Les 13 et 14 février 2026, à la Fnac Marcory Cap Sud, l’écrivain Mohamed Sayegh, connu sous le nom de Momo Sayegh, procède à la dédicace de son premier roman Mes vies dans ma vie. Une rencontre littéraire marquée par l’émotion et la profondeur d’un récit résolument introspectif.
Né du silence, des blessures et d’un long travail intérieur, l’ouvrage se présente, selon son auteur, comme une traversée personnelle. « Le jour où j’ai compris que garder le silence me faisait plus de mal que les blessures elles-mêmes, j’ai su qu’il fallait écrire », a-t-il confié.
Pour Momo Sayegh, l’écriture n’a pas d’abord été une démarche artistique, mais « un acte de survie ». Mettre des mots sur l’indicible, affronter ses propres failles et accepter de revisiter certaines périodes de sa vie ont constitué les étapes les plus éprouvantes du processus. « Écrire ce livre, ce n’était pas seulement raconter. C’était revivre », explique-t-il, soulignant que le passage « du silence à l’encre » symbolise un cheminement vers l’acceptation et la transmission.
Dans ce roman auto-édité, l’auteur revisite un parcours marqué par la dépression, le harcèlement, le rejet, le doute et la quête d’identité. Loin d’un simple témoignage, le récit se construit comme une reconstruction intérieure. À travers sa plume il aborde des sujets encore sensibles dans la société ivoirienne, notamment la santé mentale et la vulnérabilité masculine.
« Le silence protège, mais il étouffe aussi », estime-t-il, insistant sur la nécessité de libérer la parole. Selon lui, parler constitue déjà un premier pas vers la guérison.
Au-delà du récit personnel, l’ouvrage véhicule un message universel de résilience. « Nous ne sommes pas nos blessures. Nous sommes nos décisions », affirme l’écrivain, invitant chacun à ne pas se laisser définir par les épreuves traversées. Rejet, incompréhension ou échec peuvent, selon lui, devenir des leviers de transformation.
Présenté comme « le récit de mes différentes vies », Ces vies dans ma vie se situe à la frontière entre autobiographie assumée et témoignage introspectif. Il s’adresse aux jeunes en quête de repères, aux femmes et aux hommes en reconstruction, ainsi qu’à toute personne confrontée au doute. En trois mots, l’auteur qualifie son œuvre d’« intime, brut et transformateur ».
Interrogé sur l’évolution de la littérature ivoirienne, Momo Sayegh se dit optimiste. Il observe une production « plus intime et plus assumée », portée par une génération qu’il juge « cultivée, réfléchie et ambitieuse », désireuse de raconter ses vérités avec maturité.
La présence de la ministre de la Culture, Francoise Remarck, à cette cérémonie de dédicace a constitué, selon lui, un signal fort en faveur de la promotion du livre et de la création littéraire en Côte d’Ivoire.
Né à Abidjan dans une famille métissée entre l’Afrique et le Moyen-Orient, Mohamed Sayegh évolue également dans l’univers de l’événementiel et du digital. Suivi par plus de 145 000 abonnés sur Instagram et plus de 750 000 sur TikTok, il utilise ses plateformes pour sensibiliser au harcèlement scolaire, au racisme et à l’estime de soi. Avec Mes vies dans ma vie, il franchit une nouvelle étape celle du passage de l’influence numérique à la trace écrite.
S’il reconnaît qu’« on n’est jamais totalement reconstruit », il affirme être aujourd’hui en paix avec son histoire. Dans dix ans, il souhaite que l’on retienne de lui un homme resté fidèle à ses valeurs et ayant pleinement assumé son parcours.
À celles et ceux qui traversent des périodes difficiles, son message se veut encourageant « Ne vous jugez pas trop vite. Ce que vous traversez aujourd’hui ne définit pas ce que vous deviendrez. »
À travers cet ouvrage, Momo Sayegh espère susciter chez le lecteur un sentiment de légitimité et rappeler qu’il est toujours possible de renaître.
JB

