L'Agence Ivoirienne de Presse (AIP) a organisé, ce vendredi 6 mars 2026, à l’occasion de la célébration de la Journée Internationale des droits des Femmes (JIF), prévue le 8 mars prochain, une session des « Causeries de l’AIP » dans la salle de conférence de l’institution.
Cette rencontre a porté sur le thème : « L’ordonnance de protection des victimes de violences domestiques et sexuelles en Côte d’Ivoire : entre avancées législatives et obstacles pratiques ».
Invitée de cette édition, Mme Kolco Christiane, épouse By, chargée du genre et de l’autonomisation de la femme et de la fille au Réseau Ivoirien pour la Défense des Droits de l’Enfant et de la Femme (RIDDEF), a présenté les mécanismes juridiques liés à l’ordonnance de protection destinée aux victimes de violences domestiques et sexuelles.
Représentant le directeur général de l’AIP, Kouao Pascal, sous-directeur de l’information, a salué l’engagement des femmes au sein de l’agence et dans la société ivoirienne. Il a affirmé que « les femmes de l’AIP incarnent la force et la résilience qui font avancer notre société ». Il a également réaffirmé l’engagement du média citoyen à contribuer à la valorisation et à la promotion des droits des femmes.
Au cours de son intervention, Mme Kolco Christiane a expliqué que l’ordonnance de protection concerne toute personne victime de violences domestiques, c’est-à-dire des violences perpétrées au sein de la famille ou du foyer par un membre envers un autre. Elle peut être sollicitée dans plusieurs situations, notamment en cas de violence domestique, de mariage forcé qu’il soit coutumier, religieux ou civil ou encore lorsqu’une personne se trouve en situation de danger.
Elle a précisé que cette ordonnance est indépendante d’une plainte pénale. La victime peut saisir directement le tribunal pour en faire la demande. La procédure peut être engagée par la victime elle-même, par toute personne ayant un intérêt à agir, ou encore par auto-saisine du procureur.
Depuis la loi de 2021 pour l'ordonnance de protection, la demande peut être faite avec ou sans certificat médical, et le juge dispose d’un délai de 24 heures pour délivrer l’ordonnance.
Selon l’experte du RIDDEF, la recrudescence des féminicides et le faible taux de dénonciation des violences ont favorisé l’instauration de ce mécanisme de protection. L’ordonnance vise ainsi à offrir une réponse rapide afin de protéger les victimes face à des situations d’urgence.
Mme Kolco Christiane a toutefois évoqué certaines limites dans l’application de ce dispositif. Elle a indiqué que l’appréciation de la violence relève du juge, qui peut retirer l’ordonnance si celle-ci pose un problème à des tiers. Elle a également souligné certaines difficultés pratiques, notamment la nécessité de payer un commissaire de justice pour notifier l’ordonnance à l’auteur présumé des violences, ainsi que le non-respect parfois du délai de 24 heures prévu pour la délivrance de la décision.
En conclusion, l’intervenante a encouragé les populations, à dénoncer les violences qu’elles subissent afin de pouvoir bénéficier des mécanismes de protection prévus par la loi.
Cette causerie a permis de sensibiliser les participants aux outils juridiques existants et aux défis qui subsistent dans la lutte contre les violences en Côte d’Ivoire.
R-SEKONGO

