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Économie Publié le mardi 19 mai 2015 | Banque Mondiale

Revue de la performance du portefeuille des projets financés par la Banque mondiale : l’allocution de Monsieur Ousmane DIAGANA, Directeur des Opérations de la Banque mondiale pour le Benin, le Burkina, la Côte d’Ivoire, la Guinée et le Togo

© Banque Mondiale Par DR
Revue de la performance du portefeuille des projets financés par la Banque mondiale
Lundi 18 mai 2015. Abidjan. Revue de la performance du portefeuille des projets financés par la Banque mondiale.
Monsieur le Premier Ministre, Ministre de l’Economie, des Finances et du Budget,
Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,
Mesdames et Messieurs les Représentants des Institutions de la République de Côte d’Ivoire,

Mesdames & Messieurs Partenaires Techniques et Financiers,
Messieurs les Directeurs Généraux, Directeurs Centraux,
Honorables invités,
Mesdames et Messieurs

Monsieur le Premier Ministre,

En 2015, la Côte d’ Ivoire aura été non seulement championne d’Afrique de football, mais également championne d’Afrique en taux de décaissement pour cette année budgétaire de la Banque mondiale. En effet, les derniers chiffres rendus publics par mon Institution, situent le taux de décaissement de la Côte
d’Ivoire à environ 50% soit le double de l’objectif retenu pour chacun des pays du continent, la plaçant loin devant le Kenya, le Rwanda, la Tanzanie, le Mozambique ou la République Démocratique du Congo, pays reconnu pour leur taux de décaissement traditionnellement élevé.

Le taux de décaissement est un indice synthétique qui renseigne sur :
1. La robustesse des procédures nationales,
2. Sur la fluidité d’ensemble de la chaine des dépenses publiques,
3. Sur la capacité technique des acteurs, et
4. Sur le délai d’exécution des projets et donc sur le temps de délivrance des services aux populations et aux bénéficiaires de façon générale. Le taux de décaissement est donc un paramètre essentiel : plus, il est élevé ; plus la santé du portefeuille est meilleure. Plus il est important ; plus la note globale d’évaluation des politiques publiques et institutionnelles du pays, basée d’affectation des ressources concessionnelles IDA à l’Etat augmente, et corollairement les ressources elles-mêmes.

Je voudrai, à ce stade de mon propos, vous dire « Merci » à vous, Monsieur le Premier Ministre, et saluer votre leadership qui a été déterminant dans les résultats économiques élogieux que la Côte d’Ivoire n’a de cesse d’engranger. Votre présence effective à nos côtes, ainsi que celle des Ministres qui vous accompagnent, témoignent encore une fois de plus de l’importance que vous accordez à la qualité des relations du Groupe de la Banque Mondiale avec votre pays. Je salue l’engagement personnel de Madame le Ministre auprès du Premier Ministre, chargée de l’Economie et des Finances et ses collaborateurs pour leur constante disponibilité, gage de la réussite de nos interventions en Côte d’Ivoire.


Je félicite les coordonnateurs et tous les acteurs impliqués dans la gestion des projets pour leur efficacité et leur compétence.


Monsieur le Premier Ministre,
Le taux de décaissement, dont je viens de saluer tantôt la valeur historique est une moyenne. Comme toute moyenne, il contient des disparités et englobe des projets avec des niveaux de performance différents voire divergents. A côte de projets dont la performance en termes de rythme et de qualité d’exécution dépassent les meilleurs standards à l’échelle internationale, subsistent, d’autres hélas, qui méritent notre attention collective pour leur permettre d’atteindre les objectifs de développement pour lesquels ils ont été conçus dans l’intérêt de la collectivité et du citoyen. Au demeurant, si le taux de décaissement en Côte d’ Ivoire est le plus élevé en Afrique, le taux d’efficacité de ce portefeuille lui est très moyen même si il a connu une amélioration significative ces deux dernières années. Il est à peu près de 50% et signifie qu’à l’évaluation finale seulement un projet sur deux a intégralement atteint ses objectifs qualitatifs.
Justement, la revue de la performance du portefeuille qui nous réunit ce matin, a pour objet d’apprendre davantage des projets qui marchent bien ainsi que de discuter, pour corriger, les contraintes systémiques ou spécifiques des projets en difficulté. Le déroulé de l’agenda prévoit en effet des présentations et des discussions de certains cas problématiques pour mieux en cerner les raisons et d’y remédier de façon directe, rapide et durable.

Il est évident qu’au regard des performances macroéconomiques récentes de la Côte d’ Ivoire, nous devons nous réjouir de notre contribution, en tant qu’Institution à l’amélioration du bien-être des populations. En même temps, nous devons plus que jamais être exigeants avec notre portefeuille et demander encore et toujours à tous et donc, y compris à la Banque mondiale : moins de bureaucratie procédurière pour plus de résultats sur le terrain! Moins de coûts de transaction pour davantage de résultats socioéconomiques et d’impacts positifs sur les populations !

Monsieur le Premier Ministre,

A la Banque mondiale, en plus du Championnat d’ Afrique, la Côte d’ Ivoire participe également à la Coupe du Monde. Dans ce dernier tournoi, les données montrent que la Chine, le Brésil ou l’Inde affichent des taux de décaissement annuels de l’ordre de 70% et des taux d’efficacité du portefeuille proches de 100%. Vous aurez remarqué qu’il s’agit là de 3 pays émergents, ce qui nous permet d’établir une corrélation positive entre taux de décaissement et efficacité du portefeuille d’une part, et émergence d’autre part. C’est pourquoi, Monsieur le Premier ministre, je nous invite à prendre l’engagement au sortir de cette Revue que le taux de décaissement du portefeuille de la Banque mondiale et son taux d’efficacité progressent d’année en année pour atteindre, voire dépasser respectivement 70% et 100% à l’horizon 2018. Ainsi donc, la Côte d’ Ivoire sera championne du monde dans ce tournoi également. Je suis persuadé qu’elle peut l’être car le pays à le stade « votre vision », l’encadrement technique « votre leadership » et les joueurs « les compétences impliquées dans la conception et la gestion des projets pour ce faire ».

Monsieur le Premier Ministre,

L’année 2018 n’est pas un choix fortuit. Elle correspond à la fin de la période de mise en œuvre de notre nouveau cadre de partenariat en préparation. Cette stratégie qui sera présentée à notre Conseil d’ Administration en Septembre 2015 sera exécutée sur 3 ans. Nous avons eu l’honneur et la chance de vous en avoir présenté, à Washington il y a un mois, les axes prioritaires du document préliminaire. Une version beaucoup plus affinée pourrait être exposée à l’équipe gouvernementale en Juin à votre convenance. D’ores et déjà, je puis vous assurer que cette Stratégie se veut particulièrement ambitieuse. Elle soutiendra grâce aux efforts conjugues et complémentaires de tout le Groupe de la Banque mondiale - IDA, MIGA et SFI- des programmes importants et structurants supportés par des financements conséquents et innovants.
Ce portefeuille nouveau qui accompagnera le renouveau de la Côte d’ Ivoire contribuera à assurer l’accès Universel des Ivoiriens aux services essentiels de base (éducation, santé, eau, assainissement, emploi etc...). En même temps, une attention particulière sera accordée aux secteurs porteurs de croissance pour un développement durable tels que l’agriculture, les infrastructures, l’énergie, l’environnement etc... On change donc de paradigme. En Côte d’Ivoire, on peut en toute logique appeler un tel portefeuille : Portefeuille émergent, car il nous permettra définitivement de passer de projets d’urgence aux programmes transformateurs ; des projets pilotes aux programmes à grande échelle.



Monsieur le Premier Ministre,

Pour encadrer, exécuter et évaluer cette nouvelle philosophie de notre partenariat, il me parait important d’intégrer des évolutions nouvelles et significatives dans le mécanisme de gestion des projets tel qu’il existe jusqu’ à présent. Je me permets de vous suggérer 3 évolutions qui me paraissent urgentes :

1. Formaliser et opérationnaliser une instruction 192 de nouvelle génération qui fixe des délais de décision à toutes les autorités contractantes, qui privilégie le contrôle a posteriori et qui responsabilise davantage les ministères sectoriels et leurs départements techniques ou opérationnels dans la contractualisation, l’exécution et le suivi des activités.

2. Concevoir et rendre fonctionnel un dispositif de suivi et évaluation tant au niveau macro c’est à dire pour l’ensemble du programme d’investissement public qu’au niveau micro c’est à dire dans chacun des projets. L’évaluation au niveau macro permettra de mieux appréhender la contribution de notre portefeuille à la réduction de la pauvreté et au partage de la richesse qui sa raison d’être. L’échelon micro permet de disposer de données permettant de mieux apprécier la valeur ajoutée du projet considère dans les changements qualitatifs sectoriels voulus ou recherches.

3. Engager la réflexion et définir des critères pertinents pour passer à un cadrage institutionnel harmonise permettant l’intégration de l’ensemble des projets dans le dispositif pérenne de l’Administration et une utilisation pleine du système National et des procédures nationales.

Monsieur le Premier Ministre, la Banque mondiale se tient à votre disposition pour apporter l’accompagnement technique, et au besoin financier pour la réalisation et la réussite de ces changements.

Monsieur Le Premier Ministre, Mesdames et Messieurs,
Je voudrai pour finir, saluer le travail de fourmi qu’abattent tous les jours les chargés de projets appelés communément TTLs à la Banque mondiale. Je félicite les équipes
fiduciaires pour leurs conseils, les Assistants, les services de communication, de sécurité et d’assistance administrative pour leur implication forte dans le suivi du portefeuille de la Banque en Côte d’Ivoire.
Je remercie très particulièrement le comité technique qui a préparé cette revue et travaillé jour comme de nuit avec les homologues de la partie ivoirienne pour que nous soyons ici ce matin. Je salue mes collègues venus de Washington ou d’ailleurs pour apporter leur contribution à cet exercice de revue dont l’importance n’est plus à démontrer.

Merci pour votre bienveillante attention.

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