Face à la crise qui secoue depuis plusieurs semaines l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI), l’Intersyndicale du secteur des médias de Côte d’Ivoire (ISMCI) est sortie de sa réserve. Réunie ce mercredi 11 mars 2026 à la Maison de la Presse d’Abidjan-Plateau, l’organisation syndicale a animé une conférence de presse afin d’appeler à l’apaisement et de proposer des pistes de sortie de crise.
Selon l’ISMCI, ce congrès électif a été suspendu à la suite de recours introduits devant la justice par un groupe de journalistes dénonçant des irrégularités et des manquements dans l’organisation du processus électoral. Cette démarche judiciaire a contribué à installer un climat de division au sein de la corporation, fragilisant l’image et la cohésion de la profession.
Prenant la parole au nom de l’Intersyndicale, son porte-parole Sam Wakouboué a rappelé l’importance stratégique de l’UNJCI dans l’organisation de la profession journalistique en Côte d’Ivoire.
''L’UNJCI demeure une organisation faîtière essentielle pour la cohésion, la crédibilité et la défense des intérêts de l’ensemble des journalistes ivoiriens '', a-t-il souligné.
Pour l’ISMCI, toute crise affectant cette structure porte atteinte à l’image du journaliste ivoirien et détourne l’attention des défis majeurs auxquels fait face le secteur des médias.
Parmi ces défis figure notamment la crise économique qui frappe de nombreuses entreprises de presse, entraînant une précarisation croissante des professionnels des médias et fragilisant l’écosystème médiatique national.
Face à l’escalade des tensions observées ces dernières semaines, l’Intersyndicale appelle les acteurs de la crise à privilégier la confraternité, le dialogue et les mécanismes internes de règlement des différends.
Elle a également salué le retrait de la plainte introduite devant la juridiction correctionnelle par certains journalistes, estimant que ce geste contribue à décrisper le climat et ouvre la voie à une résolution consensuelle du différend.
''Les journalistes doivent se retrouver autour de l’essentiel : la défense de leur profession, l’amélioration de leurs conditions de vie et la préservation de la crédibilité de leur organisation '', a insisté Sam Wakouboué.
Pour sortir de la situation de blocage, l’ISMCI a formulé plusieurs recommandations majeures.
L’organisation dénonce d’abord le blocage institutionnel actuel au sein de l’UNJCI et condamne les poursuites judiciaires engagées entre journalistes, ainsi que les violences physiques et verbales survenues lors du dernier congrès extraordinaire tenue à la Maison de la Presse.
Afin de restaurer la confiance et garantir un processus électoral transparent, l’Intersyndicale propose la mise en place d’un comité ad’hoc électoral chargé d’organiser le 12ᵉ congrès ordinaire de l’UNJCI dans un climat apaisé.
Ce comité serait composé de :
deux représentants du Conseil des sages ; deux représentants du collectif des Past-Presidents de l’UNJCI ;
deux représentants du Cénacle des journalistes séniors de Côte d’Ivoire ;
deux représentants de l’Intersyndicale du secteur des médias de Côte d’Ivoire.
L’ISMCI exhorte l’ensemble des parties prenantes à accepter les décisions issues de ce comité afin de permettre l’organisation rapide d’un congrès rassembleur.
Au-delà de la crise actuelle, l’Intersyndicale estime nécessaire d’engager une réflexion approfondie sur les textes régissant le fonctionnement de l’UNJCI et, plus largement, sur le cadre institutionnel du secteur des médias en Côte d’Ivoire.
Elle appelle également les pouvoirs publics à prendre la mesure des difficultés économiques auxquelles font face les entreprises de presse et leurs employés.
Dans ce sens, l’ISMCI plaide pour la mise en place d’un véritable plan d’accompagnement économique du secteur, notamment par l’allocation d’au moins 0,01 % du budget national au développement et à la revitalisation des médias.
Pour l’Intersyndicale, l’avenir de la profession journalistique repose sur des médias économiquement solides, responsables sur le plan professionnel et unis autour des valeurs fondamentales du métier.
'' Des médias forts et crédibles constituent un pilier essentiel pour la consolidation de la démocratie et de l’État de droit en Côte d’Ivoire '', a conclu le porte-parole de l’ISMCI.
EA

