L’Association des propriétaires terriens de l’île Motobé ( APTIM), dans le village de Motobé situé dans le département d’Alépé ( Sud ivoirien) et l’aménageur foncier Aimé Digbeu Akpalé, sont à couteaux tirés au sujet de la propriété d’une partie d’un site de plus de 600 hectares baptisé ‘’ Île Motobé’’ dont ce dernier dit détenir un arrêté de concession définitive ( ACD) ‘’ légalement acquis’’.
Les deux parties sont en procès devant le conseil d’État dont le verdict est attendu.
En conférence, à la maison de la presse d’Abidjan, le jeudi 26 février 2026, l’Association des propriétaires terriens de l’Île Motobé (APTIM) a affirmé que l’ACD de l’aménageur foncier Akpalé Aimé ‘’ est faux et n’est pas régulier’’.
‘’ L’ACD de M. Akpalé est faux et n’est pas régulier. Le protocole d’accord qu’il dit avoir signé avec les propriétaires terriens a été annulé. Son ACD a été également annulé et il a fait un recours devant le conseil d’État dont nous attendons le verdict’’, a expliqué N’Guessan N’Doumi André, le président de l’APTIM.
Poursuivant, le président de l’APTIM a appelé les populations victimes d'arnaque dans cette affaire ‘’ à se référer à M. Akpalé qui ne détient selon lui, ‘’ aucun droit de propriété sur l’Île Motobé’’.
‘’ L’attestation villageoise de 244 HA comporte la fausse signature du chef de village de Motobé qui n’a jamais reconnu la signature devant les autorités judiciaires et par sommation interpellative. L’ACD issu de ce titre foncier est annulé…Sur les ACD de M. Akpalé, est mentionnée la circonscription foncière de Motobé alors que c’est Alépé qui représente la circonscription foncière. Tous les titres fonciers ont la mention de la circonscription d’Alépé alors que l’ACD a la mention Motobé’’, a dit M. N’Guessan relevant des incohérences sur les documents.
Pour sa part, M. Aimé Digbeu Akpalé, qui est également directeur général de la société SOAF-ADA, s'est inscrit en faux dénonçant une tentative d’expropriation d’une partie de ce site de 600 hectares qu’il dit avoir acquis légalement depuis près d’une vingtaine d’années.
M. Akpalé s’est exprimé sur cette affaire le 16 janvier 2026 à Abidjan au cours d’une conférence de presse.
‘’ En 2007, le village de Motobé a signé avec moi un protocole d’accord portant sur un projet de lotissement et d’aménagement foncier d’une superficie initiale de 373 hectares, situé entre les deux ponts de Moossou. Dès le départ, nous avons fait le choix fondamental de nous soumettre rigoureusement à toute la procédure administrative, conformément aux lois de la République. C’est ainsi que, avant tout investissement lourd, nous avons obtenu l’approbation administrative du lotissement, puis l’Arrêté de Concession Définitive (ACD) de la parcelle concernée’’, a expliqué M. Akpalé.
Par ailleurs, il a précisé que toutes les personnes qui se sont présentées comme anciens occupants ou exploitants agricoles, affirmant avoir eu des plantations sur le site plusieurs décennies auparavant, ont été intégralement indemnisées à hauteur de 428 125 000 francs CFA.
‘’ Dix-huit ans après la signature du protocole d’accord, après avoir perçu leurs indemnisations, ces mêmes personnes reviennent aujourd’hui, sous la bannière d’une association, pour revendiquer la paternité d’une partie de l’extension de notre parcelle, en se réclamant du village de Motobé. Nous détenons l’ACD de l’extension concernée, d’une superficie de 2 446 850 m², par l’arrêté n°153780 en date du 20 août 2015’’, a-t-il également soutenu.
En outre, M. Akpalé a fait savoir que ce groupe de personnes ( les anciens occupants du site), a été débouté à deux reprises par les juridictions compétentes, en 2024 puis en 2025.
Mais, contre toute attente, a-t-il ajouté, ces derniers ont ensuite introduit un recours devant le Conseil d’État, visant l’annulation d’un certificat de mutation de propriété foncière cédé à l’un de ses partenaires.
‘’ Nous avons été surpris par une décision qui remet en cause un ACD délivré il y a plus de dix ans.
Cependant, nous faisons confiance à la justice de notre pays et avons engagé les recours appropriés, convaincus que le droit finira par être dit’’, a dit l’acquéreur affirmant qu’il a investi plus de 12 milliards de francs CFA d’investissements sur le site de l’Île Motobé.
M. Akpalé a conclu son speech en invitant les autorités compétentes à ‘’se rapprocher des villages de Motobé et de Moossou et même du ministère de la Construction, du Logement et de l'Urbanisme afin de mieux appréhender la réalité des faits’’.
L.Barro
