L’ONG Charitis poursuit son engagement en faveur des droits humains et de l’inclusion sociale à travers une série d’actions menées . Entre rencontres institutionnelles, mobilisation communautaire et intervention humanitaire en milieu carcéral, l’organisation déploie une approche intégrée articulant dignité humaine et accès aux droits fondamentaux.
Une délégation de l’ONG Charitis conduite par le Directeur général de Charitis, Dr Bérenger N’cho , s’est rendue à la Maison d’Arrêt et de Correction (MAC) de Korhogo du 16 au 18 avril 2026 dans le nord de la Côte d’Ivoire. Cette activité, coordonnée par la Direction générale en lien avec la Commission Justice et Droits de l’Homme, s’inscrit dans une dynamique de promotion des droits des personnes privées de liberté.
Dans un contexte où la question des conditions de détention reste un enjeu majeur, l’initiative vise selon Dr Bérenger N'Cho à rappeler un principe fondamental qui est que la privation de liberté ne saurait entraîner la perte des droits essentiels. Les détenus demeurent des sujets de droits, dont la dignité, l’intégrité et le bien-être doivent être préservés.
La mission a été marquée par une séance d’échanges avec l’administration pénitentiaire, suivie d’une remise de dons composés de produits d’hygiène et de vivres non périssables. Au-delà de l’assistance matérielle, la délégation a également apporté un soutien moral aux pensionnaires à travers des messages d’encouragement. « Nous ne sommes pas ici simplement pour faire un don, mais pour poser un acte de solidarité, de dignité et d’humanité », a déclaré Dr N’cho Bérenger. Insistant sur la nécessité de ne pas réduire les détenus à leur situation, il a rappelé que « chaque personne mérite respect, considération et espoir ».
En parallèle de cette action, Charitis met en œuvre un projet structurant visant à améliorer l’accès à l’état civil dans la commune de Karakoro, un enjeu crucial pour l’exercice des droits fondamentaux. Le 16 avril 2026, une rencontre a été organisée avec le Secrétaire général et le Chef d'État civil de la mairie de Karakoro. Cette séance de travail a permis de présenter les contours du projet, d’aligner les stratégies d’intervention et de renforcer la collaboration avec les autorités locales, acteurs clés dans la gestion des faits d’état civil.
Dans la continuité, le 18 avril 2026, l’ONG a échangé avec les leaders d’opinion, notamment les présidents de jeunesse des villages et de la ville de Karakoro. L'objectif était de les mobiliser comme relais communautaires dans la sensibilisation des populations.
Car le constat est sans appel. Une part importante des populations rurales ne dispose pas d’actes de naissance, limitant l’accès à l’éducation, aux soins de santé et à la participation citoyenne. À Karakoro, cette situation est aggravée par l’éloignement des centres d’état civil, le déficit d’information et les coûts liés aux démarches administratives.
Le projet de Charitis repose sur une méthodologie en plusieurs phases dont la sensibilisation, le recensement, la validation des dossiers, les procédures judiciaires et la délivrance des actes. Il s’appuie sur une collaboration étroite entre la mairie, le tribunal, les leaders communautaires et des jeunes volontaires.
À en croire le directeur général, sur une durée prévisionnelle de trois mois, l’initiative ambitionne notamment d’informer massivement les populations, d’identifier les personnes sans acte de naissance, de faciliter l’obtention de jugements supplétifs, et de délivrer des documents officiels aux bénéficiaires.
Pour lui, au-delà des résultats quantitatifs, l’enjeu est également de mettre en place un mécanisme local durable garantissant l’enregistrement systématique des faits d’état civil. Et d'ajouter que ''en renforçant le dialogue avec les institutions et en mobilisant les communautés, l’organisation pose les bases d’une intervention structurante, où assistance humanitaire et développement social se complètent.''
Cyprien K.

