L'avant première de la nouvelle Création « CLASH » a été diffusée dans un établissement qui s’est mué en véritable écrin dédié au cinéma, à la musique et à la découverte, à l’occasion de la présentation de cette série musicale qui plonge au cœur de l’univers du coupé-décalé le jeudi 27 aout 2026.
Cette soirée très attendue a réuni plusieurs figures majeures de la production, dont le réalisateur ivoirien multiprimé Philippe Lacôte ainsi que les acteurs principaux de la série présents pour accompagner cette première présentation au public et partager leur expérience autour de cette nouvelle fiction africaine.
Entre projection des premières images, échanges, rencontres et ambiance musicale, les invités ont pu découvrir l'univers de « CLASH », une série qui fait dialoguer Abidjan et Kinshasa à travers une histoire d'amitié, de rivalité et d'ambition artistique.
Au cœur de l'intrigue, deux amis inséparables, DJ Shogun et DJ Diamantino, règnent ensemble sur la nuit abidjanaise et connaissent le succès sur la scène du coupé-décalé. Leur complicité va toutefois voler en éclats lorsque Shogun, encouragé par son manager, décide de tenter une carrière en solo. Blessé par cette décision, Diamantino quitte Abidjan pour Kinshasa. Cette séparation marque le début d'une véritable guerre artistique, alimentée par les réseaux sociaux, la recherche de notoriété, les ambitions personnelles et les rivalités musicales.
À travers huit épisodes de 52 minutes, « CLASH » entend dépasser le simple récit consacré à la musique. La série explore les aspirations d'une jeunesse africaine contemporaine confrontée aux enjeux de célébrité, d'identité, d'influence et de reconnaissance.
Pour Philippe Lacôte, à qui l'on doit notamment « Run » et « La Nuit des rois », « CLASH » constitue une première incursion dans l'univers de la série télévisée. Le cinéaste ivoirien a choisi de s'appuyer sur le coupé-décalé pour raconter une histoire résolument contemporaine, tout en revenant sur les origines de ce mouvement musical devenu un phénomène culturel. « Mon intention a été de filmer CLASH et ses personnages comme une légende urbaine : celle de la jeunesse ivoirienne, et plus largement africaine », explique-t-il.
Le réalisateur revient notamment sur le contexte particulier dans lequel le coupé-décalé a émergé en Côte d'Ivoire. « En 2002, lorsque la guerre éclate en Côte d'Ivoire, le mouvement coupé-décalé émerge comme un souffle d'espoir, une façon de dire que la vie continue malgré le conflit », souligne-t-il.
Au fil des années, ce mouvement musical s'est, selon lui, largement affranchi de son contexte originel pour devenir un phénomène dépassant le cadre de la musique. « Il s'est affranchi de ses origines pour devenir bien plus qu'un courant musical : un véritable phénomène culturel et sociétal », estime Philippe Lacôte.
Pour donner de la crédibilité à cet univers, le réalisateur dit avoir procédé à une véritable immersion dans le milieu du coupé-décalé, en s'appuyant notamment sur des artistes et des lieux réels. « J'ai souhaité observer, explorer et décrypter cet univers fascinant, après avoir réalisé un véritable travail d'investigation tout en m'appuyant sur des artistes et des lieux réels », explique-t-il.
Présent lors de cette soirée d'avant-première, Philippe Lacôte a également révélé l'ampleur du travail réalisé pour donner naissance à cette fiction. « Ce film nous a pris au total quatre années », confie le cinéaste.
L'ambition était notamment de rapprocher deux univers musicaux majeurs du continent africain : ceux de la Côte d'Ivoire et de la République démocratique du Congo. Une dimension qui se retrouve dans le parcours des deux personnages principaux, entre Abidjan et Kinshasa. « On avait envie de raconter deux univers musicaux de l'Afrique. La musique congolaise et ivoirienne ont toujours fonctionné ensemble. On a voulu rendre hommage », explique Philippe Lacôte.
Le tournage, décrit comme une expérience particulièrement collective, a également été marqué par une forte cohésion entre les équipes. « Le tournage a été très joyeux et positif », souligne le réalisateur.
Philippe Lacôte tient surtout à saluer l'engagement des comédiens, dont la présence lors de cette avant-première a contribué à donner un visage à cette nouvelle production. « Je remercie les acteurs, parce que je leur demande beaucoup le plus souvent. C'est vraiment eux qui ont porté l'histoire », reconnaît-il.
Cyprien K.

