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Région Publié le lundi 25 novembre 2013 | Nord-Sud

Zallé Lassina, chef central des burkinabè de Gagnoa à propos de la carte consulaire biométrique : «Voici la partie qui nous dérange un peu»

Zallé Lassina, chef central des burkinabè de Gagnoa, salue l’arrivée de la nouvelle carte consulaire biométrique. Toutefois, il émet quelques réserves notamment en ce qui concerne son coût et sa durée de validité.

Une opération d’enrôlement pour l’obtention de la carte consulaire biométrique pour les ressortissants du Burkina Faso vient d’être initiée. Quelle est votre réaction ?
Pour ce qui est de la carte consulaire biométrique mise en place par les autorités du Burkina Faso, c’est une très bonne initiative. Il faut dire qu’avec cette opération, l’Etat burkinabé va connaître le nombre exact de ses ressortissants en Côte d’Ivoire. Seulement, je note un petit handicap compte tenu des moyens. Par moyen, il faut entendre que la carte consulaire est majorée jusqu'à 7000 Fcfa pour trois années. Les compatriotes auraient souhaité que la date de validité soit jusqu’à cinq ans. Cela allait davantage nous permettre de prendre plus de cartes. Mais à ce coût et avec cette durée de validité réduite, ce sera difficile pour une famille composée de sept ou dix individus d’obtenir tous des cartes. Voici la partie qui nous dérange un peu. Sinon l’opération en elle-même est à saluer et à encourager.

A combien estimez-vous la population burkinabè dans la région ?
Il est actuellement difficile de donner un chiffre exact de nos ressortissants. Mais retenez que nous sommes nombreux. Il faut faire un recensement pour avoir un chiffre. C’est à juste titre que nous saluons cette opération d’enrôlement pour l’obtention de la carte consulaire biométrique de notre pays. Elle va permettre de connaître exactement le nombre de burkinabè vivant en Côte d’Ivoire.

Quel commentaire faites-vous sur les nouvelles lois relatives à l’apatridie, au foncier et à la nationalité ?
Ces lois votées sont à saluer. Je félicite aussi les autorités ivoiriennes. Selon ces lois, tous les burkinabè vivant en Côte d’ Ivoire nés de 1960 à 1972 sont déjà Ivoiriens en présentant l’extrait de naissance. C’est une aubaine que les personnes nées dans cette période saisissent. Et tous les jeunes doivent la saisir. Pour les personnes nées après 1972 et qui veulent la nationalité ivoirienne, elles doivent faire une demande qui s’élève à 50 000 Fcfa. Tous ceux qui sont venus avant 1960 sont invités également à présenter un document qui prouve qu’ils sont en Côte d’Ivoire avant cette date. Moi j’ai un document qui justifie que je suis ici avant 1960. J’ai mon bulletin de salaire qui date de 1959. Donc d’office, je suis Ivoirien. Je dis merci à la fois au Burkina et à la Côte d’Ivoire pour cette initiative. Je suis très heureux d’obtenir cette nationalité. Au Burkina Faso, ma génération n’existe plus donc il serait difficile que je parte m’y installer.

Vos ressortissants sont souvent accusés au cours des conflits fonciers. Que faites-vous pour réduire au minimum ces violences ?

Lorsque nos parents arrivent, ils ne cherchent pas à voir les responsables de ces terres-là. Ils les occupent sans avoir l’autorisation du vrai responsable. Et c’est ce qui justifie ces palabres. Nous avons plusieurs fois réglé ces genres de conflits dans les hameaux, villages et villes. Nous leur avons dit : désormais, avant d’occuper une parcelle pour exploitation, il faut absolument enquêter afin de connaître le vrai propriétaire.

Quel est l’apport de votre communauté pour la réconciliation en Côte d’Ivoire ?
Nous faisons beaucoup pour la réconciliation. Nous sommes déjà dans le processus de réconciliation nationale souhaité par les autorités ivoiriennes. Nous avons effectué des campagnes d’information et de sensibilisation dans nos régions. Nous avons invité nos compatriotes et les Ivoiriens à vivre ensemble. Puisque les Ivoiriens sont nos tuteurs, nous sommes tenus de nous entendre et de vivre ensemble quels que soient nos différends.

ED (stagiaire)
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