Resocialisation, alphabétisation, renforcement de la discipline, du civisme, de la citoyenneté, formation…
Chaque année, ce sont des centaines de jeunes, qui ont repris confiance et acquis des compétences qui sortent des centres de service civique bien déterminés à prendre en main leur avenir.
Lundi 20 juillet à Tioroniaradougou, à environ cinq kilomètres de Korhogo. Nous sommes au centre de service civique de la localité. Les pensionnaires préparent leur sortie programmée pour le samedi 25 juillet. L’effervescence que l’on perçoit traduit certainement la confiance retrouvée et sûrement la perspective de lendemains meilleurs. Encadreurs et pensionnaires s’activent…mais la bonne ambiance ne déroge pas à la discipline militaire.
« Être dans ce centre représente une grande chance. Après mon passage ici, je peux avoir un boulot, un travail pour moi-même, pour l’avenir », assure Marius Dolou, ex-migrant de retour, qui apprend la mécanique automobile.
Nahoua Coulibaly, a quant à lui choisi la filière agro-pastorale pour construire son avenir. « C’est une chance pour moi d’être ici. J’ai appris beaucoup de choses avec l’aide de l’Anader. La formation agro-pastorale regroupe l’élevage et le maraichage, nous avons même appris des techniques de culture hors-sol. Ce que j’ai appris ici est un acquis pour moi. », affirme le délégué de cette filière.
Ainsi à Korhogo, le centre civique offre une nouvelle chance aux jeunes à travers une resocialisation et une formation. Les jeunes sont formés à des métiers qui doivent leur permettre de préparer la suite de leur parcours.
Les formations qualifiantes concernent les métiers du Btp (maçonnerie, électricité bâtiment, carrelage, peinture), la mécanique automobile et moto, le maraîchage, l’élevage, la transformation de produits locaux, le froid…
« Des jeunes qui erraient sans repères ou en proie à certains travers sont remodelés, apprennent avec passion des métiers qui les valorisent et les rendent utiles à la société », indique le directeur du centre de service civique de Korhogo, Nazaire Didier Koffi.
Le samedi 25 juillet 2026 à Tioroniaradougou, 500 stagiaires volontaires ont reçu leur attestation lors de la cérémonie d'inauguration du centre de service civique Amadou Gon Coulibaly. Le centre peut accueillir 1 000 jeunes par an, en deux cohortes de 500.
Les centres de service civique sont gérés par l’Office du Service Civique National (OSCN), une structure du ministère de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique.
Dans la même ligne, le centre de Bouaké a ouvert depuis le 10 avril 2023. Avant la formation qualifiante, il a permis à de nombreux jeunes comme Patricia Adjoua Kouassi, Pamela Sialou, d’apprendre à lire et à écrire à travers le programme d’alphabétisation.
En effet, dans les centres de service civique, les cours d’alphabétisation pour les pensionnaires déscolarisés trop tôt ou qui n’ont jamais été scolarisés sont une étape importante, après la resocialisation.
« Je ne savais pas qu’un jour, je pourrai y arriver. Maintenant, je sais lire et écrire », se souviendra toujours Pamela Sialou.
A Adzopé le centre de service civique baptisé centre de service civique Patrick Achi d'Adzopé, a officiellement été inauguré le lundi 27 juillet 2026, à l'occasion de la sortie de la première promotion de 500 jeunes volontaires, composée de 250 jeunes femmes et 250 jeunes hommes originaires de 17 régions et de 28 villes de Côte d'Ivoire.
Les bénéficiaires de ce programme, après la remise des attestations, sont suivis avec l'Agence Emploi Jeunes et plusieurs autres partenaires, avec pour ambition de réussir une insertion professionnelle durable.
En 2025, le pays comptait 8 centres de service civique à Bouaké 1, Bouaké 2, Bimbresso, Guinguéréni, Guédikpo, Adzopé, Daloa et Korhogo.
Le programme « CSC 2021-2025 » prévoit la construction de 14 centres de service civique. À terme, quatorze centres seront répartis sur l’ensemble du territoire national, permettant de former 14 000 jeunes chaque année.
Selon le bilan du gouvernement 2011-2025, ce sont 55 496 jeunes bénéficiaires des dispositifs du Service civique (SCAD, SNJ, volontariat, bénévolat).
CICG

