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Société Publié le lundi 9 février 2026 | Abidjan.net

Agboville: L’association des femmes BLAH DJASSOH célèbre la promotion des semences paysannes et des mets traditionnels

Agboville: L’association des femmes  BLAH DJASSOH célèbre la promotion des semences paysannes et des mets traditionnels
© Abidjan.net Par JB Ebouclé
Agboville: L’association des femmes Bla Djasso célèbre la promotion des semences paysannes et des mets traditionnels
À l’initiative de l’association des femmes Bla Djasso, qui signifie « femme debout » en langue baoulé, la ville d’Agboville a abrité, le samedi 7 février 2026, une journée dédiée à la promotion des semences paysannes et à la valorisation des mets traditionnels. L’événement s’est tenu en partenariat avec la COPAGEN (Coalition pour la protection du patrimoine génétique africain), avec l’appui de Agroecology Fund.La cérémonie était présidée par le Conseil régional de l’Agneby-Tiassa, représenté par Adèle Angaman, présidente de la Commission Femmes et Développement inclusif, représentant le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, également président dudit Conseil.

À l’initiative de l’association des femmes BLAH DJASSOH, qui signifie « femme debout » en langue baoulé, la ville d’Agboville a abrité, le samedi 7 février 2026, une journée dédiée à la promotion des semences paysannes et à la valorisation des mets traditionnels. L’événement s’est tenu en partenariat avec la COPAGEN (Coalition pour la protection du patrimoine génétique africain), avec l’appui de Agroecology Fund.


La cérémonie était présidée par le Conseil régional de l’Agneby-Tiassa, représenté par Adèle Angaman, présidente de la Commission Femmes et Développement inclusif, représentant le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, également président dudit Conseil.


Placée sous le signe de l’agroécologie, de la souveraineté alimentaire et de l’autonomisation des femmes rurales, cette rencontre a réuni autorités administratives, politiques, coutumières et religieuses, partenaires techniques, organisations de la société civile, ainsi que de nombreuses femmes venues de plusieurs localités de la région de l’Agneby-Tiassa.


Les autorités municipales d’Agboville ont, pour leur part, réaffirmé la disponibilité de la mairie, conduite par le colonel H. H. Albert, maire de la commune, à accompagner les femmes rurales dans l’amélioration de leurs conditions de travail, en vue de renforcer l’autosuffisance alimentaire locale.


Intervenant au nom de la COPAGEN, les organisateurs ont rappelé que les semences paysannes constituent le socle du patrimoine semencier africain et représentent près de 90 % des semences utilisées sur le continent, selon des données de l’Union africaine. Ce système repose sur la diversité, l’adaptation aux terroirs et la priorité accordée à l’alimentation des communautés.


Ils ont toutefois alerté sur les menaces qui pèsent sur ce modèle, notamment la marginalisation progressive des semences traditionnelles au profit des semences hybrides et des OGM, dans un contexte juridique et économique peu favorable aux producteurs paysans. Cette évolution affecte également les habitudes alimentaires, marquées par l’abandon progressif des mets traditionnels au profit d’aliments ultra-transformés, exposant les populations à des risques sanitaires accrus.


Un appel a ainsi été lancé à consommer et à préserver les semences paysannes, tant pour l’alimentation que pour leurs usages multiples, notamment en médecine traditionnelle, dans l’habitat, l’artisanat ou l’habillement. Plusieurs exemples concrets ont illustré la disparition progressive de certaines ressources locales autrefois abondantes.


Les femmes rurales de la région de l’Agneby-Tiassa ont présenté un plaidoyer structuré devant les autorités. Porte-parole des associations féminines, l’une des intervenantes a déclaré : « Sans la femme rurale, il n’y a ni sécurité alimentaire ni développement durable. Nous travaillons chaque jour dans des conditions difficiles, mais nous manquons d’accès sécurisé à la terre, de financements adaptés et de matériels de transformation pour valoriser notre production ».


Elles ont sollicité un meilleur accès à la terre, des mécanismes de financement adaptés à leurs réalités, ainsi que des équipements de conservation et de transformation afin de réduire les pertes post-récoltes et améliorer leurs revenus.


Les femmes ont également mis en avant les acquis obtenus grâce aux formations et à l’accompagnement de l’association BLAH DJASSOH, du Mouvement NSS, de FAHAMU et de leurs partenaires, notamment en production de biofertilisants, en agro-transformation et en techniques de plaidoyer. Des résultats concrets ont été évoqués, parmi lesquels l’obtention de parcelles agricoles dans plusieurs localités et la production de semences paysannes plus productives et moins coûteuses.


Adèle Angaman a salué l’engagement et la détermination des femmes rurales, tout en réaffirmant le soutien du Conseil régional aux initiatives féminines. « Soutenir la femme rurale, c’est investir dans la paix, la santé, l’alimentation et le développement durable de notre région », a-t-elle assuré.


Pour sa part, Monique Konan, présidente de l’association des femmes Bla Djasso, a rappelé le sens et la portée de cette célébration, couplée à la Journée internationale de la femme rurale et à la Journée mondiale de l’alimentation. « Être femme rurale ne signifie pas être en retard. Être femme rurale, c’est être actrice de développement. Une femme rurale autonome, c’est une famille autonome, une communauté autonome et une nation autonome », a-t-elle affirmé, appelant les femmes à l’unité et à l’action collective.



Il convient de souligner que cette activité est organisée chaque année dans l’ensemble des pays membres du Mouvement panafricain Nous Sommes la Solution, présent dans une dizaine de pays africains, avec l’appui constant de FAHAMU. À travers ces actions, le mouvement entend promouvoir une agriculture paysanne durable, fondée sur les savoirs locaux, la souveraineté alimentaire et le leadership des femmes rurales à l’échelle du continent.


Au terme de cette journée, il ressort que la femme rurale demeure une actrice incontournable de la souveraineté alimentaire, de la préservation des ressources naturelles et du développement durable. Sa valorisation constitue un enjeu majeur pour l’avenir de la région de l’Agneby-Tiassa et de la Côte d’Ivoire.


JB

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