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Société Publié le mardi 8 juin 2021 | Abidjan.net

De plus en plus, les gens analysent le discours politique sans y être préparés, estime le prof Momar Cissé, de l’université Cheick Anta Diop

© Abidjan.net Par DR
Professeur Momar Cissé, de l’université Cheick Anta Diop
« De plus en plus, on voit dans la presse et sur les plateaux télé, qu’à la suite d’un discours d’une autorité politique, les gens prennent la parole pour se mettre à analyser le discours parfois sans y être préparés d’une certaine manière. Alors que ce champ peut être investigué par des spécialistes de la question », a déclaré le 3 juin dernier le professeur Momar Cissé, de l’université Cheick Anta Diop de Dakar au cours d'une conférence publique.

Le professeur Momar Cissé a, en effet, prononcé, ce jour, une conférence inaugurale sur thème : « l’analyse du discours en Afrique francophone, état des lieux, objets, enjeux et perspectives » à l’amphithéâtre de Pharmacie à l’université Félix Houphouët Boigny d’Abidjan à l’occasion des journées d’étude et de lancement des activités du Réseau africain d’analyse du discours (R2AD).

Membre de l’académie des langues du Sénégal, prof Momar Cissé a également déploré le fait que bon nombre de chercheurs en Afrique subsaharienne travaillent et continuent à travailler sur des discours venus d’ailleurs. Selon lui, pour remédier cela, il faut que la jeune génération de chercheurs s’intéresse au discours africain et surtout avec des outils et des méthodes élaborés à partir du contexte africain.

La définissant comme étant une discipline qui continue d’avoir son ancrage dans la linguistique du discours, il a révélé que jusqu’en 2000, elle n’était pas très bien implantée en Afrique subsaharienne. « Aujourd’hui, l’analyse du discours peut se mettre au service des démocraties africaines et la création du R2AD en est une illustration parfaite », a-t-il observé.

Selon le titulaire d’un doctorat d’élite africaine, de manière générale, quand il y a un réseau comme celui-là, c’est pour qu’il y ait échange entre chercheurs venant d’horizons différents, dans le contexte africain. Et cela peut apporter un plus aux démocraties africaines.

En termes de perspectives de la pratique de l’analyse du discours, le conférencier a exhorté les décideurs publics à favoriser la recherche, la mobilité des étudiants et des enseignants dans l’espace africain. « Ces autorités politiques pourront toujours y trouver leur compte. Quand vous avez la chance d’avoir des spécialistes capables d’analyser vos discours et parfois de vous indiquer des pistes de recherche, celles-ci peuvent vous apporter des éléments qui peuvent vous servir dans vos projets ou votre gouvernance », a-t-il souligné.

Face à l’influence que peuvent avoir les Technologies de l’information et de la communication (TIC) sur l’analyse du discours, prof Momar a souligné qu’il existe plusieurs approches en analyse du discours, telles que l’approche communicationnelle. A en croire le conférencier, c’est une sorte de prise en charge de la question de la subjectivité dans la production d’un discours. « Quand vous analysez un discours, il faut tenir compte de la situation dans laquelle ce discours a été prononcé, en premier, ce qu’on appelle la situation d’énonciation. En un mot, faire de l’analyse du discours, c’est analyser un discours en tenant compte de ses conditions de production », a-t-il conclu.

En outre, le modérateur de cette conférence, prof en Grammaire et Linguistique du français, Bohui Djédjé Hilaire, a réitéré que la mise en place du R2AD répond à un besoin pour les spécialistes de se mettre ensemble pour faire valoir leurs travaux et échanger des expériences. Il a assuré que cette initiative est saluée par prof Momar Cissé, qui a essayé lui-même d’œuvrer à mettre en place un tel instrument. Mais seul, il a été confronté à beaucoup de difficultés. « Prof Mamar étant maintenant à la retraite, nous sommes de fait dans une situation de passation de témoin. Il nous recommande donc, de faire en sorte que nous nous organisions de manière à atteindre les objectifs, que nous assignons à ce réseau », a-t-il traduit.

Avant de clore son propos, il a fait observer que dans le contexte sociopolitique ivoirien, là où le discours devient important, c’est qu’il peut être un facteur aggravant de la déchirure ou la dissension sociale. En même temps, il peut être un facteur de conciliation et de réconciliation. « Là où l’analyse du discours intervient, c’est de mettre en relief les termes, les constructions, les façons de parler qui peuvent nuire à la cohésion sociale », a-t-il souligné.

Au terme des assises du R2AD, l’Assemblée générale constitutive du samedi 05 juin 2021 a été marquée par l’élection de prof Lézou Koffi Aimée Danielle, présidente dudit réseau.

Service de communication R2AD

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