Après neuf jours de renforcement de capacités, la quatrième édition de la Formation africaine sur les indications géographiques (Africa GI Training) s'est achevée, le jeudi 30 juillet 2026 à Abidjan-Cocody. Organisée par l'Académie de Propriété Intellectuelle Denis Ekani (APIDE) de l'Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), cette session a permis à 18 auditeurs issus de plusieurs États membres de l'OAPI de bénéficier, du 20 au 29 juillet 2026, d'une formation de haut niveau destinée à faire d'eux des acteurs clés de la protection, de la promotion et de la valorisation des produits du terroir africain.
Présidant la cérémonie de clôture au nom des ministres ivoiriens du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat, le conseiller technique Dr Mala Michel a salué le choix porté sur la Côte d'Ivoire pour accueillir cette formation qu'il a qualifiée de stratégique. « Nous voulons d'abord remercier le directeur général de l'OAPI qui a bien voulu que la Côte d'Ivoire abrite cette formation d'une importance capitale », a-t-il déclaré. Selon lui, les indications géographiques constituent un puissant levier de développement économique en apportant une valeur marchande supplémentaire aux produits du terroir. Il a rappelé que la Côte d'Ivoire compte déjà trois produits bénéficiant de cette reconnaissance, à savoir le café des montagnes de Man, le pagne baoulé et l'attiéké des lagunes. « Les indications géographiques permettent de valoriser nos produits aussi bien sur les marchés nationaux qu'internationaux », a-t-il souligné, avant d'inviter les participants à devenir de véritables relais de sensibilisation dans leurs pays respectifs afin de vulgariser ce dispositif auprès des acteurs qui n'ont pas encore eu l'opportunité d'être formés.
Pour le directeur général de l'OAPI, Denis Bohoussou, cette formation répond à un objectif précis : doter les États membres de compétences capables d'identifier, de protéger et de promouvoir leurs produits à fort potentiel. « Il s'agit de former des acteurs capables d'ériger en indication géographique un certain nombre de produits des États membres », a-t-il expliqué. Durant les neuf jours de travaux, les participants ont été formés à l'identification des produits susceptibles d'obtenir une indication géographique, à l'élaboration des cahiers des charges indispensables à leur reconnaissance, ainsi qu'aux mécanismes de traçabilité et de commercialisation. Une visite de terrain est également venue compléter les enseignements théoriques afin de confronter les auditeurs aux réalités du processus.
À l'issue de cette session, le directeur général de l'OAPI a assigné une mission claire aux bénéficiaires. « La prochaine étape consiste à mettre en pratique les connaissances acquises et à faire entrer davantage de produits du terroir dans le système des indications géographiques », a-t-il insisté.
Au nom des auditeurs, Hassane Fodi Balkissa, cheffe de service Promotion, Communication et Relations avec l'extérieur en charge des indications géographiques, a exprimé sa reconnaissance aux autorités ivoiriennes et à l'OAPI pour l'organisation de cette formation sur le continent africain. « Avant, ce type de formation se tenait en Europe ou aux États-Unis. Aujourd'hui, grâce à cette initiative de l'OAPI, nous avons pu en bénéficier dans nos États », s'est-elle réjouie.
Elle a indiqué que les 128 candidatures enregistrées pour cette quatrième édition témoignent de l'intérêt grandissant suscité par cette formation, tout en saluant la qualité des enseignements reçus. « Nous repartons mieux préparés pour accompagner les producteurs des différentes chaînes de valeur dans la valorisation de nos produits du terroir », a-t-elle affirmé. Prenant un engagement au nom des participants, elle a assuré que les bénéficiaires seront « les premiers ambassadeurs des indications géographiques » dans leurs pays respectifs, avec pour mission de reproduire les connaissances acquises et d'accompagner le développement de nouveaux produits labellisés.
Désormais certifiés, les 18 auditeurs auront pour mission de promouvoir le système des indications géographiques dans leurs pays respectifs, d'accompagner les producteurs dans la labellisation de leurs produits et de contribuer à l'émergence de nouveaux produits africains reconnus sur les marchés national et international.
Cyprien K.

