installé dans la sécurité, une sécurité du reste illusoire, parce que vous possédez l'argent, le pouvoir et la puissance. Mais vous devez savoir que Dieu qui permet à certains hommes cruels ou cyniques de prospérer aux dépens de leur peuple, a toujours le dernier mot : vous ne pouvez pas ruser avec Lui. Les Saintes Ecritures et l'Histoire, vous le savez, nous enseignent que l'orgueil entraine toujours la chute.
Encore une fois : rendez le pouvoir, humblement et pacifiquement à Mr Ouattara, le vainqueur de l'élection présidentielle du 28 novembre 2010. Acceptez de mettre fin à votre parcours par un acte de courage, un geste de lucidité qui vous fera honneur, en reconnaissant enfin que vous n'êtes plus l'homme de la situation.
Rejetez définitivement loin de vous la tentation de l'homme qui tient à ce que l'apocalypse règne en Côte d'Ivoire, c'est-à-dire, la guerre civile, l'embrasement général, le feu et le sang, le chaos.
Ce geste de courage et de lucidité, vaudra son présent d'or et sera agréable au Seigneur Dieu de Miséricorde et d'Amour, qui s'en souviendra à l'heure des comptes, Heure terrible, Heure où l'ire divine s'abattra sur ceux qui se présenteront devant Lui les mains tachées du sang de leurs frères et sœurs, ceux qui auront refusé d'accueillir son pardon et qui découvriront pour leur malheur qu'il n'ya pas de moyen terme, à savoir qu'on doit choisir entre Dieu ou Mammon.

ABBE JAMES AKA WADJA
" Prêtre Fidei Donum ",
en Mission en Tunisie
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