La célébration des dix ans de la French Tech Abidjan a pris une dimension historique avec la signature du Pacte Industrie – Enseignement Technique et Professionnel (PIETP). Le 23 juin 2026, à la Résidence de France à Abidjan, le Ministre délégué chargé de l’Enseignement Technique, Jean-Louis Moulot, a ratifié le protocole d’accord y relatif, en présence du Ministre de l’Éducation Nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement Technique, N’guessan Koffi, et de l’Ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, Jean-Christophe Belliard.
Cet accord marque une étape importante dans la consolidation des passerelles entre le monde académique et l’écosystème entrepreneurial et technologique. Il consacre une vision commune où l’État et les start-up du numérique s’engagent ensemble à bâtir un capital humain hautement qualifié et compétitif, capable de répondre aux exigences actuelles et futures du marché du travail ivoirien.
Il symbolise l’engagement conjoint des pouvoirs publics et du secteur privé à rapprocher l’éducation des réalités économiques et technologiques. Concrètement, l’accord vise à adapter les cursus académiques aux besoins des startups et des industries innovantes, fluidifiant la transition des étudiants vers l’emploi et renforçant l’employabilité des jeunes.
La French Tech Abidjan, qui compte aujourd’hui 75 membres actifs contre une poignée à ses débuts en 2016, illustre la maturité d’un écosystème devenu moteur de l’industrialisation numérique. Cofondateur de la fintech Julaya, son président, Mathias Léopoldie, a rappelé que la baisse du coût de la data, la densification des infrastructures numériques et l’adoption du Startup Act ont transformé le paysage technologique ivoirien. « L’intégration au PIETP confirme, soutient-il, que les startups locales sont désormais des acteurs centraux du développement industriel et numérique du pays. »
Ce rapprochement ouvre des perspectives concrètes pour les étudiants des grandes écoles technologiques telles que l’EPITECH CI, l’UVCI, l’ESATIC ou l’IFRAN. Les opportunités de stages, d’alternances et d’immersions professionnelles renforceront la passerelle entre la formation académique et le marché du travail. Les tables rondes organisées lors de l’anniversaire, consacrées aux fintechs, à la greentech et à la cybersécurité, ont démontré que l’innovation est désormais au cœur des priorités nationales.
Pour sa part, Mme Ihsane Slimani, Chef du Service Économique à l’Ambassade de France, a souligné l’importance de cette structuration en rappelant le rôle de la Team France et des instruments financiers tels que BPI, Proparco, Business France et l’AFD. Cette synergie public-privé consolide les acquis et projette Abidjan comme une référence régionale incontournable en matière d’innovation et de formation technique.
En connectant les besoins opérationnels des entreprises numériques aux cursus académiques, la French Tech Abidjan et l’État ivoirien contribuent à bâtir un écosystème durable, inclusif et compétitif. Ce pacte traduit ainsi une vision partagée pour l’avenir des compétences, où la jeunesse ivoirienne devient le moteur de l’innovation et de la croissance.
Emmanuel Akani

