Face aux risques de spéculation et de pratiques commerciales abusives en période de forte demande, les autorités ivoiriennes ont décidé de passer à l’action. A l’occasion du Carême chrétien et du jeûne musulman, la Brigade de contrôle rapide (BCR) du ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat a effectué, ce mercredi 18 février 2026, une descente inopinée dans plusieurs communes du District d’Abidjan, afin de s’assurer du respect des prix homologués, de la conformité des poids et de la qualité des produits mis en vente.
La première étape de cette mission a conduit les agents à Port-Bouët aéroport, dans le quartier d’Adjahui, un village situé en bordure de la lagune Ebrié, où plusieurs plaintes faisaient état de hausses injustifiées, de défaut d’affichage des prix dans certaines supérettes et d’irrégularités sur le poids des baguettes de pain.
Selon l’inspectrice Diabaté Hassan, cette opération répond directement aux préoccupations des consommateurs.
''Lors de nos contrôles, nous avons relevé l’absence d’affichage des prix dans plusieurs commerces, la présence de produits périmés et le non-respect du poids réglementaire des baguettes de pain '', a-t-elle indiqué.
Au total, plusieurs dizaines de surfaces commerciales ont été inspectées. Parmi les produits ayant fait l’objet d’alertes figurent le sucre et le pain, deux denrées particulièrement sollicitées pendant le mois de pénitence.
Concernant la baguette de pain vendue à 150 FCFA, les constats sont jugés préoccupants.
''Nous avons saisi plus d’une centaine de baguettes. Le poids réglementaire est de 174 grammes. Or, nous avons enregistré un poids moyen d’environ 140 grammes'', a révélé l’inspectrice, soulignant qu’il s’agit d’un manquement manifeste à la réglementation en vigueur.
Si la fermeté est affichée, la pédagogie demeure au cœur de l’action du ministère. L’inspectrice a rappelé que les missions de la BCR ne se limitent pas à la répression.
''Nous sommes également dans la sensibilisation. Par exemple, pour la bouteille de gaz dont le prix connaissait une légère hausse dans un dépôt, nous avons privilégié l’échange et le rappel à l’ordre en lieu d'une saisie ou d'une amende, a-t-elle expliqué.
Toutefois, elle a averti que les contrevenants s’exposent à des sanctions en cas de récidive.
''Après sensibilisation, si les prix ne sont toujours pas respectés, nous pouvons revenir pour procéder à la fermeture du dépôt'', a-t-elle prévenu.
Ces opérations s’inscrivent dans la dynamique impulsée par le ministre du Commerce, Ibrahim Kalil Konaté, qui a instruit ses services de veiller strictement au respect des prix durant cette période sensible.
''La lutte contre la vie chère est une priorité. Le ministre insiste pour que les populations puissent accéder aux produits nécessaires à la rupture du jeûne à des prix raisonnables'', a affirmé l’inspectrice.
EA

