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Politique Publié le lundi 9 janvier 2012 | Le Patriote

Voici où le corps de Kieffer a été enterré, des images exclusives et inédites

© Le Patriote
Affaire Kieffer : Mme Silou-Kieffer
Le crime n’était pas parfait. Huit ans après la disparition du journaliste Guy-André Kieffer, son squelette a été découvert non loin du village de Yaokro, sur l’axe Issia-Saioua, dans le fleuve qui passe sous le pont La Gorée, comme le mentionne la pancarte. Si ce n’était pas la témérité du commandant Doumbia Alassane dont l’enquête a permis de découvrir la vérité et le coup de pouce de personnes qui ont pris une part active dans la mise sous terre du journaliste, ou des témoins qui ont tout vu, personne n’aurait trouvé la dépouille du journaliste. Tant les auteurs présumés ont agit en vrais professionnels. Hier, lorsque nous arrivons sur les lieux du forfait, une demi-dizaine d’éléments des FRCI du commandant Doumbia Alassane sortent de la broussaille, armes au point, les visages fermés. C’est que la consigne est on ne peut plus claire. Aucun média ne doit avoir accès au site. Heureusement nos guides sont promptes. A leur vue, les soldats en charge du site effectuent d’impeccables militaires. «Ce sont des journalistes du Patriote. Ils sont l’autorisation et la caution du commandant pour venir faire des prives de vue,» précise un de nos guides. «Ok! Soyez les bienvenus. Suivez-nous», lance l’un d’entre eux, certainement le chef du groupe. Les éléments qui montent la garde, longent le pont en direction de Saioua. Nous en faisons de même. Sur quelques mètres, nous tournons à gauche. Enjambons le garde-fou. Empruntons un sentier en pleine pente descendante et nous manquons même de faire une chute tant le sentier est recouvert de hautes herbes. Deux éléments de ceux qui montent la garde sont devant nous. Suivis de nos guides, au nombre également de deux. Nous fermons la marche. Par mesure de sécurité et de prudence, l’un de nos guides, dès que nous avons commencé à descendre la pente, s’est mis à charger sa kalach. Toute chose qui nous a filé une petite trouille. «Voilà c’est ici,» lance-t-il, lorsque nous arrivons sous le pont. C’est un étang à perte de vue. Un vrai marécage en raison de la saison sèche. Pour cette raison, le fleuve a beaucoup tari. Laissant la place à la boue, des palétuviers et à des points d’eau de couleur verdâtre. Des arbres aussi bien grands que petits, des lianes et de herbes s’entremêlent dans un décor de jungle et de forêt classée. Normal. Ici, nous sommes, ne l’oublions pas, sous un pont et comme personne en principe, n’est sensé y venir, la végétation est à l’état pure et à l’état brute. C’est donc sous cet imposant pont que le corps du journaliste a été déterré. Trois trous sont visibles et l’on note des traces de pas. Les trous en question sont creusés juste à côté d’un des solides piliers du pont.

Corps retrouvé

Il y a de l’eau dans les trous jusqu’à leur surface et des reflets dus aux rayons du soleil amènent ceux qui s’y approchent à se barrer le visage avec la main pour pouvoir l’eau contenue dans ces trous. Tout autour, de la boue et des monticules de terre humide. Ce qui fait que le moindre pas posé par le visiteur, laisse des traces et les empreintes de ses chaussures. Les précédentes que nous avons trouvées sur place, sont sans aucun doute ceux des hommes de Patrice Ramael et du commandant Doumbia, le jour de la recherche et de l’exhumation du corps, c’est-à-dire vendredi dernier. Mais le corps a été retrouvé dans un seul. Plus précisément dans le troisième, à droite et qui est beaucoup plus large et à côté duquel sont visibles des bouts de plastique noire. Selon les informations en notre possession, avant d’être enfoui dans cet endroit qui a été creusé en profondeur, les auteurs ont emballé le corps de Guy-André Kieffer dans un plastique de couleur noire. Sans doute que dans leur entendement, le corps disparaitrait avec le temps. Surtout qu’en période de saison pluvieuse, le fleuve s’étend à perte de vue, sans toutefois déborder. Manque de pot pour les ‘’fossoyeurs’’, le plastique a conservé le corps même près d’une décennie. Seulement comme l’endroit est marécageux, quelques parties ont été rongées par le temps. L’on peut même voir sur place, quelques morceaux de ce plastique en question. C’est le cœur serré d’angoisse que nous quittons les lieux, avant que le crépuscule en tombe.

Yves-M. ABIET Envoyé spécial

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