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Politique Publié le mardi 10 janvier 2012 | Le Patriote

Après la découverte du corps/ Les populations témoignent: “Nous sommes soulagées”

© Le Patriote Par DR
Presse - Campagne d`affichage public pour le journalistes franco-canadien Guy-André Kieffer disparu en 2004 à Abidjan
En attendant les résultats du test d’ADN qui pourraient être connus aujourd’hui même, les populations des villes d’Issia et Saioua ainsi que du petit village de Yaokro se disent «soulagées» par la découverte des ossements: «Depuis que cela a été découvert, nous sommes soulagés. C’est comme si l’on nous avait déchargé d’un lourd fardeau,» raconte un jeune habitant d’Issia. C’est que selon les populations de cette ville, beaucoup de personnes n’ignoraient pas qu’un «corps d’un Blanc» avait été enterré à cet endroit: «Mais on allait faire comment?,» soutient-on. Même son de cloche dans le désormais célèbre village. «Ici, ils ne sont pas nombreux qui peuvent soutenir qu’ils ne savent pas que quelqu’un a été mis sous terre,» révèle notre interlocuteur. Mais alors pourquoi, alors que la presse nationale et internationale n’a eu de cesse, durant tout ce temps, de communiquer sur la disparition du journaliste Franco-canadien Guy-André Kieffer, ces ‘’sachants’’ n’ont-ils pas eu la présence d’esprit d’aider à faire éclater la vérité? A cette question, les populations répondent avec prudence. «On ne savait pas et on ne sait toujours pas encore qui c’est. Et puis, la lecture des journaux ici n’est pas notre fort. Quand on se réveille, on va au champ. Ceux qui sont en ville vaquent à leurs occupations. Maintenant que la vérité commence à se savoir, nous attendons avec impatience les résultats des analyses (NDLR: le test ADN) pour que notre soulagement soit complet car nous voulons savoir vraiment s’il s’agit effectivement du corps du journaliste,» poursuit avec une certaine aisance ce jeune garçon dans un français impeccable, mais qui a catégoriquement refusé de décliner son identité, insistant pour nous parler sous le couvert de l’anonymat. Dans la ville de Saioua même, les habitants affirment qu’ils «ne sont pas trop fiers» de cette référence. «Depuis le samedi où la nouvelle de la découverte d’un corps dans notre région a fait le tour du monde, les journalistes ne font que défiler ici. Notre région était connue pour être une des régions productrices de cacao.

Désormais, lorsqu’on voudra parler de notre région, on dira; ‘’ah ce n’est pas la ville où le corps du journaliste blanc-là a été découvert? », s’indigne TL, un fonctionnaire et natif de la région, en poste dans un établissement secondaire de la ville et rencontré devant un bâtiment qui abritait une société de microcrédit. Les débats et commentaires sur la découverte des restes de ce squelette a dépassé les frontières du petit village de Yaokro et des villes d’Issia et de Saioua. A Daloa, l’une des grandes villes du pays située à moins d’une cinquantaine de kilomètres d’Issia, le ‘’cas Kieffer‘’ demeure le sujet de conversation des populations. Devant les kiosques à journaux, dans les maquis et restaurants, les populations de la cité des Antilopes, comme celles des villes citées plus haut, sont pressées de connaitre les résultats du test ADN annoncé. «Cela soulagera tout le monde», croit cet élève en classe de Terminal au Lycée 2 de la ville.

Yves-M. ABIET
Envoyé spécial

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