Un atelier régional consacré au partage d’expériences et à l’appropriation des mécanismes nationaux de prévention de la torture en Afrique s’est ouvert, ce mardi 12 mai 2026, à l’Azalaï Hôtel d’Abidjan. Cette rencontre réunit des acteurs de la société civile, des experts africains ainsi que plusieurs organisations internationales engagées dans la défense des droits humains.
L’initiative est portée par quatre organisations ivoiriennes de défense des droits humains : la Ligue Ivoirienne des Droits de l’Homme (LIDHO), le Regroupement des Acteurs Ivoiriens des Droits Humains (RAIDH), le Mouvement Ivoirien des Droits Humains (MIDH) et l’Action Chrétienne pour l’Abolition de la Torture (ACAT).
À l’ouverture des travaux, le président de la LIDHO, Neth Willy Alexandre, a expliqué que cet atelier vise à permettre à la Côte d’Ivoire de s’inspirer des expériences de plusieurs pays africains ayant déjà mis en œuvre des mécanismes nationaux de prévention de la torture.
« Les personnes privées de liberté ne sont pas moins des êtres humains. Leurs droits doivent être protégés, notamment contre la torture et les traitements inhumains et dégradants », a-t-il déclaré.
La Côte d’Ivoire a ratifié la Convention contre la torture en 1995 avant d’adhérer, le 1er mars 2023, au Protocole facultatif se rapportant à cette convention. Ce texte international prévoit la création, dans chaque État partie, d’un Mécanisme National de Prévention (MNP) chargé d’effectuer des visites régulières dans les lieux de détention afin de prévenir les actes de torture et autres mauvais traitements.
Dans cette dynamique, l’Assemblée nationale ivoirienne a adopté, le 14 avril 2026, le projet de loi portant création de l’Observatoire National de la Détention (OND). Pour les organisateurs, cette avancée institutionnelle doit désormais s’accompagner d’une meilleure compréhension du rôle, du fonctionnement et des garanties d’indépendance du futur mécanisme.
Pendant trois jours, des participants venus notamment du Sénégal, de la Mauritanie et de la Tunisie partageront leurs expériences sur les dispositifs de prévention de la torture et le fonctionnement des mécanismes nationaux indépendants dans leurs pays respectifs.
À travers cette rencontre régionale, la société civile ivoirienne entend renforcer le plaidoyer en faveur des droits des personnes détenues et contribuer à l’instauration d’un mécanisme crédible, indépendant et efficace pour prévenir durablement les abus dans les lieux de privation de liberté.
Cyprien K.

