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Politique Publié le dimanche 14 avril 2024 | Abidjan.net

Côte d'Ivoire : les enjeux géopolitiques du retrait du Mali, du Burkina et du Niger de la CEDEAO au cœur d'un panel à Abidjan

© Abidjan.net Par DR
Panel sur « les enjeux géopolitiques, économiques et sécuritaires du retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO pour les Etats de l’AES et de la CEDEAO »
Description : Une rencontre initiée par le club prospective du Centre d’études prospectives (CEP) en collaboration avec la Fondation Friedrich Naumann a eu lieu le vendredi 12 avril 2024, au Plateau-Abidjan.

Au terme d’un panel sur : « les enjeux géopolitiques, économiques et sécuritaires du retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO pour les Etats de l’AES et de la CEDEAO », Dr Sylvain N’Guessan, expert en géopolitique, a soutenu qu’il s’agit d’ « un schéma hybride qui se présente, avec des pays qui sortent de la CEDEAO mais qui restent dans l’UEMOA ». 



Ce fut au cours d’une rencontre initiée par le club prospective du Centre d’études prospectives (CEP) en collaboration avec la Fondation Friedrich Naumann, qui a eu lieu le vendredi 12 avril 2024, au Plateau-Abidjan.



Dans sa démarche, l’expert en géopolitique a souligné le fait que ces 3 pays de l’AES, malgré leur retrait de la CEDEAO, conservent l’avantage d’utiliser la même monnaie que les autres Etats membres et peuvent avoir accès aux ports à des tarifs raisonnables, bénéficiant aussi de la libre circulation des biens et personnes et d’installation.



« Je pense que c’est vers ce schéma qu’on court. Alors comment vont réagir les autres pays de l’UEMOA ? Sortir de la CEDEAO en restant dans l’UEMOA pour conserver ses privilèges ?


C’est leur droit de décider ce qu’il faut pour leur avenir. Maintenant, jusqu’où sont-ils prêts à partir ? On verra dans un an, quand ils vont sortir les textes puisque pour le moment c’est le statut quo, c’est juste une déclaration », a-t-il expliqué.



Selon Dr Sylvain N’Guessan, il ne faut pas trop se précipiter sur des mesures de sanctions et en termes de recommandations, il a encouragé la Côte d’Ivoire à terminer le port sec de Ferkessédougou, de l’enrichir et le sécuriser, surtout à avoir une autonomie en interne au niveau de la production du bétail et de certains produits. 



Quant au Prof Lambert N’Galadjo Bamba, expert économiste, qui a intervenu sur : « les défis et perspectives économiques pour la Côte d’Ivoire sans le Mali, le Burkina Faso et le Niger dans l’espace CEDEAO », il a mis en exergue le poids des relations économiques et humaines qui existent entre les pays membres de l’AES et leurs voisins de la CEDEAO.



A l’en croire, étant donné qu’une bonne partie des ressortissants de ces pays vit dans les autres pays membres notamment en Côte d’Ivoire et qu’en matière d’échange économique, la Côte d’Ivoire constitue à la fois pour eux l’un des premiers fournisseurs et clients des productions de leurs pays, il faut tenir compte de cette forte interconnexion. 


« Dans un tel contexte, l’idéal serait d’aller à une sorte de négociation pour que leur sortie ne devienne pas effective, sinon ce serait aussi bien dommageable pour eux et en partie pour les autres pays », a-t-il interpellé.



Et l’expert économiste de poser le constat suivant : « Ce qu’on peut constater, en termes de données économiques, si vous prenez un pays comme le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et le Sénégal constituent ses premiers fournisseurs. 


Au plan de la clientèle, la Côte d’Ivoire constitue son tout premier client. Si vous prenez le Mali et le Niger, c’est quasiment la même chose », a-t-il observé.



  


Au vue de cette forte interdépendance et face aux lois économiques qui régissent la zone de la CEDEAO, prof N’Galadjo a indiqué que ce n’est pas une décision politique qui va casser ces relations économiques. 


« Et généralement, ça va créer des situations de surcout parce que les gens vont continuer à commercer entre eux ».



En réponse à ces deux intervenants, l’Ambassadeur Fanta Cissé, représentante résidente de la CEDEAO a expliqué, pour sa part, que ce n’est pas un retrait immédiat mais que ces trois pays de l’AES ont une année pour maintenir leur décision ou changer d’avis. 



Selon elle, la CEDEAO a donné son avis relativement aux décisions qui ont été prises par les chefs d’Etat en février 2024, où il y a eu des discussions sur le retrait de ces pays membres. Il a été question de présenter les conséquences de ce retrait sur le plan économique, financier et commercial.



« Nous espérons que ces pays ne vont pas partir définitivement de la CEDEAO parce que ce sont des pays frères et voisins. Nous formons tous une communauté et l’intérêt pour nous c’est de rester ensemble et de réaliser cette intégration régionale tant souhaitée par les chefs d’Etat et surtout faciliter les échanges intra-communautaires. 



Cette rencontre dont le thème principal : « Analyse des enjeux et défis du retrait du Mali, Burkina Faso et du Niger pour les Etats membres de l’AES et de la CEDEAO » a été rehaussée par la présence du président du conseil d’administration du CEP, Sidi Tiémoko Touré, ministre des Ressources animales et Halieutiques.



Ct

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