Quand les salles de classe ferment, le gouvernement veille au bon encadrement des enfants. En effet, le ministère de la Culture et de la Francophonie, à travers ses structures, organise des activités pour occuper sainement les enfants et les adolescents.
Pendant tout le mois de juillet, la bibliothèque municipale Ahmadou Kourouma de Boundiali a connu une animation particulière. Le temps d’un centre aéré organisé par la direction régionale du ministère de la Culture et de la Francophonie de la Bagoué.
Pendant un mois, les enfants sont venus comme ils sont. Dans leur timidité pour certains, avec exubérance pour les autres. Pour cette 3e édition, ils étaient environ 200 répartis en trois groupes selon les tranches d’âge.
Le 20 juillet était une nouvelle journée d’animation, d’apprentissage et de rires. Au programme : orthographe, lecture, chant, jeux de divertissement, atelier d’écriture, savoir-vivre et savoir-être, arts plastiques …
Au moment où les plus jeunes étaient en séance de lecture, dans une salle à l’étage, leurs ainés donnaient des ailes aux mots. Trois jeunes filles déclamaient leurs paroles fortes sur la sécurité routière.
« Une vie n’a pas de marche-arrière, ralentis !» ; « la route n’est pas une scène de film, ralentis »
Avec un autre groupe, c’est la danse qui se fait expression, par la beauté des gestes et la cohérence dans le mouvement d’ensemble.
Le ministère de la Culture et de la Francophonie a initié des centres aérés dans toutes ses directions régionales. Tous ces centres ont le même objectif d’occuper sainement les enfants pendant les vacances scolaires. « Nous avons constaté que très souvent, pendant cette période, les enfants n’ont rien à faire », indique N’Golo Yéo, au nom de la direction régionale de la Bagoué.
Selon le président du comité d’organisation de ce centre aéré, Hermann Edi, cette initiative du ministère permet aussi de détecter de jeunes talents dans le cadre de la promotion des industries culturelles et créatives. « Autour du livre (physique et numérique) nous organisons des ateliers de contes et de théâtre. Une de nos encadrées a par exemple été classée parmi les meilleurs dans un concours d’art oratoire au niveau régional. Certains d’entre eux participent à des festivals de comédiens au niveau amateur. Pour nous, ces résultats sont très encourageants et les parents qui nous confient leurs enfants sont satisfaits. Nous avons de bons retours. », assure-t-il.
A Boundiali, parmi les animateurs, en plus des agents du ministère de la Culture, il y avait aussi ceux du ministère de la Promotion de la jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique. Ces derniers ont organisé des séances de sensibilisation pour aborder les thématiques concernant l’environnement, le civisme, l’hygiène corporelle, les grossesses précoces, le Vih/ Sida…
Mais des bienfaits du centre aéré, ce sont les enfants qui en parlent le mieux.
« Nous faisons plusieurs activités. J’aime la poésie et les arts plastiques. La poésie nous aide à nous exprimer et grâce à elle, je n’ai plus honte de parler en public », a indiqué Christelle N’Guessan.
« Je me réjouis de participer à ce centre parce que ça nous permet d’apprendre beaucoup de choses. C’est une chance pour nous de développer nos compétences et ça peut nous servir pour notre avenir », a affirmé Sarah Sanogo.
En plus des centres aérés, le pays dispose d’un réseau national de Centres de Lecture et d’Animation Culturelle (CLAC). De 2011 à 2024, ce sont 19 CLAC qui ont été construits et dotés de ressources documentaires et d’espaces d’animation dans différentes régions du pays, contribuant à l’équité territoriale en matière d’accès à la lecture et au savoir. Il est prévu la construction de 10 nouveaux CLAC.
Il faut aussi noter les initiatives proposées par les Accueils Collectifs de Loisirs pour Mineurs (ACLM). Selon le ministère du Tourisme et des Loisirs à l'issue du processus d'instruction et d'évaluation administrative des dossiers, 75 structures ont obtenu l'autorisation d'organiser des ACLM. Trente structures sont habilitées à organiser des colonies et centres aérés sur le territoire national, tandis que 45 autres sont autorisées à proposer des séjours hors de Côte d'Ivoire.
Chaque année, ce sont entre 100 000 et 200 000 enfants et adolescents qui participent à des Accueils collectifs de loisirs pour les mineurs.

