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NTIC Publié le jeudi 22 mars 2012 | Le Patriote

Enquête / proliferation de la cybercriminalite : En ouverture : Paradis de la cybercriminalité

Locomotive de l’économie sous-régionale, locomotive dans la création artistique et musicale en Afrique, la Côte d’Ivoire est en passe de devenir la plaque tournante de la cybercriminalité. Pour la petite histoire, au commencement, dans les années 2000, cette pratique était le fait de jeunes aventuriers nigérians et libériens tristement célèbres à travers le monde. Aujourd’hui, « le broutage » comme on le nomme dans le jargon, est devenu l`affaire des jeunes ivoiriens. Le phénomène englobe trois catégories d’activités criminelles : d’une part, les formes traditionnelles de criminalité, telles que la fraude et la falsification informatiques (escroqueries, fausses cartes de paiement, etc.), d’autre part, la diffusion de contenus illicites par voie électronique, et enfin, les infractions propres aux réseaux électroniques, c’est-à-dire les attaques visant les systèmes d’information, le déni de service et le piratage. Ayant appris aux côtés des Nigérians et Libériens, le jeune ivoirien à l’imagination fertile, passe très rapidement maître dans la science de l’arnaque sur la Toile. La fraude informatique et l’arnaque via le Net connaissent depuis une décennie, "une ascension fulgurante" et "dramatique". Les escrocs sur la Toile à la sauce ivoirienne se recrutent parmi les jeunes de 15 à 35 ans. Ils profitent sur place d`un réseau Internet très développé. Si le mot "brouteur" tire son nom de ruminants qui ne craignent pas de se ravitailler hors de leur zone, c’est à la faveur du mouvement artistique « coupé- décaler » qui fait l’éloge d’une jeunesse qui mange la vie à belle dent, que le phénomène atteint son apogée. Les « Boucantiers », ces grands frimeurs qui claquent sans souci, des liasses de billets de banque dans les boîtes de nuit, tous les jours, séduisent les jeunes filles et même la population entière. A la vérité, ils sont pour la plupart des cyber-escrocs. Ils envahissent les quelques 800 cybercafés de la capitale économique ivoirienne, d`où ils peuvent gagner jusqu`à deux millions de FCFA (3. 000 Euros) chacun par jour, selon Sylvère Kotty, expert à la police scientifique, comme Eric Kodjo qui passe ses journées avec d`autres "brouteurs" dans un "cyber" du quartier populaire d`Adjamé. Ces jeunes vont dénicher leurs victimes sur des sites de rencontres. Un étudiant brouteur nous explique avoir coutume de se "faire passer pour une fille" en complétant ses divers "profils" avec des photos de mannequins. Petit à petit, il s`emploie à tisser des liens avec sa proie, un homme souvent âgé. Au moment propice, la fausse jeune fille, qu’il est, se décide à demander de l`argent. Ce jour-là, elle appelle à l`aide parce qu`"on a cassé sa boutique". Le crédule bienfaiteur sera délesté de 600 Euros. Ces brouteurs qu’on rencontre dans les différents quartiers d’Abidjan pour la plupart, opèrent en toute sérénité : «La population nous a adoptés, on nous voit rouler dans des cylindrées, faire les shows dans les night clubs et même assis dans les cybercafés. Mais, pour que la police nous traque, il faut que quelqu’un nous dénonce. Or, les gens nous encouragent par leur silence parce que c’est l’argent des Blancs que nous broutons juste un peu » confie, le jeune étudiant brouteur. La souplesse ou les insuffisances de la législation ivoirienne en matière de lutte contre la cybercriminalité fait que les cyber-délinquants se croient dans un « cyber paradis ». Il est plus qu’urgent d’harmoniser la législation répressive ivoirienne, sur le modèle de l`"article 419" adopté au Nigeria qui punit sévèrement cette nouvelle forme de criminalité

Broutage ou escroquerie à ciel ouvert à Abidjan

Ils sont pour la plupart assis dans les cybercafés de la ville d’Abidjan, où ils y passent le clair de leur temps. Dans le milieu de la police scientifique, on les appelle les "brouteurs". Ils forment souvent des coteries bien organisées et agissent en meute. Toute la journée, ils sont assis devant des ordinateurs connectés à Internet. Nous avons fait une immersion dans l’univers de ces jeunes qui ont trouvé le moyen de gagner de l’argent facile sur la Toile.
D’une demi-voix monocorde, il se parle à lui-même. Assis dans l’angle, derrière la grande porte qui s’ouvre sur le salon de la résidence de luxe que nous découvrons avec admiration, Yanick Koan Mossam, la quarantaine passée, victime résignée d’un cyber-escroc, affiche un air de remord et est visiblement embarrassé. « Comment j’ai pu être aussi naïf ? Je m’en veux terriblement … » se tord-t-il de regrets. Homme d’affaires prospère dans le domaine du Bâtiment et Travaux Public (BTP), Yanick Mossam a fait la rencontre d’une jeune fille à la poitrine aguichante, sur les réseaux sociaux, il y a un peu plus de trois mois. De correspondances en correspondances, les deux êtres via le Messenger, finissent par se rapprocher davantage et une idylle amoureuse s’installe. « Il se faisait passer pour une jeune fille, Amina. Me demandant au moment où on se sentait très lié, mes fantasmes et bien d’autre, bla-bla-bla… des truques du genre à vous tourner la tête. Je m’explique difficilement comment, mais j’ai fini par mordre à l’hameçon » avoue, avec amertume, Yanick. Puis de poursuivre « Une fois j’étais dans la sous-région, en mission, après une rude journée, rentré à mon hôtel tard dans la nuit, je vois Amina connectée, Webcam activé, elle était toute nue comme un verre de terre. Je ne peux vous dire plus. Cette scène que je regrette de ma vie a été soigneusement enregistrée par le malfrat qui ne cesse de me faire un chantage ». Selon la victime, qui a bien voulu se confier, le « brouteur » lui exigeait une rançon de cinq millions via une agence de transfert d’argent. Il a dû marchander longtemps pour que le « quidam » revoie ses prétentions à la baisse (trois millions). « De peur de voir ma réputation prendre un coup, je me suis exécuté… ».

En effet, le jeune cyber-escroc, menaçait de balancer la scène vidéo au premier responsable et aux partenaires en Affaires qu’il a pris la peine de bien lister. Mais également, aux membres de la famille, nous explique-t-il. « J’ai dû étouffer temporairement mon affaire à coup de millions de peur de salir mon honorabilité dans ce cénacle fermé des bonnets du BTP en Afrique de l’Ouest ».

Payer la dime du chantage et éviter l’humiliation

Si Yanick continue d’étouffer cette affaire en satisfaisant tous le désidérata du jeune « brouteur » de 16 ans, ce ne fut pas le cas, il y a peu, précisément le 24 décembre dernier du sous- directeur des Eaux et Forêts, Beauget Kouma. L’homme est tombé les deux pieds joints dans la nasse que les « brouteurs » appellent le « love tchate ». Une vidéo de l’officier des Eaux et Forêts se masturbant via Webcam devant sa correspondante virtuelle a vite fait le tour de la planète. Refusant de verser au « brouteur », la dime qui aurait été son « salut », l’homme, a payé cash cette idylle amoureuse. Beauget Kouma a été viré de son prestigieux poste, alors qu’il venait, il y a à peine deux mois, d’être promu au poste de Sous-directeur des Eaux et Forêts de Côte d’Ivoire. L’officier actuellement, profil bas, rase les murs de la République. Toujours présente sur le site www.koaci.com, la vidéo enregistre au moment où nous terminions la nôtre plus de 35 mille visiteurs. Si les victimes des cybercriminels se recrutent en Côte d’Ivoire et dans les pays de la sous-région, la proportion des victimes européennes, selon les dénonciations qu’enregistrent les services de la Plate-forme de lutte contre la cybercriminalité en Côte d’Ivoire de la police scientifique, est dix fois plus élevée. « Les pigeons », les victimes des pays d’Europe, comme les appellent les « brouteurs », sont les plus faciles à plumer. En général, explique Lionel Hamilton alias le « Silencieux », « nous sommes presque de la même promo. Si certains préfèrent évoluer seuls, nous par contre, pour les besoins de stratégies intégrées avec des jeunes filles, nous opérons par groupes. Mais chacun y va de son astuce pour appâter les « pigeons » ou les « colis ». A des heures de repos que nous qualifions heures de pointe, nous envahissons les forums de tchatches sur le Net en nous faisant passer pour des jeunes filles ou des homosexuels. Après avoir fait connaissance avec le maximum de personnes, nous passons à une autre étape. Nous les invitons sur Messenger, histoire, pour nous, d’avoir et de partager plus d’intimité avec le nouveau pigeon ». Pour ce jeune « brouteur », il est impératif de faire croire à son correspondant qu’il a affaire à une fille. « Quand tu n’as pas la complicité d’une jeune fille, on se rend alors sur certains sites pour y prendre des photos de jeunes filles devant servir à illustrer l’interface ». Le contact établi, très souvent, le jeune « brouteur » se dit prêt à tout, pour satisfaire les fantasmes du correspondant. On s’emploie donc à enflammer les sens et amener le correspondant à céder lorsque les demandes seront formulées. « On lui fait croire qu’on veut acheter une webcam ou un ordinateur pour qu’il puisse satisfaire sa libido, en toute discrétion à la maison, via la camera. Pour faire bien, on donne même un numéro de téléphone ». C’est là qu’interviennent les jeunes filles. Ce sont elles qui répondent, avec toute la sensualité, quand le « pigeon » qui veut se rassurer appelle. Si la méthode du « love tchatche » est l’un des modes d’arnaque prisés par les « brouteurs » d’Abidjan, la soixantaine d’avis que nous avons recueillis dans le milieu des jeunes « brouteurs » que nous avons rencontrés, c’est l’arnaque à l’héritage, l’usurpation de compte mail et la frappe à la loterie qui offrent plus de gains dans le milieu. « Avec la frappe à l’héritage, mon premier gain était de 15 millions FCFA et le second, de 45 millions. C’est du balèze et du concret. Celui qui caracole au sommet de l’hit-parade des brouteurs d’Abidjan depuis 2010 a réalisée une frappe de 250 millions versés en deux tranches » nous confie Loïc Otokoré alias « Anonymat le phénomène » au volant de sa BWW flambant neuf, tout en nous montrant les reçus de retraits auprès de l’agence de transfert d’argent. En effet, la frappe à l’héritage consiste, poursuit notre interlocuteur « à se faire passer pour le fils d’un bonnet africain dont l’héritage, une forte somme d’argent, est coincée dans une banque et solliciter de l’aide pour débloquer la situation. Et comme contrepartie, un partage équitable du montant. Sur la centaine de spams que tu envoies, il y a 10 qui répondent, l’un d’entre eux finit par mordre » explique un autre « brouteur » du nom d’ Aboudramane Sanogo alias « Abdul le pognon ». « J’ai raconté des bla-bla à une vielle hongroise vivant en Suisse, qu’étant fille d’un des leaders de l’anciens régime de Laurent Gbagbo, que mon père a dissimulé en mon nom une forte somme près d’ 1,8 milliard. Je dois tout faire pour toucher cette manne. Mais qu`il me fallait d’abord 5200 euros pour entamer la procédure administrative avec l’aide d’un avocat. Elle a avalé mes couleuvres et très sensible, elle a fait plusieurs fois via Western union tous les montants que j’ai sollicités. Alors quand elle a décidé de se rendre Abidjan pour me rencontrer, elle a reçu un coup de téléphone d`un soit disant médecin qui lui annonçait la mort accidentelle de Melissa qui était mon pseudonyme » se confesse, le jeune Sanogo avec qui nous échangeons dans un cybercafé de la place. Si certains « brouteurs » choisissent leur victime parmi les personnes de droit privé, d’autre plus ambitieux et mieux outillés se font de gros sous, en profitant de la négligence de certaines normes de sécurité des d’entreprises de la place.

L’Injection SQL l’arme redoutable des bouteurs

Les multinationales de télécoms sont, à vrai dire, les cibles privilégiées de ces jeunes « brouteurs » accrocs du Net. Ils exploitent les failles de configuration de sécurité des terminaux des fournisseurs de services Télécom et d’Internet. « Il m’est possible, en me tenant à proximité de cette entreprise, de découvrir leur réseau sans fil, de « craquer » les mots de passe, de m’introduire dans le réseau local et d’intercepter tout le flux d’informations du réseau, jusqu’aux communications téléphoniques pourtant chiffrées ». Puis, poursuit C. Konan, «avec des outils téléchargés sur Google qui me permettent de récupérer les mots de passe pour ensuite m’introduire dans des applications telles que l’intranet, le workflow, le service transfert d’argent, le service facturation, la messagerie internet, le service edoc, etc., mieux de récupérer des paramètres d’appels de passerelles ToIP d’un fournisseur local, ce qui me donne la possibilité d’appeler gratuitement tous les numéros du monde entier ». Selon lui, il lui est même possible de récupérer les identifiants de connexion des abonnés (usurpation d’identité de connexion Internet) d’éditer des informations d’abonnement en changeant et en reconfigurant le mot de passe d’administration. « Je fournis l’Internet à mes propres clients qui me paient la facture chaque fin de mois et cela me fait un peu plus de 700 à 800 mille par mois » nous confie le jeune « brouteur » qui nous montre la liste de 1500 comptes de clients d’une banque de la place dont il a, en temps réel, tous les mouvements effectués. Il n’est donc pas exagéré de dire que la Côte d’Ivoire semble être une plaque tournante de la cybercriminalité en Afrique. Dans ce pays, les « brouteurs » gagnent tellement d’argent qu’ils sont la deuxième proie des jeunes filles, après les footballeurs ivoiriens, très loin devant les gros bonnets de la Fonction publique.


Cadre juridique inadéquat

Les nouvelles autorités l’ont bien compris. Elles ont pris une panoplie de textes appropriés. Un décret n° : 2011-476 du 21 décembre 2011 permet désormais à la police scientifique d’opérer avec beaucoup de célérité dans la lutte contre les cybers-escrocs. Un autre qui identifiera très bientôt, tout utilisateur d’Internet et de téléphone mobile et fixe, viendra quant à lui, renforcer davantage l’arsenal juridique actuel de la lutte contre cette nouvelle forme de criminalité. Mieux, le ministère d’État, ministère de l’intérieur à travers la direction générale de la police scientifique et la sous-direction de l’informatique et des traces technologiques (DITT) vient d’activer les services de la plate forme de lutte contre la cybercriminalité piloté par le Capitaine de police Kotty Sylvère. Une plate-forme qui, selon son premier responsable, s’est vue doter de moyens conséquents et de personnes qualifiées pour traquer en temps réel les « brouteurs ». « Aujourd’hui, le système mis en place nous permet de remonter jusqu’à l’ordinateur de celui qui a commis l’acte. Ensuite, il faut pouvoir mettre la main sur le cyber-escroc. Les nouveaux textes qui seront bientôt adoptés, vont faire obligation à tous les utilisateurs d’Internet, de s’identifier auprès de leurs opérateurs, de façon à ce qu’un lien clair et définitif soit fait entre un terminal qu’il soit téléphone mobile ou informatique et une personne physique connue » indiquait récemment, le ministre Koné Bruno au cour d’une interview accordée à la presse. Mais le hic, c’est que les infractions parfois nouvelles, continuent d’être réprimées par des lois traditionnelles prévues par les codes de procédures pénales et le code pénale ivoirien. Ainsi, toutes les infractions commises par les brouteurs, sont généralement qualifiées par le juge d’escroquerie. « Il y a des infractions nouvelles dues à l’usage de matériels informatiques qui n’entrent pas dans l’asphère des lois pénales traditionnelles. Ces infractions, il faut le reconnaitre, entament sérieusement l’image de marque du pays. Nous estimons qu’il y a des adaptations et des améliorations à faire à ce niveau pour nous permettre de travailler avec beaucoup plus d’efficacité », souhaitait un expert de la plate-forme de lutte contre la cybercriminalité. Il est donc impératif pour le gouvernement et le parlement, d’œuvrer pour que le projet de loi soit adopté afin que la Côte d’Ivoire dispose d’instruments juridiques adéquats pour une lutte contre un phénomène qui prend des proportions de plus en plus inquiétantes. L’exemple des pays comme le Nigeria et le Cameroun où les autorités ont mis en place des lois plus répressives doit faire école. A preuve l’adoption de ces lois plus sévères selon les experts de la lutte contre la cybercriminalité ont contribué considérablement a freiné ce fléau dans ces différents pays. Se sentant traqués chez eux, ces brouteurs sont venus grossir les rangs à Abidjan.


Les techniques d’arnaque : L’usurpation de compte mail ou Facebook

On vous envoie un spam dans votre compte mail et on vous dit de le mettre à jour. Lorsque vous réalisez l’opération, votre mot de passe et toutes les informations sur votre identité sont retransmis en temps réel à l’expéditeur qui prend possession de votre compte dont il se sert pour envoyer des demandes d’aide d’argent à tous vos correspondants. Des autorités ont été victimes de cette forme d’arnaque

L’injection SQL

L’arme redoutable des brouteurs d’Abidjan, pour récupérer les informations secrètes et confidentielles est «l’Injection SQL» (Structure-Query-Languages). De nombreuses entreprises stockent des données importantes et secrètes dans des bases de données. Pour dialoguer avec elles, elles utilisent le langage «SQL». A partir de son navigateur, l’employé envoie une demande d’information ou d’inscription au serveur. Cette demande se fait sur la base d’une requête très structurée analysée par le Serveur de Bases de Données (SBD). Et si elle est compréhensible, le SBD traite la requête. Seulement par le réseau Wifi, le brouteur qui recherche des informations sur une entreprise envoie de fausses requêtes qui peuvent être interprétées par le serveur. Il injecte donc dans le champ du serveur des formulaires compréhensibles par celui-ci. En retour, celui-ci lui renvoie les vraies informations.

L’arnaque à l’héritage

Elle consiste à envoyer des spams ou des mails où le cybercriminel se présente à sa victime comme étant fils d’un bonnet africain, disposant d’une fortune bloquée dans une banque. Il sollicite alors l’aide de sa future victime pour sortir cette manne de la banque. Et la victime lui envoie par vagues, à sa demande, de l’argent pour faire des papiers administratifs, en assurant la victime qu’une fois l’argent dehors, elle recevra une bonne contrepartie.

Le love tchatche

Le cybercriminel se fait passer par une jeune fille et/ou avec la complicité d’une jeune fille. Il établit une relation d’amour avec la victime. Et la confiance venant, le cyber-escroc abuse financièrement de la victime. Dans certains cas, le love tchatche conduit souvent à un chantage où le cybercriminel amène la victime via webcam à s’adonner à des exercices abjects. La scène est aussitôt enregistrée et une copie est expédiée à la victime, le chantage commence...

La technique de loterie

Le cyber-escroc vous appelle et vous dit que vous venez de gagner à une loterie et vous indique des méthodes pour entrer en possession de votre lot.

Keylogger dans les cybercafés

Keylogger, «un logiciel permettant d’enregistrer tout ce qui est saisi au clavier». Cette application permet donc d’avoir accès à tout ce qu’une personne a pu taper sur un clavier. Lorsque l’usager du cybercafé consulte son mail tout son identifiant est enregistré et transmis en temps réel à un cyber-escroc qui est en complicité avec le gérant du Cybercafé.

Plus de 14 milliards de FCFA arnaqués

La Côte d’Ivoire est le trou noir dans le système de paiement électronique en Afrique et même dans le monde. Au cours de l’année défunte, c’est plus de 14 milliards de F CFA que les brouteurs ont soutirés à leurs victimes.

Le hit parade des brouteurs d’Abidjan

Certains noms vous paraîtront familiers. Les DJ chantent leur grande générosité dans les sonorités les plus en vogue du moment. Un hit parade des brouteurs d’Abidjan est établi sur la base des montants colossaux arnaqués et est diffusé sur des sites Internet en mode vidéo sonore ou en diapos. Le dernier en date est disponible sur Youtube.com et kaoci.com

Complicité des agences de transfert d’argent

Pour toucher l’argent envoyé au nom de la jeune fille imaginaire, les « brouteurs » bénéficient le plus souvent, de la bienveillance des agents travaillant dans des sociétés de transferts d’argent. Un billet glissé à la guichetière et celle-ci ferme les yeux sur l’identité du bénéficiaire de l’argent et ne demande pas de carte d’identité.

Des pratiques occultes

Dans le cadre de la mise en confiance de la victime, les cyber-escrocs ont le plus souvent recours à des pratiques occultes pour qu’au moment de la formulation de la demande d’aide la victime n’y trouve pas d’objection. Le plus souvent quand ça ne marche pas, le charlatan ou le supposé réalisateur de miracles est passé à tabac ou alors quand ça marche, les promesses faites sont vite oubliées.

Phénomène prisé par les étudiants et élèves

Les « brouteurs » d’Abidjan se recrutent de plus en plus dans les rangs des élèves et étudiants. Avec la fermeture prolongée des universités, certains étudiants ont vite fait de se transformer en « brouteurs ». Histoire d’avoir un peu d’argent pour survivre
MK

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