L'économie de l'Union monétaire ouest-africaine (UMOA) a enregistré une croissance solide de 6,7% en 2025, marquée par une maîtrise totale de l'inflation ramenée à 0,0%, selon le rapport annuel de la BCEAO présenté mercredi 22 juillet 2026 à son siège à Dakar.
S'exprimant lors de la cérémonie de présentation officielle, le Gouverneur de la BCEAO, Jean-Claude Kassi Brou, a souligné que l'action de l'institution émettrice s'est articulée autour de trois priorités stratégiques : la maîtrise de l'inflation, la stabilité financière et l'accélération de la transformation du système financier de l'UMOA.
Sur le plan monétaire, la rigueur engagée — marquée par le relevé antérieur du taux directeur de 2% à 3% — a porté ses fruits, permettant d'endiguer les pressions sur les prix. L'inflation est ainsi tombée à 0,0% en 2025 (contre 3,5% en 2024), portée par le repli des coûts des produits importés et une bonne campagne agricole.
En matière de stabilité financière, les réformes ont permis le renforcement des capacités de financement des économies de l'Union, dont le capital social minimum des banques est passé de 10 milliards à 20 milliards de FCFA.
Cette consolidation du secteur bancaire a permis d'accompagner une croissance économique dynamique (6,7% contre 6,2% en 2024), stimulée par la consommation des ménages et l'investissement. Le Gouverneur a également insisté sur la poursuite des chantiers de modernisation et de digitalisation du paysage financier régional.
Sur le plan extérieur, les termes de l'échange se sont améliorés de 35,1%, tirés par les cours élevés de l'or et du cacao ainsi que par l'envolée de la production pétrolière régionale (+64,6%), permettant aux actifs extérieurs nets de bondir de 174,8%. Les États ont parallèlement ramené le déficit budgétaire régional à 3,7% du PIB (contre 5,4% en 2024).
Fort de cette maîtrise inflationniste, le Comité de politique monétaire (CPM) avait pu opérer un assouplissement en juin 2025, ramenant le taux minimum de soumission aux appels d'offres à 3,25% et le taux du guichet de prêt marginal à 5,25%. Cette détente a fait chuter le coût moyen du refinancement bancaire à 4,72% et réduit le coût du crédit au secteur privé (6,72%), favorisant une hausse des crédits à l'économie (+5,6%) et de la masse monétaire (+17,4%).
R. KRA

