La première projection nationale du film d’animation "Allah n’est pas obligé", une adaptation du célèbre roman de Ahmadou Kourouma s'est tenue le jeudi 26 mars 2026 au Majestic Ivoire dans la commune de Cocody.
Prenant la parole, au cours de cette avant première, le réalisateur Zaven Najjar a expliqué son choix de l’animation pour porter à l’écran cette histoire marquante. « L’animation permet de raconter des histoires poignantes sans les déformer », a-t-il affirmé. Un parti pris esthétique et éthique qui évite toute spectacularisation de la violence, tout en traduisant avec justesse la subjectivité et les traumatismes du jeune héros.
Lors de cette projection, le jeune rappeur ivoirien Traoré Chris Aboubacar Hanta dit "Sk07", qui prête sa voix au personnage principal, Birahima, a partagé son expérience et invité le public à découvrir cette œuvre forte, à la fois artistique et engagée. Il a salué un projet qui met en lumière une réalité historique douloureuse tout en restant accessible à un large public.
L’événement a également été marqué par la présence de l’Ambassadrice de Belgique en Côte d’Ivoire, Carole Van Eyll, qui s’est dite fière que son pays ait contribué à porter à l’écran l’œuvre de Ahmadou Kourouma, figure majeure de la littérature ivoirienne. Elle a souligné l’importance de cette adaptation dans le rayonnement international.
Publié en 2000, le roman "Allah n’est pas obligé" retrace le parcours de Birahima, un jeune orphelin guinéen d’une dizaine d’années contraint de quitter son village Togobala, suite au décès de sa mère pour rejoindre une tante installée au Liberia. Accompagné de Yacouba, personnage ambigu mêlant ruse et mysticisme, l’enfant traverse plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, notamment la Sierra Leone et le Liberia, plongés dans des guerres civiles.
Au fil de ce périple, Birahima est enrôlé de force dans des groupes armés, devenant enfant soldat. Drogue, violence et manipulations rythment son quotidien, dans un univers où les repères moraux s’effondrent. Le récit, porté par une narration à hauteur d’enfant, mêle naïveté et lucidité pour dénoncer l’absurdité des conflits.
Coproduction entre la France, le Canada, la Belgique et le Luxembourg, le film s’inscrit dans une dynamique internationale visant à faire connaître au grand public des pages sombres de l’histoire ouest-africaine. Présenté notamment dans des festivals internationaux, il participe à un travail de mémoire autour des enfants soldats.
Avec cette première projection en terre ivoirienne, avec la présence effective de l'épouse ainsi que la fille de l'auteur défunt, Allah n’est pas obligé apparaît comme une œuvre à la croisée du cinéma, de l’histoire et de la littérature. Plus qu’une adaptation, il s’impose comme un témoignage puissant et une passerelle entre les générations, rappelant que derrière les conflits se cachent des destins brisés, mais aussi des récits essentiels à transmettre.
L'adaptation cinématographique de "Allah n'est pas obligé" est désormais disponible dans toutes les salles Majestic.
R-SEKONGO

